En 2007, l’équipe nationale féminine de football d’Afrique du Sud, les Banyana Banyana, veut faire plus qu’un acte de présence à la Coupe du monde du football féminin qui se tiendra en Chine. Pour y parvenir, la Fédération sud-africaine prépare ses joueuses à tutoyer la performance et en profite pour soigner l’image du foot au féminin. Objectif : faire des footballeuses des femmes à part entière et attirer le maximum de sponsors.


La prochaine Coupe du monde de football féminin se tiendra en Chine en 2007. Et les Sud-Africaines se préparent déjà à affronter cette échéance. Les Banyana Banyana réfléchissent à comment arriver à être au mieux de leurs capacités pour figurer parmi les meilleures lors de cette compétition. Dans la même optique, elles souhaitent adoucir leur image en vue de susciter des vocations nouvelles et d’attirer plus de sponsors, notamment les marques de cosmétiques. « Nous, les femmes, avons un certain pouvoir, surtout en ce qui concerne les cosmétiques. Alors pourquoi une firme de cosmétiques ne souhaiterait-elle pas sponsoriser une équipe de footballeuses ? », s’interroge Ria Ledwaba, responsable du comité Femmes au sein de la fédération sud-africaine de football (Safa).

Le football féminin sud-africain, à l’exception de son équipementier qu’elle partage avec l’équipe masculine, ne dispose pour l’instant que de deux sponsors officiels qui ont donné leurs noms aux deux ligues nationales. Ce sont la ligue régionale dénommée Sanlam, dans laquelle évolue 400 clubs répartis en 25 régions, et à l’échelle des neuf provinces du pays, une centaine de clubs s’affrontent dans le cadre de la Vodacom league.

Les vraies femmes du ballon rond

Dans la même optique, les responsables du football féminin veulent des joueuses plus féminines. A leur demande, leur équipementier a déjà fait un effort dans ce sens en féminisant leur survêtement. Cependant, les Sud-Africaines veulent également évoluer sur la pelouse dans des maillots qui mettent en valeur leur féminité au lieu de se voir affubler des mêmes combinaisons que leurs confrères. « Etre athlète ne nous empêche pas de demeurer des femmes. Regardez Serena (Williams, la célèbre joueuse de tennis américaine, ndlr) : en dépit de sa carrure, elle continue de se comporter comme la femme qu’elle est », s’insurge madame Ladwebe quand on lui demande si les muscles sont compatibles avec la féminité.

Et de poursuivre : « Les footballeuses actuelles ont, pour la plupart, évolué dans un monde où leur seule référence était celle des hommes. Elles ont donc pris l’habitude de se conduire comme eux. Mais cela doit changer. Il s’agit de démontrer à la jeune génération qu’il est parfaitement possible de faire du foot et de rester femme. » Histoire aussi d’augmenter le nombre des 10 000 adhérentes que compte déjà le football féminin, qui souhaite se professionnaliser. Dans leur combat, les footballeuses bénéficient de l’appui inconditionnel de leurs homologues masculins à travers le soutien du comité exécutif de la Safa. Mais le défi le plus immédiat des Banyana Banyana reste de se qualifier pour la Coupe d’Afrique.