Maroc : le grand saut d’Ali Maamar était-il prématuré ?

Publié le par

Promu en sélection A du Maroc après son sacre mondial avec les U20, Ali Maamar a montré des promesses, mais pas de quoi bouleverser la hiérarchie.

Mohamed Ouahbi connaît parfaitement Ali Maamar. Il l’a dirigé chez les moins de 20 ans, dont il avait fait l’un des cadres de la sélection marocaine championne du monde de la catégorie en 2025. Sa promotion chez les A n’a donc rien d’un pari improvisé. Profitant de la suspension d’Achraf Hakimi, le latéral droit d’Anderlecht a été titularisé contre le Gabon (2-0), puis reconduit lors de l’amical face au Mali (1-1).

Cette confiance confirme une progression déjà amorcée avant l’arrivée d’Ouahbi. Maamar avait notamment été intégré autour du groupe des A avant le Mondial 2026, après avoir commencé à se faire une place en club.

Maamar a montré ses limites face au Mali

Sa première titularisation contre le Gabon avait été jugée correcte (2-0). Sérieux défensivement, appliqué et généreux, Maamar n’avait pas semblé dépassé, il s’était même libéré au fil du match. Le test malien s’est révélé plus exigeant.

Le joueur de 21 ans a multiplié les courses et proposé des solutions sur son côté, mais son influence offensive est restée limitée. Ses projections ont également laissé davantage d’espaces dans son dos face à un adversaire beaucoup plus dangereux en transition.

Ces difficultés ne remettent pas en cause la logique de sa promotion. Maamar joue régulièrement avec Anderlecht, possède déjà une vraie expérience du haut niveau belge et a traversé une Coupe du monde U20 particulièrement exigeante. Mais briller chez les jeunes et s’imposer dans une sélection désormais installée parmi les meilleures du monde sont deux missions très différentes, tant sur le plan du rythme que de la puissance ou de l’exigence tactique.

Derrière Hakimi, l’embouteillage demeure

Le principal problème pour Maamar vient surtout de la densité de la concurrence. Hakimi reste évidemment le titulaire lorsqu’il est disponible, Noussair Mazraoui peut évoluer à droite, Zakaria El Ouahdi a déjà intégré la rotation et Omar El Hilali continue lui aussi de réclamer davantage d’opportunités. La concurrence ne s’arrête d’ailleurs pas à Mazraoui, El Ouahdi ou El Hilali : Adam Bakoune a lui aussi récemment rejoint les rangs marocains, ce qui densifie encore un poste déjà très fourni..

Dans ce contexte, être simplement propre ne suffira pas à Maamar. Pour conserver une place lors des prochains rassemblements, il devra apporter davantage dans les trente derniers mètres tout en contrôlant mieux les espaces laissés derrière lui.

En lui donnant immédiatement des responsabilités, Ouahbi a choisi d’accélérer son apprentissage. Le potentiel est évident, mais deux titularisations ne suffisent pas encore à faire de Maamar la doublure officielle d’Hakimi. Sa place dépendra désormais de ses performances avec Anderlecht, du retour du capitaine et surtout d’une concurrence qui reste l’une des plus fortes de l’effectif marocain.

Maroc : le grand saut d’Ali Maamar était-il prématuré ?

Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.