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Finis les quarts de finale de la Can 2004 et exit le Cameroun, la Guinée, le Sénégal et l’Algérie. Les différentes nations avaient vibré pour leur équipe nationale, misé sur leur potentiel. Le week-end dernier, la fièvre jouissive de ces aficionados est retombée. Dans les pays concernés, petit tour d’horizon de la presse locale.



 Cameroun : La rancœur prédomine

Les deux dernières Can ont été remportées par le Cameroun. Le pays tout entier s’attendait à un triplé mais les « Super eagles » sont venus stopper cette quête des Lions Indomptables.
Cameroon Tribune fait une analyse de la défaite. Pour le quotidien, Samuel Eto’o a livré un « match plein », marquant « enfin un but à la Can ». Patrick Mboma a été disculpé pour avoir été pris « en étau par la bonne défense adverse ». En revanche, une partie de la faute retombe sur le milieu de terrain qui, selon le journal, n’a pas « nourri l’attaque autant qu’on l’avait escompté ». Modeste Mbami en prend ensuite pour son grade, parce qu’il « n’a pas répondu aux attentes placées en lui ». De même que le jeune Eric Djemba Djemba dont le jeu « un tantinet brouillon n’a pas rempli sa mission de porteur d’eau et de premier soutien à la défense ». Ces erreurs ont, selon le quotidien, alourdi la tâche d’une « défense, déjà bringuebalante lors des trois précédentes rencontres ».

Le quotidien Mutations raconte juste la rencontre et parle des « Lions indomptables qui perdent leur couronne devant une sélection nigériane époustouflante ».

Au pays, « la presse privée, telle que Le Messager, est très virulente à l’égard de l’équipe nationale, tandis que les quotidiens officiels sont plus modérés », précise Luis Matea, chroniqueur sportif à Cameroon Tribune. Le journaliste évoque les absences de feu Marc-Vivien Foe ( et dont on n’a toujours pas encore trouvé un remplaçant) et Lauren Etame Mayer (évoluant à Arsenal) blessé. Dans les rues camerounaises, cette élimination de l’équipe est justifiée par des erreurs d’arbitrage (faute de main d’un Nigérian non sifflée), ou par un Rigobert Song chancelant. Selon Luis Matea, les hebdomadaires et mensuels qui paraîtront bientôt, vont encore plus « fustiger les joueurs ». Comme preuve de la rancœur du peuple envers ses joueurs, personne ne devrait les accueillir à leur arrivée ce mardi, à l’aéroport de Yaoundé, précise-t-on, parce que la Can 2004 sera à partir de maintenant, « sans saveur ».

 Guinée : Les joueurs félicités

Le quotidien sur le Net boubah.com évoque la très belle prestation des poulains de l’entraîneur français Michelle Dussuyer. Pour le journaliste Youssouf Boundou Sylla, les « 22 combattants méritaient de remporter la rencontre du samedi, à en juger par la qualité du football très impressionnant et passionnant qu’ils ont développé pour faire vibrer les fans du ballon rond pendant les 90 minutes de la rencontre ». casttle-18.gifEt, d’ajouter, que cela « n’a pas échappé aux commentaires réjouissants des confrères de toutes les radios et télévisions présentes lors du match (…) Malheureusement, les dieux du football en ont décidé autrement, en nous infligeant cette défaite inattendue aux dernières secondes de la rencontre ». C’est surtout un remerciement au Syli National pour « leur mission » qui a été le maître mot de cette presse : « ils se sont acquittés de leur devoir patriotique vis à vis de la patrie. Qu’ils en soient félicités ».

Justinmoreljunior trouve que l’équipe nationale « s’incline superbement devant les Aigles du Mali, un pays frère ». Et de continuer par des éloges : « les Guinéens ont même paru avoir trois poumons ». Pour le quotidien, « avec cette défaite non méritée, la Guinée devra retenir cette terrible leçon : » Dominer n’est pas gagner et en quart de finale, qui perd, part… » ».

Pour Kababachir, l’équipe « ne méritait pas de perdre. Après avoir livré une bataille exemplaire, pratiqué un football limpide, dominé assez régulièrement son adversaire sous la baguette d’un trio d’enfer, Fodé Mansaré- Aboubacar Titi Camara-Souleymane Youla, elle a perdu le match qu’elle aurait pu gagner plusieurs fois alors que l’on s’acheminait vers les prolongations ».

 Sénégal :Entre compassion et critique

Le quotidien sénégalais Le Soleil parle d’un « coup de dé », après l’unique but encaissé par les Lions de la Téranga à la 64ème minute. A partir de ce moment, les « Tunisiens deviennent maîtres dans l’art de retarder les actions, et ne se privent pas d’user à bon escient, de cette ficelle ».

La seule presse a avoir été un peu sévère est Wal Fadjri. S’adressant aux joueurs, le quotidien de se montrer moralisateur : « il faut maintenant apprendre l’humilité et regarder vers les éliminatoires de la Coupe du monde 2006, dans lesquels il faudra croiser le chemin des « Aigles du Mali ». Pour le quotidien, l’équipe nationale manque de « meneur de jeu » et est victime de la « solidité des Tunisiens et de sa propre fébrilité ». L’absence de Khalilou Fadiga, justifierait cette défaite : « il est aussi précieux sur son aile gauche par la qualité de son dribble qu’en dehors des terrains pour sa joie de vivre communicative ». Et de s’attaquer nommément à El Hadj Diouf en parlant de son « inefficacité », tout en rappelant qu’il a été « meilleur joueur africain en 2001 et 2002 ». Et de conclure par : « les «Lions étaient sans mordant ».

 Algérie : Des honneurs malgré tout

Le quotidien El watan est conscient de la mauvaise qualité de jeu développé par l’équipe nationale lors de la Can. Et de se demander : « Faut-il être déçu de cette défaite ? ». A cela, le journal répond par la négative. « Au contraire, profitons de cette occasion pour saluer bien bas les joueurs qui ont été d’un extrême courage. On leur donnait peu de chances au début de la compétition, mais ils ont su se transcender et faire trembler les meilleurs ».

Le Quotidien d’Oran, quant à lui, parle d’une « qualification qui aurait pu être algérienne, n’était ce coup du sort au moment où l’on s’y attendait le moins ». Et de continuer par réconforter son équipe : « Ainsi est le football, où il y a un vainqueur et un vaincu, et nos capés ne doivent nullement rougir de cette défaite. Ils nous ont fait rêver et il s’en est fallu de peu pour que ce rêve ne devienne réalité ».

Pour El Moudjahid, « en dépit de l’élimination de l’Algérie, il faut rendre à cette équipe un grand hommage, car elle a un bel avenir devant elle ».

Gageons tout de même que ces critiques, dans leur diversité, permettent à ces sélections, de faire mieux la prochaine fois.