Passage de 16 à 20 clubs en Botola : le Maroc renonce à sa révolution… pour l’instant

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Avant la reprise de la nouvelle saison, le football marocain s’est divisé au cours des derniers jours sur le projet du passage de 16 à 20 clubs dès cette saison en Botola Pro, qui aurait conduit à rejoindre l’Egypte parmi les rares championnats majeurs du continent africain comptant plus de 16 équipes.

Après plusieurs jours de débats enflammés, la Ligue nationale de football professionnel marocaine (LNFP) a annoncé le fin mot de l’histoire jeudi soir à travers un communiqué : « Les compétitions de la Botola Pro pour la saison sportive 2026-2027 se dérouleront selon la formule actuellement en vigueur, avec la participation de 16 clubs en première division et 16 clubs en deuxième division. » De quoi mettre fin aux débats pour l’instant.

Désaccords au sommet lors de la réunion de la LNFP

Le projet d’élargissement de la Botola Pro à 20 clubs se trouvait au cœur des discussions du football marocain depuis plusieurs semaines. Défendue par plusieurs présidents et entraîneurs, puis soutenue publiquement par l’Union marocaine des footballeurs professionnels (UMFP), la réforme a été examinée lundi par la LNFP.

C’est toutefois le vote des clubs qui a bloqué la progression du dossier. Lors de la réunion, 17 clubs ont voté en faveur du passage à vingt équipes, tandis que 7 s’y sont opposés et 3 se sont abstenus. Malgré une majorité favorable, le projet n’a pas obtenu l’unanimité qui était nécessaire pour permettre à la LNFP de le transmettre au Comité directeur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Le projet n’a pas suscité l’adhésion des cadors : le FUS Rabat et le Raja Casablanca ont voté contre, tandis que le Wydad Casablanca et le Maghreb de Fès, champion en titre, se sont abstenus, la Renaissance Berkane ne prenant pas part à la réunion de son côté.

Plus d’inconvénients que d’avantages avec une Botola à 20 clubs ?

L’idée d’une Botola à 20 équipes repose sur plusieurs arguments. L’augmentation du nombre de clubs permettrait d’élargir le nombre de joueurs professionnels, de multiplier les opportunités d’emploi et d’augmenter le nombre de rencontres disputées chaque saison. L’UMFP évoque également les retombées potentielles sur l’affluence dans les stades et l’activité économique dans les différentes villes représentées en championnat.

Sur le plan sportif, le changement modifierait toutefois sensiblement le calendrier. Avec 16 équipes, la Botola compte 30 journées et 240 rencontres sur une saison. À 20 clubs, elle passerait à 38 journées et 380 matchs, soit 140 rencontres supplémentaires. Un véritable défi. Peut-être trop ambitieux.

Aujourd’hui, avec 16 équipes et 30 journées, notre calendrier se dérègle dès que plusieurs clubs avancent en compétitions africaines. Il faut composer avec les dates FIFA, les sélections nationales, les matchs reportés et cette Coupe du Trône que l’on peine régulièrement à loger dans une saison normale“, mettait récemment en garde un article du média Le360.

RS Berkane, équipe 2025-26
© Iconsport

La question du financement constitue un autre point central. Plusieurs clubs professionnels marocains connaissent régulièrement des difficultés de trésorerie, avec des litiges contractuels, des salaires ou primes en retard et, dans certains cas, des interdictions de recrutement. Une saison plus longue entraînerait mécaniquement davantage de déplacements, d’hébergement, de primes, de frais d’organisation et potentiellement des besoins supplémentaires en effectif.

L’élargissement modifierait également la répartition des ressources. Une partie des clubs dépend encore fortement des droits audiovisuels, des aides fédérales et des subventions. À enveloppe constante, ces ressources seraient réparties entre vingt clubs au lieu de seize. Pour que la réforme soit accompagnée d’un gain économique pour les clubs, elle nécessiterait donc soit une augmentation des revenus du championnat, soit une nouvelle répartition des ressources. Ce point peut expliquer l’opposition des gros clubs à ce projet, qui les obligerait à partager le “gâteau” avec 4 équipes supplémentaires et réduirait donc leurs revenues.

Les infrastructures représentent une autre contrainte. Le Maroc poursuit actuellement d’importants travaux de construction et de rénovation de stades dans la perspective de la Coupe du monde 2030. Ces chantiers peuvent entraîner des changements de domiciliation pour certains clubs et compliquer davantage la programmation des rencontres.

Un problème à surmonter avec le réglement de la FRMF

Au-delà de ces aspects économiques et organisationnels, le débat portait aussi sur la procédure à suivre. Le règlement des compétitions de la FRMF fixe actuellement à 16 le nombre maximal de clubs en Botola Pro D1 et D2. La LNFP peut porter un projet de réforme, mais elle ne dispose pas seule du pouvoir de modifier cette disposition. Le Comité directeur de la FRMF doit intervenir pour adapter le règlement des compétitions.

Une éventuelle modification des statuts fédéraux pourrait également être nécessaire. Ceux-ci font actuellement référence aux seize clubs de première division dans les dispositions relatives à la représentation à l’Assemblée Générale de la FRMF. Toute modification des statuts relève de l’Assemblée Générale et nécessite une majorité des deux tiers, avant ratification par les instances compétentes de la FIFA.

Le dossier ne pouvait donc pas, à ce stade, suivre normalement son parcours institutionnel. Face à autant de difficultés, la LNFP a préféré le ranger dans ses tiroirs. Même s’il ne serait pas étonnant qu’il ressorte dans quelques mois !

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Auguste Blanchet

Persuadé qu'Hakim Ziyech et Youcef Belaïli sont des génies incompris, les épopées du Sénégal en 2002 et du Ghana en 2010 m'ont fait vibrer pendant ma jeunesse. Aujourd'hui, mon plaisir est de vous partager ma passion du football africain.