“Je ne peux pas les frapper”, Yaya Touré perd patience après une nouvelle gifle en Ligue des Champions

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Battu 4-0 à Rome, Yaya Touré a vécu une nouvelle soirée pénible avec un Slovan encore trop limité pour la Ligue des champions.

La découverte du métier d’entraîneur au plus haut niveau ne ménage pas Yaya Touré. Quatre mois après sa nomination au Slovan Bratislava pour son premier poste de numéro un, l’ancien capitaine de la Côte d’Ivoire mesure chaque semaine la distance séparant son équipe des grandes formations européennes. Mardi, sur la pelouse de l’AS Rome, cette différence est de nouveau apparue immense.

Après avoir déjà sombré contre le PSG (1-6) et Stuttgart (0-3), le champion de Slovaquie s’est incliné 4-0 au stade Olympique. Trois matchs, trois défaites, treize buts encaissés et un seul marqué : l’apprentissage de la Ligue des champions tourne à la correction permanente pour le premier technicien africain à qualifier une équipe pour la phase principale de la compétition.

Une erreur sidérante de son capitaine

Yaya Touré n’est cependant pas aidé par les fautes individuelles de ses joueurs. Sur le troisième but romain, Tigran Barseghyan a ainsi temporisé dans sa propre surface alors qu’il disposait de plusieurs possibilités pour dégager. Trop lent pour protéger le ballon, le capitaine arménien s’est fait surprendre, permettant à Niccolò Pisilli de conclure à bout portant.

Visiblement excédé, le technicien ivoirien a remplacé Barseghyan trois minutes plus tard. Le quatrième but a encore illustré les limites du Slovan : Wesley a débordé beaucoup trop facilement César Blackman, contraint de provoquer le penalty transformé par Donyell Malen. Au total, les Slovaques n’ont cadré aucun tir et n’ont jamais semblé capables de revenir dans la rencontre.

« Nous avons été passifs. À ce niveau, ce genre d’erreurs coûte très cher », a regretté Touré. Le champion d’Afrique 2015 a également pointé un manque plus profond : « Nous ne sommes pas unis. Nous ne restons pas concentrés pendant 90 minutes. Nous devons combattre et nous aider davantage. »

« Donnez-moi du temps »

Questionné sur les moyens dont il dispose pour provoquer une réaction, l’ancien milieu de Manchester City a fini par laisser éclater sa frustration : « Je ne peux pas les saisir, les secouer, les frapper ou leur donner des coups de pied. »

Une déclaration forte, tempérée par un appel à la patience. Touré, qui avait patiemment préparé sa reconversion sur les bancs de plusieurs clubs et sélections, a rappelé qu’il n’était en poste que depuis quatre mois et que la Roma disposait de moyens sans commune mesure avec ceux du Slovan. « Donnez-moi du temps et vous verrez », a-t-il demandé, tout en reconnaissant que l’écart entre les deux équipes était « énorme ».

Le Slovan n’a évidemment pas été construit pour rivaliser immédiatement avec Paris ou la Roma. Mais la facilité avec laquelle il offre des buts commence à devenir préoccupante. Pour Yaya Touré, l’enjeu sera désormais de transformer ces humiliations en expérience sans perdre son vestiaire. Son prochain déplacement européen, le 3 novembre contre le LASK, dira si ses joueurs ont entendu son message. Surtout que l’adversaire sera cette fois-ci beaucoup plus abordable. A priori.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.