Il n’est assurément pas le footballeur nigérian le plus connu du circuit, et pour cause: depuis 2002, Samson Godwin joue au FC Karpaty Lviv, formation évoluant dans le championnat de Premier League ukrainienne. Cependant, ce récupérateur très athlétique a su imposer sa puissance au milieu de terrain, dans un championnat méconnu du grand public mais qui compte pourtant de belles équipes (Shakhtar Donetsk ou Dynamo Kiev) et aussi en Europa League (deux matches face au Borussia Dortmund et au Paris-Saint-Germain). Retour sur le parcours peu atypique du gamin de Warri…



Afrik-Foot: Samson, la première question que l’on se pose à votre sujet est celle de votre choix de club. Pourquoi être venu jouer en Ukraine ?

Samson Godwin: Pour tout vous dire, je n’ai pas eu d’autre opportunité au début de ma carrière. J’ai commencé ma carrière dans un club au Nigeria (Gabros F.C., NDLR). Au cours de la saison, des recruteurs polonais sont venus en Afrique superviser notre équipe. Un agent m’a alors proposé d’aller jouer en Pologne, ce que j’ai fait pendant un an au Marbet Ceramed. Puis, en 2002, j’ai failli rejoindre un autre club polonais mais j’ai finalement eu l’opportunité de venir au Karpaty Lviv. J’ai accepté leur proposition. Depuis, j’évolue ici.

Comment s’est passée votre intégration à Lviv, mais aussi votre passage du continent africain à l’Europe ?

Étonnamment, mon intégration au Karpaty, et plus généralement en Ukraine s’est bien passée, mais il est clair qu’arriver dans un tel pays n’est pas évident. Sur le terrain, il y a très peu de joueurs africains, et d’ailleurs, c’est la même chose en dehors des stades. Alors, j’ai mis du temps à me faire à tous ces changements. Et cela s’est bien sûr ressenti dans mon jeu. En fait, je dirais même que mon intégration a pris quelques années ! Heureusement, j’ai fait la connaissance de joueurs, comme le Brésilien William Batista avec qui je me suis bien entendu et qui ont fait qu’aujourd’hui tout aille bien et que je me sente bien ici.

Jouer pour une formation ukrainienne, n’est-ce pas un frein à une visibilité pour évoluer un jour dans un plus grand club et pourquoi pas, en sélection ?

Personnellement, j’espère rejoindre la sélection nigériane dans un futur proche. Effectivement, le Karpaty n’a pas une grande visibilité mais si nous continuons à cumuler les bons résultats en championnat, nous pouvons espérer atteindre la Ligue des Champions. Et, avec de bonnes performances individuelles en club, cela facilitera cette sélection. Donc j’y crois réellement.

Aimeriez-vous évoluer dans d’autres pays ?

Certains championnats me plaisent comme celui d’Italie ou des Pays-Bas. Donc si j’ai l’opportunité de jouer ailleurs, pourquoi pas. Mais je me sens bien ici et de toute façon, je n’ai pas été contacté par des clubs étrangers, uniquement par des formations ukrainiennes.

Vous n’avez que 26 ans aujourd’hui, mais avez-vous une idée de ce que vous ferez à la suite de votre carrière ?

J’aimerais rester dans le milieu du football. Je pense que je ferai un métier comme celui d’agent de joueurs. Rester en Ukraine ? Peut-être. Je ne me ferme aucune porte…