Battu par la France (1-3) puis par la Norvège (2-3), le Sénégal conserve une petite chance de se qualifier pour les 16e de finale de la Coupe du monde 2026, avant d’affronter l’Irak vendredi. Mais outre des résultats décevants, il est aussi question de nombreux dysfonctionnements dans la Tanière. Ferdinand Coly, l’ancien défenseur des Lions, livre son avis à Afrik-Foot.
Il y a ceux qui ont perdu leurs deux premiers matches et sont déjà éliminés de la Coupe du monde 2026, comme la Turquie, Haïti, la Jordanie ou la Tunisie, et les autres, présentant le même bilan comptable, mais qui peuvent encore espérer figurer parmi les huit meilleurs troisièmes.
Le Sénégal et l’Irak, son adversaire lors de la troisième journée, vendredi à Toronto, sont dans ce cas. Les Lions de la Téranga, avec une différence de buts moins mauvaise que celle des Lions de Mésopotamie (- 3 contre – 6) sont un peu mieux lotis, mais s’ils veulent étirer leur séjour Outre-Atlantique, ils devront évidemment s’imposer, mais également compter sur d’autres résultats favorables.
Le classement des meilleurs troisièmes du Mondial
Découvrez le classement des meilleurs troisièmes du Mondial actualisé en temps réel.
“Ce n’est pas normal que les joueurs soient obligés d’acheter de la nourriture à l’extérieur“
Le match face à la Norvège avait été précédé par de nombreuses révélations faites par nos confrères de Sport News Africa sur le climat régnant autour et dans la Tanière (primes non payées, sélectionneur sans contrat et sans salaire, conditions d’hébergement, nourriture et train de vie de certains membres de la fédération). Des révélations qui ont fait bondir Ferdinand Coly.
« Quand on s’apprête à disputer une Coupe du monde, on met la sélection dans les meilleures dispositions, afin que les joueurs et le staff technique ne soient concentrés que sur une chose, le terrain. Tout ce qui a été écrit est vrai. Ce n’est pas normal que les joueurs soient obligés d’acheter de la nourriture à l’extérieur car celle qui est proposée n’est pas adaptée », déplore le Mondialiste 2002 pour Afrik-Foot.
“Ça me fait de la peine pour Kalidou Koulibaly, il a beaucoup fait pour la sélection”
Outre ces problèmes dont la liste pourrait être allongée, le Sénégal est également confronté à la réalité du terrain. Face à la France, les Lions avaient très largement soutenu la comparaison pendant quarante-cinq minutes avant le dénouement que l’on sait. Contre les Norvégiens, les erreurs et les approximations ont précipité leur échec.
« Avant le match, j’ai entendu certains commentaires sur la Norvège présentée comme une sélection moyenne. Mais on parle d’une équipe qui compte de très bons joueurs comme Haaland, Sorloth, Odegaard et d’autres, qui évoluent en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Italie, qui a étrillé deux fois l’Italie en qualifications (3-0, 4-1). »
Il fallait en effet avoir une connaissance très approximative du football international pour considérer les Scandinaves comme des adversaires largement à la portée des Lions. Et si on ne peut pas soupçonner Pape Thiaw et ses joueurs d’avoir sous-estimé les Norvégiens, les faits sont là : le Sénégal a encore encaissé trois buts, a accumulé les erreurs et a compromis son avenir en Coupe du monde. Il a en plus perdu sur blessure son gardien Edouard Mendy.
Le capitaine Kalidou Koulibaly, déjà en difficulté face aux Bleus, s’est retrouvé impliqué sur les trois buts des Vikings. « Cela me fait de la peine, car c’est un très bon joueur, qui a beaucoup fait pour la sélection. Koulibaly s’était blessé avec son club saoudien (Al-Hilal) début avril, et avant de jouer contre la France, il n’avait passé que huit minutes sur le terrain en amical contre l’Arabie Saoudite (0-0, le 10 juin). C’est logique qu’il soit en manque de compétition, et quand vous avez en face de vous Mbappé, Dembélé, Haaland ou Sorloth, ça ne pardonne pas », poursuit Coly.
:quality(65)/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FFerdinand-Coly-3.jpg)
“C’est bien d’avoir de l’ambition, mais il faut aussi être humble, discret“, plaide Coly
Le capitaine sénégalais a reconnu avoir pénalisé son équipe, alors que Pape Thiaw, sous le feu des critiques, dit « assumer ses choix. » Ferdinand Coly suppose que le onze face aux irakiens sera différent que celui aligné face à la Norvège. « Il y a des joueurs qui méritent peut-être qu’on leur donne vraiment leur chance, comme Iliman Ndiaye ou Habib Diarra. Le coach assume ses choix, il a raison de le dire, mais contre l’Irak, il va falloir adopter une autre attitude, une autre mentalité, avec de vrais guerriers, car les Irakiens ont de la qualité et ne vont pas se laisser faire, car ils ont aussi une chance de se qualifier. Et aussi faire preuve d’humilité. » L’ancien défenseur des Lions fait référence à quelques propos entendus avant la Coupe du Monde, résolument optimistes, et qui semblent beaucoup moins d’actualité depuis quelques jours.
« On entendait parler de quarts de finale, de demi-finale, de ramener la Coupe à la maison… C’est bien d’avoir de l’ambition, mais il faut aussi être humble, discret, d’abord passer le premier tour, et ensuite voir », ajoute Coly. « Je pense que le Sénégal peut battre l’Irak. Qu’avec un peu de chance… Mais il faudra en faire davantage, aller au combat. » Et accessoirement que certains cadres soient plus influents, Sadio Mané en tête. « Il y a moins de Sadio-dépendance, mais il reste un joueur très important. Or, depuis le début de la Coupe du monde, il est un peu à l’image de l’équipe, son influence dans le jeu est assez limitée. J’espère que vendredi, tous ceux qui seront sur le terrain seront ultra motivés, car ce sera un match très difficile… »
:quality(65)/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FSenegal-coupe-du-monde.jpg)