Fraîchement couronné avec les U21, Brahim Hemdani devrait prendre les commandes des Verts. Cette promotion comme sélectionneur de l’Algérie suscite déjà plusieurs réserves.
La presse algérienne l’annonce comme le choix de la Fédération : Brahim Hemdani devrait former avec Anthar Yahia le tandem chargé de diriger l’Algérie contre la Zambie et le Burundi, les 25 et 29 septembre, lors des deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2027.
Titulaire de l’UEFA Pro, l’ancien milieu de terrain occuperait officiellement la fonction de sélectionneur principal, tandis que Yahia, encore engagé dans l’obtention de sa licence CAF A, tiendrait un rôle majeur à ses côtés. Leur mission pourrait d’abord prendre la forme d’un intérim, les premiers résultats devant déterminer si la FAF maintient cette solution ou se tourne ensuite vers un technicien plus renommé.
Le CV de Brahim Hemdani pose question
Le moment choisi pour promouvoir Hemdani s’explique facilement. Quelques jours seulement après avoir offert à l’Algérie sa première médaille d’or aux Jeux méditerranéens depuis 51 ans, le technicien de 48 ans bénéficie d’une cote considérablement renforcée. Sa gestion du tournoi et la progression de son équipe plaident en sa faveur.
Mais cet exploit suffit-il à lui ouvrir immédiatement les portes de la sélection A ? Son expérience comme entraîneur principal se résume essentiellement à son passage à Marignane-Gignac, dans les divisions inférieures françaises, avec notamment une montée en National. Prendre en charge une sélection de la dimension de l’Algérie, avec ses internationaux évoluant dans les grands championnats et son immense pression populaire, représente un changement d’échelle brutal.
Son passé avec les Verts alimente également le débat. Hemdani avait attendu 2008 et l’âge de 30 ans pour accepter de porter le maillot algérien, terminant sa carrière internationale avec seulement quatre sélections. Samir Nasri a récemment raconté que son ancien coéquipier marseillais lui avait décrit de manière très critique la situation de la sélection lorsqu’il l’avait interrogé sur son absence. Hemdani a contesté cette présentation tout en reconnaissant avoir choisi de venir tardivement et ne nourrir aucun regret. Chacun pourra apprécier ses explications, mais une partie du public algérien conserve une mémoire particulièrement vive de ces joueurs ayant différé ou décliné l’appel du pays. Au premier résultat négatif, cet épisode risque inévitablement de refaire surface.
𝗕𝗥𝗔𝗛𝗜𝗠 𝗛𝗘𝗠𝗗𝗔𝗡𝗜 𝗗𝗘𝗩𝗥𝗔𝗜𝗧 𝗘̂𝗧𝗥𝗘 𝗧𝗘𝗦𝗧𝗘́ 𝗔𝗨 𝗣𝗢𝗦𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗦𝗘́𝗟𝗘𝗖𝗧𝗜𝗢𝗡𝗡𝗘𝗨𝗥 𝗘𝗡 𝗦𝗘𝗣𝗧𝗘𝗠𝗕𝗥𝗘 ! 🔍👔
— ⭐️ Squadra Khadra 🇩🇿 (@Squadra213) September 1, 2026
La FAF apprécie fortement ce dernier, notamment grâce à ses récents résultats avec l’équipe nationale U21, ce qui aurait motivé cette… https://t.co/9OU6lnApnN pic.twitter.com/bZp5fWm5QS
Brahim Hemdani face à un calendrier intenable
La principale interrogation concerne toutefois les U20, dont Hemdani est toujours officiellement responsable. Son travail vient à peine de commencer, avec déjà une échéance de poids à l’horizon : le tournoi de l’UNAF, qualificatif pour la CAN U20, organisé en Égypte du 24 septembre au 6 octobre. L’Algérie affrontera la Tunisie le 24, la Libye le 27, le Maroc le 30 puis l’Égypte le 6 octobre.
Dans le même temps, les A recevront la Zambie avant de se déplacer au Burundi. Ce chevauchement avait déjà été identifié comme le principal obstacle à un intérim de Hemdani. Les deux calendriers se superposent totalement. À moins de confier les jeunes à un autre technicien, Hemdani ne pourra donc pas poursuivre le projet qu’il vient de lancer. Déstabiliser une équipe prometteuse pour un intérim potentiellement limité à deux rencontres apparaît pour le moins discutable.
HEMDANI, PAS ENCORE NOMMÉ ! 🇩🇿
— F.M.Y (@Mohamedyou85246) September 1, 2026
📌 Le président de la FAF n’a toujours pas rencontré brahim Hemdani ni discuté avec lui du poste de sélectionneur.
📌 La FAF apprécie fortement son profil.
📌 Le stage de septembre sera un test avant la décision finale.
🗞️| Samir kaabouche pic.twitter.com/Vwa6mOueVH
Ces réserves ne constituent pas une condamnation. Hemdani connaît la maison, possède le diplôme requis et vient de démontrer sa capacité à fédérer un groupe dans une compétition internationale. Plusieurs entraîneurs ont d’ailleurs réussi au plus haut niveau sans présenter initialement un immense pedigree.
Mais le contexte algérien pardonne rarement les périodes d’apprentissage. Ses premiers matchs à la tête des Verts diront s’il mérite ce banc plus que son passage à Marignane-Gignac ne le laisse penser aujourd’hui. Dans un pays qui compte symboliquement des millions de sélectionneurs, très peu de techniciens font l’unanimité dès leur nomination. Hemdani part simplement avec davantage de questions à dissiper que d’autres.
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