Après cinq années à Marseille, Mamadou Niang, le capitaine et buteur de l’OM, devrait enfin quitter le club phocéen. Le club turc de Fenerbahçe multiplie les appels du pied auprès de l’international sénégalais. Mais ses dirigeants, Deschamps et Dassier en tête, ne veulent rien entendre.


Partira ? Partira pas ? Une chose est sûre : le cas Mamadou Niang, l’attaquant de l’OM, a fait couler de l’encre du côté de la Canebière en alimentant la rubrique transfert de tous les quotidiens locaux ou nationaux. Après deux mois de petites phrases et d’informations complémentaires, et trois semaines de la clôture du marché des transferts, on s’approche – enfin – d’une issue.

Annoncé au Qatar à défaut d’Angleterre, le buteur sénégalais a longtemps déploré son manque de reconnaissance malgré son brassard de capitaine des champions de France et son titre de meilleure gâchette de Ligue 1. Un temps annoncé du côté de Wolfsburg, Niang devrait finalement aller montrer ses qualités du côté de la Turkcell Süper Lig où Fenerbahçe lui fait les yeux doux. Didier Deschamps, son entraîneur, avait tenté de brouiller les pistes en début de semaine en confirmant son soutien au joueur de 30 ans. « C’est clair et net. Ce n’est même pas la peine d’en parler, ni d’en faire des tonnes. Ma position ne date pas d’aujourd’hui. Je compte sur lui, il le sait, a expliqué l’entraîneur phocéen dans des propos rapportés sur le site de l’OM. Mais parfois même quand les portes sont fermées, ça rentre par les fenêtres, la cheminée… »

« Un choix de carrière »

Le champion du monde 1998 ne croyait si bien dire. Quelques heures plus tard, c’est Niang lui-même qui montait au créneau, affirmant à qui voulait l’entendre ses envies de départ. « C’est un choix de carrière. » Voilà comment le Sénégalais explique son désir de rejoindre Fenerbahçe, après cinq saisons passées à l’OM. Malgré la reprise imminente du Championnat, face à Caen samedi soir, le capitaine olympien est décidé à rejoindre la Turquie et assure que « tout est clair depuis la fin de saison dernière ». « J’ai toujours dit que si un challenge suffisamment excitant se présentait, j’étais intéressé, explique Niang dans L’Equipe, ce mercredi. Ce challenge, il existe depuis ce week-end. Fenerbahçe est un très grand club, très populaire en Turquie. Issiar Dia m’a dit que les installations étaient magnifiques, que l’effectif était de qualité. »

Pas question cependant de culpabiliser malgré cette opportunité plutôt tardive. A l’écouter, il partira la tête haute : « Je suis quitte avec l’OM. Je pense avoir rendu au club tout ce qu’il m’avait donné. Je n’ai jamais triché. J’ai toujours donné le meilleur de moi-même. Il m’est arrivé de serrer les dents pour jouer, alors que j’étais blessé, pour aider mon équipe. J’ai tout donné. Mon âme. Mon coeur. » Cela ne semble pas suffire à Didier Deschamps et Jean-Claude Dassier, qui ont tous deux refusé de laisser partir leur numéro 11. Le joueur, lui, demande simplement « qu’ils respectent (son) choix ».

Pas de bras de fer

Pas sûr que le président de l’OM lâche son capitaine au dernier moment. « Je peux comprendre qu’il ait eu une petite tentation de partir, vu l’offre financière a priori de Fenerbahçe. Mais à quatre jours de la reprise du championnat, il est totalement hors de question pour nous qu’il nous quitte, ce n’est pas sérieux !, a justement déclaré Dassier. Il est sous contrat chez nous jusqu’en 2014. Et quand on signe un contrat, on le respecte (…) Nous ne sommes pas inquiets. Mamadou sera là samedi. »

Mais Niang ne tentera pas l’éculée technique du bras de fer et se défend de feindre une gastro-entérite. « Ce serait mal me connaître, assure-t-il. Je n’ai jamais foutu la merde partout où je suis passé. Je suis toujours parti en bons termes. Je sera Marseillais jusqu’à mon départ et quand je m’en irai, une moitié de mon coeur restera ici. Jusqu’à ma mort. Je vais avoir beaucoup de peine à m’en aller. Quand ma carrière sera terminée, je reviendrai vivre ici. »