En début de semaine, Emmanuel Adebayor raccrochait ses crampons internationaux. Au grand dam des supporters togolais. Les excuses du capitaine des Eperviers ne convainquent cependant personne du côté de Lomé. Ni fans, ni journalistes… Explications.


C’est la rumeur qui enfle du côté de Lomé. Emmanuel Adebayor aurait quitté la sélection nationale du Togo, non pas à cause du drame de Cabinda qui a coûté la mort à deux de ses compatriotes, mais sous pression politique.

« Après les événements tragiques durant la Coupe d’Afrique des Nations de janvier, durant lesquels deux de mes compatriotes ont été tués par des terroristes en Angola, j’ai pris la très difficile décision de prendre ma retraite internationale », a expliqué en début de semaine l’attaquant de 26 ans. Une décision compréhensible qui a cependant pris de court tous les supporters du Togo. « Je suis très triste. Sincèrement. Ça me fait mal de ne plus pouvoir revoir mon joueur préféré évoluer au sein des Éperviers. Je n’arrive pas à y croire. S’il maintient sa position, je peux comprendre qu’il n’aime pas son pays », confiait à Afrik.com un fan inconditionnel des Eperviers. « C’est inutile de juger capitaine des Éperviers. Il a ses raisons. Il est le seul à savoir ce qu’il vit depuis le drame de Cabinda. S’il dit qu’il n’a plus son cœur avec l’équipe nationale, c’est sincère plutôt qu’il joue à l’hypocrisie, surenchérissait un autre. C’est comme une épée de Damoclès qui s’abat sur le foot togolais. Une équipe nationale sans Adé ne vaudra rien. Il est jusqu’à ce jour l’espoir de la jeunesse togolaise. »

Le chef de l’Etat « fâché »

Tout le monde est d’accord pour le dire : le Togo sans son atout offensif numéro 1 va avoir du mal à se défaire de ses adversaires. C’est l’âme de l’équipe qui s’en va, le capitaine, le buteur, le grand frère. Interrogé par le journal Liberté, un spécialiste du football togolais s’insurge. « Qu’on me dise aujourd’hui qu’Adebayor décide d’arrêter sa si prometteuse carrière internationale juste parce qu’il serait toujours hanté par les évènements, trois mois après, je ne suis pas emballé. Si c’est vraiment le cas, alors je suis tenté de traiter le joueur de lâche, car un capitaine ne quitte pas son bateau comme cela. C’est d’ailleurs dans ces circonstances qu’il prouve qu’il mérite cette responsabilité… Je ne suis pas certain que Sheyi prenne cette décision juste pour ce drame. Le connaissant, il en faut plus que cela pour l’ébranler. Même si fondamentalement le drame de Cabinda a quelque chose à voir avec sa décision, il doit y avoir d’autres aspects de la chose, des non dits. Le joueur a des raisons de prendre cette décision, mais il ne veut pas parler. »

Il y a quelques temps, l’ancien Monégasque avait envoyé une lettre à Issa Hayatou, le tout-puissant président de la Confédération africaine de football, pour lui demander une conciliation dans le différend qui oppose le Togo et la CAF. Une initiative qui n’aurait donc plu aux autorités togolaises. Ces dernières auraient envoyé à l’attaquant de City une missive et il lui a été que le chef de l’Etat était « très fâché » par sa démarche. Et ce seraient ces pressions et menaces indirectes qui auraient poussé Adebayor a annoncer dans la foulée sa retraite internationale.

Quant au ministre togolais des Sports, Christophe Tchaou, il se contente de signaler qu’il n’a pas été officiellement informé de la décision du joueur. Sous-entend-il par là qu’Adebayor pourrait bluffer afin que le Togo accepte plus facilement le règlement à l’amiable qui lui est proposé par Sepp Blatter ? A suivre…