John Mensah, le joueur ghanéen de l’Olympique lyonnais, a été victime d’injures racistes lors du match qui opposait son équipe au Havre, dimanche dernier. Interpellé au cours de la rencontre, l’auteur des insultes a été mis en examen mardi pour « injures raciales publiques » et remis en liberté sous contrôle judiciaire, après avoir avoué son acte.


Le supporter normand qui a proféré des insultes racistes contre John Mensah, le joueur ghanéen de l’Olympique lyonnais, lors du match contre le Havre dimanche, a été mis en examen mardi pour « injures raciales publiques » et remis en liberté sous contrôle judiciaire, après avoir avoué son acte. John Mensah a sérieusement pensé à quitter la France, dimanche, malgré la belle performance (3-1) de son équipe au stade de Gerland, lors de cette 24ème journée de Ligue 1. Les injures racistes proférées contre lui au cours du match ont complètement déstabilisé le joueur, au point qu’il s’est fait expulser par l’arbitre en deuxième mi-temps, après avoir vainement demandé à l’entraîneur Claude Puel de le laisser quitter le match, et finalement écopé de deux cartons jaunes. « Il ne va pas bien mais le club l’entoure, ses coéquipiers sont là donc je crois que tout le monde a pris la mesure de la gravité de la chose », a affirmé Me Alain Jakubowicz, l’avocat du joueur, à l’issue d’une réunion lundi matin avec le directeur administratif de l’OL.

Interpellé au cours du match, le supporter avait reconnu devant les policiers avoir lancé des cris de singes au joueur, et justifié ses actes par le fait qu’il était sous l’emprise de l’alcool. L’Olympique lyonnais, Le Havre AC, la Ligue de Football Professionnel (LFP) ont condamné à l’unisson cet acte dans des communiqués parus, lundi, dans leurs sites respectifs. L’entraîneur lyonnais a regretté pour sa part ne pas avoir laissé John Mensah quitter la pelouse à la mi-temps. Le joueur a porté plainte lundi matin, rejoint aussitôt par Le Havre qui a qualifié les injures racistes de « geste isolé ». La LFP a indiqué de son côté qu’elle allait se constituer partie civile dans cette affaire. Intervenant lors de l’émission 100% Foot sur M6, dimanche soir, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, s’est dit « outré par l’acte de racisme » dont le joueur a fait l’objet le joueur ghanéen, demandant plus de « sévérité » dans la lutte contre le racisme dans les stades, indique L’Equipe.

Une quinzaine d’interpellations durant la saison 2007-2008

Les injures racistes proférées contre lui au cours du match ont tellement choqué John Mensah qu’il « a imaginé un moment quitter Lyon, quitter la France, retourner au Ghana et arrêter sa carrière », a déclaré l’avocat du joueur, Me Jakubowicz, sur le site de l’Olympique lyonnais, indiquant à propos du supporter havrais arrêté : « il va y a avoir une enquête, il va y avoir un procès. Il va bien sûr être condamné puisqu’il reconnaît les faits d’après les éléments ».
Si John Mensah a pensé à plier bagages dans un premier temps -avant que son conseiller Fabien Piveteau ne l’en dissuade-, c’est parce que le joueur ghanéen n’en est pas à sa première mésaventure en France, due à la couleur de sa peau. En septembre 2008, il avait fait plusieurs heures de garde à vue, suite à une interpellation musclée de policiers lyonnais qui pensaient qu’il avait volé la voiture dans laquelle il roulait. Des insultes racistes, ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un joueur en France en est l’objet. En août dernier, un supporter a été condamné à six mois de prison avec sursis et un an d’interdiction de stade pour avoir injurié le joueur albanais de l’Olympique de Marseille Lorik Cana. En février de la même année, Adbeslam Ouaddou, qui jouait à Valenciennes, avait fait l’objet d’injures racistes proférées par un supporter messin qui a écopé, le 13 mai dernier, de trois mois de prison avec sursis, peine assortie de trois ans d’interdiction de stade. Lors de la saison de football précédente, une quinzaine d’interpellations pour actes racistes ont été effectuées.