Aucun des deux représentants africains participant à la Coupe du monde de football féminine 2003 n’a été en mesure de se qualifier pour les quarts de finales. Le Ghana est parvenu à arracher sa première victoire dans la compétition, pendant que le Nigeria s’inclinait à trois reprises, sans marquer le moindre but.


Le Ghana a sauvé l’honneur du continent africain lors de Coupe du monde de football féminine 2003, organisée aux Etats-Unis, en remportant son dernier match face à l’Australie (2-1). Mais ni les Black Queens, ni les Super Falcons nigérianes n’ont été en mesure de se qualifier pour les quarts de finales. Ces dernières ont même dû s’incliner sur des scores sévères lors de leurs trois matchs de poule : 3-0 face à la Corée du Nord, 5-0 face aux Etats-Unis et 3-0 contre la Suède. La sélection nigériane est la seule à n’avoir marqué aucun but dans la compétition. Elle se retrouve classée plus mauvaise défense derrière l’Argentine, qui a encaissé 15 buts. Avant le dernier match de son équipe, l’entraîneur des Black Falcons, Sam Okpodu, estimait pourtant que ses protégées n’avaient pas démérité. Sans remettre en cause le bon jeu pratiqué par ses adversaires, le technicien nigérian désigne l’arbitrage comme la cause principale des malheurs de sa sélection.

L’arbitrage mis en cause

Face aux Etats-Unis, « nous avons joué beaucoup mieux que lors du premier match. Le problème est que depuis le début de la rencontre, nous avons cherché à ne pas prendre de but (…) et dès que les arbitres ont commencé à nous siffler des fautes inexistantes, ils nous ont coupé dans notre élan. Plus nous essayions de jouer, plus ils nous éloignaient de la victoire. C’est donc devenu un match entre les Super Falcons et les arbitres. Sinon, je crois que les filles ont très bien joué », a expliqué Sam Okpodu au quotidien nigérian Vanguard. Et de conclure pour la rencontre suivante face à la Suède : « Nous sommes à la merci des arbitres ».

Avant de rencontrer la sélection américaine, les Nigérianes avaient regretté l’accusation des médias et de certains membres de l’équipe adverse selon laquelle elles étaient des joueuses agressives et dangereuses. Certaines footballeuses y ont même été de leur anecdote, souvenirs de précédents USA-Nigeria. « Mon histoire préférée s’est déroulé lorsque Patience Avre a sorti Joy Fawcett des Jeux Olympiques 2000, raconte l’arrière américaine Kate Sobrero. Elle l’a cassée puis lui a demandé ‘ Comment va ton bébé ? ‘ » Des témoignages destinés à influencer l’arbitrage, selon les Nigérianes.

Le Ghana satisfait

Pas de plaintes de cette nature côté ghanéen. Mais la satisfaction pour les footballeuses d’avoir chèrement vendu leur peau. Contrairement aux Nigérianes, qui devaient confirmer leur place de quart de finalistes de la Coupe du monde 1999, les Ghanéennes ne pouvaient que progresser. « C’est un honneur pour nous d’avoir remporté notre premier match dans une Coupe du monde, explique l’ailier Alberta Sackey. Au moins, nous n’avons pas terminé dernières du groupe (…) Vraiment, nous n’avions rien à perdre et je pense que cela nous a fait du bien. » Le président de la fédération ghanéenne de football, Ben Koufie, n’est pas moins satisfait. En les félicitant de leur parcours, ce dernier a pris soin de rappeler la déculottée subit par les Blacks Queens face à la Chine, en 1999, (7-0) et le résultat obtenu cette année (1-0).