Le Cameroun, fidèle représentant africain à la Coupe du monde, revient en force cette année encore. Les Lions indomptables se sont aisément qualifiés pour le Mondial 2002. Avec une pléthore de stars, le Cameroun n’est pas parti pour faire de la figuration en Asie.


En dominant facilement les modestes Togolais, le 2 juillet dernier, les Camerounais ont trouvé, une fois de plus, le chemin de la Coupe du monde. Deux petits buts ont suffi aux Lions indomptables pour se qualifier définitivement, avant même le dernier tour des éliminatoires. Les coéquipiers de Patrick Mboma avaient à coeur de se racheter de leur triste prestation pendant la Coupe des confédérations.

Apparemment remis de leur changement d’entraîneur, les Lions ont ensuite conclu leurs parcours de brillante façon en allant s’imposer 3 à 0 sur les terres libyennes. On put alors entendre des soupirs de soulagement jusqu’aux cimes du mont Cameroun. Les Lions confirment et rassurent. Derrière eux c’est tout un peuple qui exulte.

Des Lions fiers mais prudents

Que ce soit au pays du matin calme ou dans celui du soleil levant, les match risquent d’être difficiles et mouvementés. Les Lions sont attendus au tournant. Nombreux sont ceux qui désirent les dompter. Les coéquipiers de Samuel Eto’o ne peuvent plus compter sur l’effet de surprise. Leurs titres de champion d’Afrique et de champion olympique sont autant de preuves pour leurs adversaires de leur force et de leur détermination.

La Cameroun possède actuellement l’équipe la plus solide d’Afrique, avec un milieu de terrain très talentueux où des joueurs comme Pierre Womé ou Salomon Olembé s’imposent de plus en plus comme des valeurs sures. L’attaque est un des points forts des Lions. Comme la plupart des équipes africaines, les joueurs sont portés sur l’offensive. Mais le cas du Cameroun reste assez particulier. Patrick Mboma et Samuel Eto’o se complètent parfaitement. L’un est un dévoreur d’espace, rapide félin, opportuniste. L’autre est une attaquant puissant mais technique, capable de jouer dos au but ou de dribbler plusieurs défenseurs. Avec ces deux griffes, le Cameroun peut égratigner n’importe quelle défense.

Une défense friable

En parlant de défense, force est de constater que celle du Cameroun n’est pas vraiment à la hauteur de son milieu de terrain ou de son attaque. Le gardien titulaire Boucar Allioum est talentueux et apporte incontestablement sa pierre à l’édifice. On ne peut pas en dire autant des défenseurs. Sans remettre en cause leur talent intrinsèque, chacun se rappelle, par exemple, l’action de l’obscur attaquant de la selecao brésilienne, Washington, pendant la Coupe des Confédération. Il mystifia Rigobert Song et Pierre Nyanka, d’un simple crochet, pour le premier but de la rencontre Brésil-Cameroun. Erreur de débutant ou simple passage à vide ? Toujours est-il que ce genre d’action n’est pour rassurer personne.

Ce problème de défense est une tare presque congénitale au football camerounais. On se remémore les deux penalties concédés par le Cameroun de Milla en 1990, dans les arrêts de jeu face aux Anglais. Beaucoup de spécialistes affirment encore que ce Cameroun-là avait l’étoffe d’un champion du Monde. On se souvient aussi de la raclée infligée par les Russes, avec cinq buts du même joueur, Salenko, lors de l’édition 1994.

Il est vrai que les Camerounais sont l’équipe numéro un du continent, mais il lui faudra franchir un nouveau palier pour pouvoir faire face et inquiéter véritablement les équipes du Gotha international telles que l’Argentine ou la France. Même si les Lions restent plus indomptables que jamais et il faudra encore compter avec la fierté parfois maladroite des Camerounais.