Monday Samuel Abu est considéré comme une future star du football nigérian. Mais le jeune milieu offensif, à l’essai à Benfica, s’est vu proposé un « contrat digne d’un esclave », à en croire son agent. Une affaire sordide, où se mêlent argent et ego, et qui pourrait bien mettre à mal, déjà, la carrière du joueur.


Tout va bien du côté de Benfica. Avec 6 points d’avance à deux journées de la fin, les Aigles de Lisbonne peuvent voir venir : un point leur suffit pour d’adjuger leur trente-deuxième titre de champion du Portugal. Mieux, le club portugais prépare déjà son avenir avec la récente arrivée de Monday Samuel Abu, un jeune Nigérian débarqué à l’Estádio da Luz sur les recommandations de José Mourinho himself.

Seulement voilà… Monday Samuel Abu est au cœur d’un mic-mac contractuel qui sent mauvais. Repéré par l’entraîneur de l’Inter lors d’un match amical entre la Kwara Football Academy et l’équipe de jeunes du Royal Antwerp, ce milieu de terrain très offensif, qui aura 18 ans en novembre 2011, est considéré comme l’un des plus sûrs espoirs du football nigérian. Au point, que Clemens Westerhof, un temps sélectionneur des Super Eagles, aurait fait des pieds et des mains pour l’envoyer à l’Ajax Amsterdam.

Une clause de libération de 500 000 €

A l’essai à Benfica, le Nigérian aurait impressionné. Un point qu’un contrat lui aurait été proposé. Et c’est là, justement, que le bas blesse. Rentré au pays ce mercredi, selon nos informations, le prometteur joueur se serait vu un « contrat d’esclave », aux dires de son agent.

Babatune Emmanuel Omigeh a ainsi expliqué qu’il rendrait sa licence d’agent FIFA plutôt que de voir son poulain signer un contrat avec une clause de libération de 500 000 euros. « Benfica est en train d’asservir ce garçon. Je ne pense pas que Manuel Ribeiro (le directeur technique du centre de formation de Benfica, NDLR) n’aurait offert un tel contrat à son fils. Le garçon doit être protégé et, puisque j’ai le mandat de son père, c’est ce que je vais faire, a assuré Omigeh à MTNFootball. Ce n’est pas une affaire de vie ou de mort mais ce que j’attendais d’un grand club comme Benfica, c’est qu’il fasse une offre digne de ce nom. »

300 euros par mois jusqu’à sa majorité

Le contrat offert par le club lisboète à Monday Samuel Abu tournerait autour de 300 € mensuels jusqu’à qu’il ait 18 ans. Le 12 novembre 2011, à sa majorité, le joueur signerait un contrat pro et gagnerait environ 3000 € par mois. Un deal qui semble un peu bas, même pour un jeune inconnu venu d’Afrique, à en croire les agents contactés par Afrik-Foot.com. Et ce, d’autant que Benfica est un club réputé pour offrir de larges salaires.

« J’ai accompagné Samuel au Portugal mais ils m’ont empêché de le voir s’entraîner, insistant que cela l’empêchait de se concentrer. Et, depuis Pâques, Benfica n’a jamais pris la peine de me contacter. Du coup, il joue avec la réserve de Benfica sans mon autorisation, précise l’agent, qui a reçu l’accord du père du joueur. Avec toutes ses illégalités, c’est sûr, ils veulent me mettre à la porte. Mais cela fait six ans que je suis dans le métier, je sais que les choses ne se passent pas comme ça. Ils veulent sans doute se débarrasser de moi pour le vendre à l’Inter pour 5 M€ ! » Benfica aurait, par ailleurs, approché le père du jeune milieu, un officier de police à la retraite, afin qu’il vienne au Portugal et signe un contrat jeune pour son fils.

Cependant, le recruteur local qui a repéré Monday Samuel Abu, interrogé par MTNFootball, a indiqué que l’agent, sous couvert d’humanisme, pensait plus à l’argent qu’il pourrait empocher dans la transaction plutôt que l’avenir de son poulain. De son côté, KFA dément tout problème, par la voix de son administrateur, un brin sur la défensive lors de son entretien avec Afrik-Foot.com, Kumbi Titiloye.