Tous les Brésiliens ne sont pas nés pour être footballeurs. Pourtant le football national s’est ouvert à ces joueurs à coups de devises trébuchantes. La dernière trouvaille d’un football en régression n’est pas géniale.


Tous les Brésiliens ne sont pas Rivaldo. Se tourner vers des joueurs de troisième zone juste parce qu’ils portent la nationalité brésilienne n’est pas la meilleure manière de faire progresser la discipline. Venue tout droit de Finlande, et d’autres pays scandinaves, la filière brésilienne a envahi les clubs algériens qui, étonnamment, se retrouvent prêts à débourser des sommes en devises afin de s’assurer les services d’un footballeur dont les curriculum vitae ne sont pas aussi fournis qu’on ne le pense. Tout juste des joueurs qui ont promené leurs silhouettes à travers quelques clubs inconnus au Brésil pour s’embarquer ensuite pour l’Europe. Sachant pertinemment qu’ils n’ont aucune chance d’être recrutés par les grandes équipes européennes, les Brésiliens ont trouvé refuge dans les froids pays du vieux continent où la pratique du football relève plus du loisir et de l’entretien physique que de la compétition.

Di Oliveira et les autres

La voie a été ouverte la saison passée par le Brésilien de la Ville des roses, Di Oliveira qui fera des émules par la suite. Les frais d’engagement n’ont apparemment pas fait fléchir certains présidents de club, car quand bien même la prime de signature demeure dérisoire, parfois n’excédant pas les dix millions de centimes, en devises faut-il le rappeler, il n’en demeure pas moins que les frais accessoires sont énormes puisqu’il faut comptabiliser les primes de matchs, les billets d’avion, l’hébergement, la restauration et le traducteur de service. Cela fait beaucoup pour des joueurs brésiliens qui viennent de Finlande.

La filière semble bien fonctionner puisque aujourd’hui la majeure partie des équipes algériennes se mettent à la mode brésilienne, reléguant au second plan la piste africaine qui avait prit le gros du marché à un certain moment. Même si les Sénégalais, les Burkinabé et autres Nigérians continuent de fouler les pelouses, ils sont sérieusement « menacés » par les « cariocas » qui viennent se défouler en Algérie en attendant la fin de la saison hivernale des pays scandinaves.

Il ne faut pas oublier, en effet, que les Brésiliens, à l’image de Di Oliveira, durant l’été, rechaussent leurs crampons dans le championnat finlandais. Soit deux licences durant une même saison. Mais allez comprendre quelque chose aux dribbles des Brésiliens, même s’ils ne sont pas tous des Rivaldo. Vendredi dernier, le public mouloudéen s’est enflammé lorsque son Brésilien, l’attaquant Faisca, inscrivit le but sur… penalty. Aspiration à la baisse puisque cet élément âgé de plus de trente ans ne va certainement pas assurer l’avenir du club algérois qui a totalement tourné le dos à ses jeunes. Koulibaly, le portier de Soustara, était un déserteur. Silvio, pressenti à Blida, était un basketteur, et ainsi va une discipline devenue un fonds de commerce pour les uns, sans être inquiétés par les autres.

Azeddine H