Au milieu des Benatia, Belhanda ou El Kaddouri, son patronyme en a surpris plus d’un. Titularisé à deux reprises par Badou Zaki, il pourrait bien s’installer en défense centrale, et stabiliser une équipe en manque de repères.


Manuel Marouane da Costa Trindade Snoussi, né le 6 mai 1986 à Saint-Max, Meurthe-et-Moselle, France. Quand certains sont tiraillés entre deux sélections, Manuel Da Costa, lui, a dû choisir entre trois pays : le Maroc, le Portugal, ou la France, comme Abdoulay Konko (Sénégal – Maroc – France) avant lui.

Des débuts prometteurs

Formé à Nancy, le jeune défenseur montre très vite un potentiel prometteur. Lors de la saison 2005-2006, il se fait petit à petit une place et un nom dans l’équipe nancéienne, disputant 10 matchs de championnat. Des performances qui tapent dans l’œil de club plus huppés, comme Bordeaux ou Newcastle. Mais c’est au PSV Eindhoven qu’il signe à l’été 2006, contre 1 million d’euros.

Aux Pays-Bas, il découvre le haut niveau, ainsi que la Ligue des champions (il disputera notamment un match de poule contre Liverpool) sous la houlette de Ronald Koeman. Cependant, son temps de jeu étant relativement faible (une vingtaine de matchs en deux saisons), il décide de mettre fin à son expérience hollandaise, auréolé de deux titres de champion.

Une succession de mauvais choix

Entre temps, Manuel da Costa fait ses débuts en sélection portugaise, devenant l’un des piliers de l’équipe U21 (22 sélections, deux buts). Après son départ du PSV vers la Fiorentina en janvier 2008, il va enchaîner une série de mauvais choix. En deux saisons de l’autre côté des Alpes (il est prêté à la Sampdoria durant la deuxième moitié de l’exercice 2008-2009), il ne disputera que trois petits matchs de Serie A.

S’enchaînent ensuite deux saisons mitigées à West Ham (31 matchs de Premier League), une expérience russe ratée au Lokomotiv Moscou (15 matchs) et un prêt au CD Nacional, au Portugal. Malgré des qualités indéniables, le « Franco-maroco-portugais » peine à confirmer sur la durée. En juillet 2013, il signe pour trois ans dans le club turc de Sivasspor, en première division.

Agé de 28 ans, il semble enfin s’épanouir pleinement dans le club où évolue un autre Marocain, Aatif Chahechouhe. Une saison presque pleine (26 matchs de championnat, son record), 6 buts : l’ancien nancéien semble -enfin- décoller. Il termine même cinquième d’un championnat dominé par le Fenerbahçe d’Emmanuel Emenike, Pierre Webo et Moussa Sow.

L’appel du Maroc

Déjà, en 2010, Eric Gerets avait vaguement tenté de le faire venir dans l’effectif des Lions de l’Atlas. Indécis, le joueur n’avait pas donné suite, ce qui avait lassé le Belge. Il faudra attendre 4 ans, et le retour à la tête de la sélection de Badou Zaki, pour le voir débuter sous la tunique verte et rouge. Aux côtés de Mehdi Benatia, il représente une vraie solution à un poste où personne ne s’impose durablement.

S’il n’en n’est qu’à ses débuts en sélection, le défenseur aux multiples tatouages fait son entrée dans le groupe marocain au meilleur moment : celui de la reconstruction et de la reconquête, après plusieurs déceptions. Auteur d’une bonne saison en club, ses performances ne sont pas passées inaperçues, puisque l’OM l’aurait inscrit sur une liste de cibles potentielles.

Joueur quelque peu méconnu du grand public (et surtout des fans marocains), le droitier est un défenseur rugueux, parfois un peu trop (deux cartons rouges cette saison). En concurrence avec Abdelhamid El Kaoutari pour le poste de deuxième central, il pourrait bien s’imposer s’il parvient enfin à enchaîner deux saisons pleines, ce qu’il n’a jamais encore fait. À 28 ans, il serait temps.