Rais M’Bolhi est la principale satisfaction d’une équipe d’Algérie éliminée sans gloire de la Coupe du monde. Débarqué comme remplaçant, le gardien du Slavia Sofia a su saisir sa chance et s’imposer dans les buts des Fennecs. Avant d’aller voir plus haut?


La surprise du Cheikh, c’est lui. Jamais sélectionné par Rabah Saâdane, Rais M’Bolhi, portier quasi-inconnu du championnat bulgare, a été appelé par le sélectionneur de l’Algérie pour la Coupe du monde en Afrique du Sud. Une belle histoire qui s’est transformé en conte de fées.

Car le gardien né en France a su profiter de l’erreur de Faouzi Chaouchi face à la Slovénie pour subtiliser la place de titulaire au portier de l’ES Sétif. Mieux, après avoir dégouté les attaquants anglais, Wayne Rooney et Peter Crouch en tête, M’Bolhi a fait la nique aux Américains, ne craquant qu’à la dernière minute des arrêts de jeu après avoir détourné les tentatives de Dempsey, Altidore, Donovan ou Bradley. Ses efforts derrière n’ont malheureusement pas porté leurs fruits devant. La faute à la maladresse handicapante des attaquants des Fennecs.

Passé par l’OM

Mieux, le gardien de 24 ans est en train d’atteindre la reconnaissance après laquelle il courrait en quittant le centre de formation de l’Olympique de Marseille. Car M’Bolhi, né à Paris d’une mère algérienne et d’un père congolais, a eu un parcours chaotique. C’est le moins que l’on puisse dire : après une pige en Ecosse, où il ne s’impose pas à Hearts of Midlothian, c’est la Grèce. D’abord en D2, à l’Ethnikos Piraeus puis à Panetolikós FC avant de prendre la tangente et de rejoindre le Japon. Titulaire en J-League, avec le FC Ry?ky? de Philippe Troussier, M’Bolhi part rebondir en Bulgarie. Là-bas, il s’impose comme le meilleur gardien du pays et attire l’œil de la fédération algérienne.

Pas mal pour un joueur que beaucoup d’Algériens ne connaissaient même pas avant le début du Mondial. Maintenant, personne n’oubliera son nom, lui que Le Buteur appelait « Sofiane » en mars. « Là dans mon cœur, je suis à 100 % Algérien. Il n’y a aucun doute », clamait-il pourtant. Et l’Algérien pourrait désormais aller voir plus haut : la Russie lui fait les yeux doux, tout comme l’Angleterre où Manchester United et Newcastle suivent de près ses performances.