De la façon de ne pas en finir avec la sélection nationale. La Fifa a indiqué lundi que l’international français d’origine congolaise Claude Makélélé était seul maître pour décider de son avenir en Bleu. Et qu’il n’encourait aucune sanction, comme le pensaient l’entraîneur de l’équipe de France, qui l’a sélectionné contre sa volonté, ainsi que son club de chelsea, qui souhaitait jouir seul de son talent. Makélélé est seul maître, mais il refuse de trancher.


Claude Makélélé n’est pas un esclave. La Fédération internationale de football (Fifa) l’a confirmé lundi en indiquant que l’international français d’origine congolaise était en droit de refuser une sélection nationale sans encourir la moindre sanction. « En gros, chaque joueur est libre de décider s’il joue ou non pour son équipe nationale. Nous n’avons pas de règle pour empêcher un joueur de prendre sa retraite internationale. C’est lui qui décide », a indiqué Andreas Herrren, le porte-parole de la Fifa. « Cela, a-t-il précisé, même si une annexe du règlement indique qu’un joueur est « obligé de répondre à une convocation » en équipe nationale et « qu’il n’a pas le droit de jouer avec le club auquel il appartient pendant le temps que dure ou aurait dû durer sa mise à disposition ».

Tu veux ou tu veux pas ?

Infatigable à la récupération et décisif durant la Coupe du monde 2006, Claude Makélélé avait indiqué du bout des lèvres – « C’est assez difficile mais je crois que je vais arrêter la sélection », avait-il déclaré – au lendemain de la défaite de la France en finale de la compétition, qu’il mettait un terme à sa carrière internationale. Comme il l’avait fait à l’issue de l’Euro 2004, avec ses compagnons Zinédine Zidane et Lilian Thuram, tous trois rappelés en août 2005 pour aider le Onze national à se qualifier au Mondial allemand. Depuis le lundi 10 juillet, Makélélé n’était pas revenu sur sa décision, en publique, mais la rumeur enflait sur son éventuelle sélection à quelques jours des deux premiers matchs de qualification de la France à l’Euro 2008, face à la Géorgie et à l’Italie. Le sélectionneur national Raymond Domenech n’en n’a pas plus dit sur l’envie de Makélélé de continuer en bleu, à l’issue de sa rencontre avec lui, à Londres, voilà une semaine, alors que Lilian Thuram annonçait sa volonté de poursuivre « pour l’amour du public » après son entrevue avec l’entraîneur français.

Muet, le milieu défensif de Chelsea l’est resté jusqu’à l’annonce de la sélection… où il figurait. Ce qui a fait sortir de ses gonds – une fois n’est pas coutume – José Mourinho, l’entraîneur portugais de Chelsea, qui entendait disposer d’un Claude Makélélé libre de toute contrainte internationale. « Claude Makélélé n’est pas un joueur de foot, c’est un esclave, s’est-il emporté. Il vient de jouer une énorme compétition pour son pays, et le sélectionneur de l’équipe de France l’oblige à jouer encore au mépris de ses choix. Claude n’a pas de liberté, pas le droit de choisir, c’est un déni des droits de l’homme ». Le fantasque technicien croyait alors savoir, comme Raymond Domenech l’en aurait averti, que si Makélélé refusait d’honorer sa sélection, il serait suspendu deux matches en championnat d’Angleterre.

Pas de sanctions contre Chelsea

Or, la Fifa a précisé lundi que cette sanction n’était pas envisageable si un joueur signale « son intention de quitter une équipe nationale aux autorités concernées ». Ce que Claude Makélélé aurait fait par courrier, selon son coach londonien et L’Equipe daté du lundi 28 août. Le club de Chelsea a indiqué sur son site qu’« après avoir discuté avec Makélélé, [il] entreprendra d’autres démarches auprès de la Fédération française de football pour qu’ils examinent son désir d’arrêter sa carrière internationale ».

Quant au principal intéressé, il a expliqué lundi, dans L’Equipe, qu’« il y avait un accord après la Coupe du monde pour [qu’il se] retire de la sélection. Mais j’ai discuté avec le sélectionneur, a-t-il ajouté, [et] il pense que je suis encore apte à apporter un plus. Je ne lui en veux pas du tout. Je retourne en sélection. Je suis dans la liste. Je suis obligé d’y aller. L’équipe de France reste quelque chose d’énorme pour moi. Même si mon club n’est pas d’accord, je vais honorer humblement cette convocation. C’est normal de porter les couleurs de mon pays. L’entraîneur et le sélectionneur sont assez intelligents pour trouver une solution », a-t-il conclu, se croyant toujours esclave des règlements de la Fifa. Que va-t-il maintenant faire de sa liberté ?

Crédit photo : www.wldcup.com