Le ministre de l’Energie et des Mines du Sénégal a assuré, mardi, que tout sera mis en œuvre pour éviter les coupures de courant pendant les matchs de la Coupe du monde de football. Une précision qui intervient après un black-out, en début de semaine, qui a un quelque peu effrayé certains amoureux du ballon rond.


Les Sénégalais n’ont pas été sélectionnés pour la Coupe du monde de foot, mais ils devraient voir les matches de la compétition. En entier. Le ministre de l’Energie et des Mines a en effet annoncé, mardi lors d’un débat organisé par le ministère de la Communication, que tous les moyens seront mis en œuvre pour éviter les coupures de courant intempestives. Me Madické Niang a tenu à le préciser pour rassurer les Sénégalais qui s’inquiétaient à cause d’une panne de courant survenue en début de semaine.

Il faut dire qu’au début de l’année, les nombreuses coupures ont créé comme une psychose. La cause de ces incidents, qui ont surtout frappé la capitale Dakar, serait moins le fruit d’une défaillance technique que d’une insuffisance d’approvisionnement en hydrocarbures de la Société sénégalaise d’électricité (Senelec). La situation était revenue à la normale, jusqu’à la nuit de lundi à mardi. « La centrale GTI, qui vend de l’énergie à la Senelec, a reçu un mauvais combustible qui a entraîné un délestage », indique Massamba Seck, conseil en communication du ministère de l’Energie et des Mines.

Campagne en 2002 pour débrancher les appareils

Un problème, rapidement réglé, qui a inquiété les amoureux du ballon rond, qui craignaient que des retransmissions de matchs soient interrompues. « Le ministre a dit que la Senelec a pris toutes les mesures pour éviter les coupures. Etant donné que la majeure partie des machines ont été renouvelées ou restaurées, dans le cadre d’un programme d’investissement de 174 milliards de FCFA (qui a commencé en 2004 et doit s’achever en 2006, ndlr), et que l’approvisionnement en combustible sera assuré, il devrait y avoir très peu de délestages. Mais, comme le ministre l’a précisé, ‘les machines sont des machines’ et elles sont donc faillibles. Toutefois, il n’y aura pas de délestages intempestifs comme en février-mars », poursuit Massamba Seck.

Les Sénégalais peuvent donc être à demi-rassurés. Il faut dire que ce n’est pas la première Coupe du monde où ils ont peur des coupures. « La Senelec a fait, au dernier Mondial, une campagne où elle demandaient aux gens de débrancher tous les appareils inutiles lors des matchs car tout le monde allait être en même temps devant la télévision », confie Mbacké Seck, responsable de la communication à la Fédération sénégalaise de football. On avait alors vu des fanas de foot couper du secteur leur frigo…

Le journal va-t-il interrompre les matchs ?

Cette année, certains auront peut-être à nouveau le réflexe rien-dans-la-prise-sauf-la-télévision, mais autant dire que ce n’est pas facile : les grosses chaleurs viennent d’arriver et les climatiseurs et ventilateurs tournent à plein régime. Il va donc peut-être falloir accepter de fondre de plaisir et fondre tout court. Autre stratégie pour suivre les rencontres : faire confiance à un groupe électrogène. Et ils sont nombreux à en posséder à cause de la crise qui les a plongés dans le noir, ou/et dans l’inactivité économique, parfois pendant vingt heures d’affilée. Un reporter radio a pour sa part suggéré avec humour, pour éviter tout désagrément, de faire ses bagages et de se rendre en Gambie ou en Mauritanie voisines.

D’autres, plus sereins, comptent sur les retransmissions des matchs en cas de défaillance électrique. Mais d’aucuns craignent que si le réseau électrique tient la route, une bien plus grande menace compromette la diffusion des matchs : la coupure des rencontres par le journal télévisé. Mbacké Seck explique : « Lors de la finale de la Ligue des champions, ils ont coupé le match à 20 minutes de la fin. Tout le monde était fâché. S’ils font la même chose pour le Mondial, alors que bien des matchs vont se trouver à cheval sur le journal, les gens vont vraiment se mettre en colère ».

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