Resté sur le banc face à Aston Villa, Ayyoub Bouaddi peine encore à se faire une place à Manchester City. Interrogé sur l’absence de temps de jeu du jeune international marocain, Enzo Maresca a livré une justification pour le moins surprenante, laissant entendre que son équipe avait besoin de milieux plus techniques. Un argument qui mérite pourtant d’être nuancé.
Après avoir récemment confié son admiration pour Andrés Iniesta, dont il regardait les compilations sur YouTube durant son enfance, Bouaddi espérait certainement davantage d’occasions de s’exprimer sur les pelouses anglaises. Mais malgré son potentiel et les attentes qui entourent son arrivée chez les Citizens, le milieu de 19 ans doit encore prendre son mal en patience.
Maresca privilégie Cherki et Foden pour leur technique
Interrogé après la rencontre contre Aston Villa, le technicien italien a expliqué son choix de ne pas utiliser Bouaddi.
« Je pense que contre le PSG, c’était un peu différent. Aujourd’hui, nous avions besoin de milieux techniques, c’est pourquoi Cherki et Foden ont joué », a-t-il déclaré.
Avant de tempérer : « Mais il ne fait aucun doute que Bouaddi va nous aider. Enzo et Elliot ont tous les deux fait un très bon match. Nous avons beaucoup de rencontres à disputer et, bien sûr, Bouaddi aura du temps de jeu. »
Une explication qui interroge. Faut-il comprendre que Bouaddi est moins technique que Rayan Cherki et Phil Foden ? Tout dépend évidemment de ce que Maresca entend par ce terme.
Des statistiques qui contredisent partiellement son argument
Car si Cherki et Foden possèdent, indéniablement, davantage de qualités créatives et de déséquilibre dans les trente derniers mètres, Bouaddi présente lui aussi de solides références techniques.
Selon les statistiques de Premier League 2026-2027, le Marocain affiche 92,37 % de passes réussies, contre 90,91 % pour Cherki et 88,5 % pour Foden.
Il réussit également 1,48 dribble par 90 minutes, soit davantage que Foden (0,79), même s’il reste légèrement derrière Cherki (1,63). Quant aux ballons perdus, Bouaddi (1,48 par 90 minutes) fait mieux que Foden (2,11), mais légèrement moins bien que Cherki (1,43).
Des chiffres qui invitent à relativiser l’argument de la technique. Ils doivent néanmoins être interprétés avec prudence puisque les rôles diffèrent, Cherki et Foden évoluant généralement plus près du but adverse que Bouaddi.
Maresca faisait donc peut-être référence à leur capacité à créer des occasions et à déséquilibrer les défenses plutôt qu’à leur seule maîtrise du ballon.
Reste que sa formulation apparaît maladroite pour un joueur dont la technique constitue précisément l’une des principales qualités. À Bouaddi désormais de saisir les prochaines opportunités promises par son entraîneur pour bousculer la hiérarchie.
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