Moussa Maazou est le footballeur nigérien le plus connu. Le vif attaquant de Monaco est même devenu l’ambassadeur du ballon au Niger, à 21 ans à peine. Fier d’être Nigérien, le jeune buteur, passé par Lokeren et le CSKA Moscou, a évoqué pour Afrik-Foot.com son pays, le football local et son histoire.



Afrik-Foot.com : Moussa, vous êtes le porte-drapeau du football nigérien, qu’est-ce que cela vous fait ?

Moussa Maazou : J’en suis fier. Mais c’est quand même bizarre : je n’ai que 21 ans. Mais cela me fait très très plaisir. La finale de la Coupe de France, face à Paris, était même retransmisse sur la télévision nationale. Quelle pression ! Mais on m’a appris à ne jamais avoir peur.

Vous avez quitté le Niger il y a trois ans, avez-vous toujours des contacts là-bas ?

Bien sûr ! J’adore mon pays, j’y retourne dès que j’y peux. Contrairement à ce que l’on dit, le Niger est très sûr. Il n’y a plus de guerre. Oui, c’est un pays très pauvre mais les gens sont très gentils. Ils vivent dans un pays magnifique où il fait très beau et très chaud.

On vous sent fier d’être Nigérien.

C’est vrai. Vous savez, porter le maillot de l’équipe nationale est une immense fierté pour moi. (Il insiste) J’en suis très fier. J’ai toujours voulu porter ce maillot. Mon frère était international et quand j’étais petit, il y avait souvent ses copains de l’équipe nationale qui venaient chez nous. J’ai toujours voulu faire comme eux.

Votre groupe pour la CAN 2012 est compliqué. Entre l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Sierra Leone, quelles sont vos chances ?

C’est un groupe très difficile. Mais nous n’avons rien à perdre. Nous avons prouvé que nous pouvions avec des équipes comme la Tunisie ou le Burkina Fao. Bien sûr, contre l’Egypte, ce sera très compliqué mais porter le maillot du Niger me donne des ailes. J’ai envie de me battre pour gagner. En plus, nous avons de bons joueurs, il nous manque juste un peu d’organisation.

Quel est le niveau réel du football nigérien ?

Honnêtement, il est très bon. Au pays, il y a vraiment de très bons joueurs. Mais on manque de moyens. Avec un peu plus d’aides et d’organisation, le football nigérien pourrait aller très loin. Et surtout montrer que le Niger, ce n’est pas le Nigeria! Nous avons de très bons jeunes.

Et vous ? Comment s’est passé votre jeunesse ?

Ma famille est pauvre mais mon père s’est toujours battu pour nous permettre de vivre décemment. Il est mécanicien. J’ai travaillé un peu avec lui dans son garage mais j’avais toujours le ballon sous le bras et avec mon frère au garage on mettait des batteries en guise de buts et on jouait. En fait, tout ce que j’ai appris en mécanique c’est monter un pneu et changer les batteries.

Et votre mère ?

Pour moi, il n’y avait que le foot, le foot, le foot… Elle, en tant que chef de famille, au début, elle préférait que j’aille à l’école. Mais, un jour, quand j’ai eu mes diplômes, elle est venue me voir jouer. Elle a compris que c’était ce que je voulais et elle n’a cessé depuis de me soutenir, de m’encourager. Je lui dois beaucoup. Maintenant, je joue pour elle. C’est elle qui m’a appris qu’il n’y a que le travail qui paye.

Est-ce pour cela que vous vous investissez dans différentes associations ?

Quand j’arrêterai le foot, je m’investirai dans l’humanitaire. Pour le moment, j’aide l’association Atcha qui œuvre pour que les enfants de Niamey puissent acquérir une éducation par le sport. C’est une association pour les jeunes footballeurs talentueux. Il faut qu’ils comprennent qu’aller à l’école est nécessaire, en plus d’être bon ballon au pied. En plus de ça, je participe à Cap Africa, une opération qui vise à soutenir financièrement les hôpitaux. Il y a des problèmes médicaux graves en Afrique et il faut les combattre.

Pour finir, un mot sur le président de la fédération nigérienne de football, Hamidou Djibrilla Hima dit « Pelé ».

Lui, je lui dois beaucoup. Je ne sais pas comment je peux le remercier. C’est grâce à lui si j’en suis là. Avant de prendre la FENIFOOT, il était président de l’ASFAN, où je jouais chez les jeunes. Il m’a toujours soutenu alors que certains voulaient se débarrasser de moi. J’étais jeune et un peu frêle, on ne me faisait pas confiance. Il a insisté et voilà où j’en suis ! Il a aussi aidé mes parents en leur offrant la moitié de mon transfert vers la Belgique.

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