Le Cameroun tient peut-être sa nouvelle grande référence dans les cages. Héroïne de la qualification historique face au Nigeria (1-0), Michaely Bihina a livré l’une des performances individuelles les plus marquantes de cette CAN féminine 2026.
Avec 9 arrêts, une concentration totale et un sens de l’anticipation impressionnant, la gardienne de 22 ans s’est transformée en mur. Au point de provoquer des comparaisons très flatteuses au pays, avant une demi-finale désormais très attendue contre le Maroc.
Une soirée d’anthologie pour la gardienne du Cameroun féminin
Face aux décuples championnes d’Afrique, Bihina a tout repoussé ou presque.
Après l’ouverture du score camerounaise sur coup franc par Myriam Nyadjou à la 20e minute, le Nigeria a poussé pendant plus d’une heure. Mais la gardienne du Cameroun a répondu présente à chaque fois.
Décisive très tôt face à Rasheedat Ajibade, elle a ensuite multiplié les interventions sur sa ligne, notamment avant la pause puis en seconde période face aux offensives répétées des Super Falcons.
Son bilan résume l’ampleur de sa performance : 9 arrêts, plusieurs occasions franches annihilées, des sorties aériennes autoritaires et une présence constante dans sa surface.
Au coup de sifflet final, alors que l’émotion a fait couler des larmes sur son visage, ses coéquipières n’ont pas hésité à la porter en triomphe après avoir vaincu leur bête noire.
« C’est un sentiment de fierté. On a réussi à vaincre la malédiction face au Nigeria », a-t-elle expliqué après la rencontre, tout en refusant de s’attribuer seule le mérite du succès.
« Mettez-la dans les buts des Lions ! »
Au Cameroun, sa prestation a immédiatement fait exploser les réseaux sociaux.
Un supporter est même allé jusqu’à écrire : « Dites à Pagou de prendre la gardienne des Lionnes et de la mettre dans les goals des Lions. Dites-lui seulement, ne discutez pas. »
Une formule humoristique, mais révélatrice de l’impression laissée.
D’autres internautes l’ont comparée à Manuel Neuer, André Onana ou l’ont présentée comme une meilleure option que certains gardiens actuels de la sélection masculine.
Le parallèle est presque naturel dans un pays qui possède une grande tradition à ce poste. De Thomas Nkono à Joseph-Antoine Bell, Jacques Songo’o, Carlos Kameni puis André Onana, le pays d’Afrique centrale a régulièrement produit des gardiens de très haut niveau.
Et chez les femmes, Bihina est en train de bâtir sa propre histoire.
D’attaquante occasionnelle à Benfica
Son parcours est d’ailleurs assez atypique.
Née en 2003, elle débute au Cameroun avant de s’imposer avec l’Éclair FF de Sa’a. Sa polyvalence est telle qu’elle est même parfois utilisée… en attaque.
Elle rejoint ensuite le Portugal et le Racing Power, avec lequel elle obtient la montée en première division. Ses performances lui permettent de franchir plusieurs paliers, jusqu’à être désignée parmi les meilleures gardiennes du championnat portugais.
En février 2026, Benfica la recrute. Elle y découvre un environnement encore plus exigeant et ajoute rapidement des titres à son palmarès.
Son jeu repose notamment sur sa lecture des trajectoires, sa capacité à anticiper et sa sérénité sur sa ligne. Des qualités qui avaient déjà été identifiées bien avant cette CAN.
Le Maroc, nouveau test grandeur nature
Le défi qui l’attend sera pourtant totalement différent.
En demi-finale, le Cameroun affrontera le Maroc, pays hôte et l’une des sélections les plus structurées du continent. Les Lionnes de l’Atlas arrivent avec leurs propres certitudes offensives et l’avantage du public.
Bihina sera donc de nouveau mise à contribution.
Le Cameroun, repêché pour cette CAN après l’élargissement du tournoi, se retrouve désormais à deux matchs du titre et a surtout décroché son billet pour la Coupe du monde 2027.
Face au Nigeria, sa gardienne a quasiment été infranchissable. Contre le Maroc, elle devra probablement l’être encore.
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