Algérie : Hadj Moussa, le transfert raté qui peut laisser des traces

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Le transfert d’Anis Hadj Moussa à Al-Ittihad s’est effondré au dernier moment. Un échec dont l’Algérien devra vite se relever.

Anis Hadj Moussa a vécu un dimanche particulièrement cruel. Après plusieurs offres refusées, Feyenoord avait finalement accepté de discuter sur la base d’un transfert estimé à 40 millions d’euros, susceptible d’atteindre 42 millions avec les bonus. L’Algérien se dirigeait vers Al-Ittihad et un contrat qui aurait changé sa vie. Mais le club saoudien n’a pas fourni la garantie bancaire exigée par les Néerlandais. Sans visite médicale ni documents signés, l’opération s’est effondrée à quelques heures de la clôture du marché.

Hadj Moussa n’a pas à s’excuser

À 24 ans, son choix de (vouloir) rejoindre l’Arabie saoudite lui a valu quelques leçons de morale. Hadj Moussa aurait manqué d’ambition et renoncé trop tôt au plus haut niveau européen. Le procès paraît facile, sinon hypocrite. Mateo Retegui, meilleur buteur de Serie A, n’avait-il pas quitté l’Atalanta à 26 ans pour Al-Qadisiah. D’autres internationaux confirmés ont emprunté cette voie sans voir leur carrière enterrée. Avec les moyens, les entraîneurs et les joueurs présents dans la Saudi Pro League, affirmer qu’Al-Ittihad aurait représenté une régression évidente par rapport à l’Eredivisie relève désormais du raccourci.

La véritable interrogation concerne maintenant l’état d’esprit du Fennec. Hadj Moussa voulait partir, tandis que son absence contre NEC Nimègue, officiellement liée à deux retards, a nourri le malaise. Il peut légitimement ressentir de la frustration après avoir contribué aux performances et au bon rendement de Feyenoord sur la scène nationale et continentale. On se souvient notamment de sa prestation sublime à l’Etihad Stadium face à Manchester City il y a deux ans.

Mais son club avait également le droit de sécuriser une vente aussi importante. Dans le football, la reconnaissance s’arrête souvent là où commencent les intérêts économiques.

L’Algérie ne peut pas attendre

Cette déception intervient pourtant au pire moment. Après la retraite internationale de Riyad Mahrez, Hadj Moussa est attendu comme l’un des nouveaux dépositaires du jeu offensif algérien. Brahim Hemdani, le sélectionneur fraichement nommé, aura besoin d’un ailier libéré, provocateur et décisif, pas d’un joueur encore prisonnier de son mercato. Le prochain rassemblement peut néanmoins lui servir de refuge : retrouver les Verts, de nouvelles responsabilités et l’affection du public pourrait l’aider à évacuer rapidement cet épisode.

Tout n’est d’ailleurs pas perdu. Hadj Moussa reste dans un club compétitif et va retrouver la Ligue des champions, avec un déplacement à Barcelone dès mercredi pour commencer. En Algérie, on dit : « Fi koulli ta’khira khira », dans tout retard se cache peut-être un bien. À lui de transformer ce transfert manqué en supplément de rage, sur le terrain comme en sélection.

Algérie : Hadj Moussa, le transfert raté qui peut laisser des traces

Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.