Sénégal : les coulisses derrière la retraite internationale prématurée d’Ismail Jakobs

Publié le par

C’était donc vrai ! Annoncée dès septembre, puis démentie par Patrick Vieira, la retraite internationale d’Ismail Jakobs a finalement été officialisée mercredi par le principal intéressé. À seulement 27 ans, le latéral gauche de Galatasaray tourne la page du Sénégal après quatre années sous le maillot des Lions de la Teranga. Mais derrière un communiqué très conventionnel, qu’est-ce qui a poussé le joueur à quitter la tanière aussi tôt ?

« Je suis arrivé en sélection nationale en tant que jeune garçon, et je la quitte en tant qu’homme », a écrit le natif de Cologne sur ses réseaux sociaux. Jakobs explique vouloir désormais se consacrer davantage à sa carrière en club et à sa famille. Une justification classique, mais qui ne dissipe pas les questions entourant un départ aussi précoce, dans un contexte déjà mouvementé pour la sélection sénégalaise.

De la révélation de Fatima Sylla au démenti de Vieira

Pour comprendre cette décision, il faut remonter au 18 septembre. La journaliste sénégalaise Fatima Sylla annonçait alors qu’Ismail Jakobs avait décidé de prendre sa retraite internationale. Une information alors accueillie avec scepticisme, d’autant que le défenseur, qui n’a que 27 ans, ne s’était pas exprimé sur le sujet et ne semblait pas, d’un point de vue extérieur, rencontrer de problèmes particuliers au sein de la tanière.

Absent de la première liste de Patrick Vieira, le joueur avait ensuite vu son cas commenté par le nouveau sélectionneur, qui avait écarté l’hypothèse d’une rupture.

Le 15 octobre, dans un entretien à la RTS, ce dernier se montrait même rassurant après un échange téléphonique avec Jakobs. Évoquant des problèmes personnels et une communication imparfaite, le technicien expliquait avoir convenu avec lui de le laisser à la disposition de Galatasaray.

« Il ne devrait pas y avoir de souci de ce côté-là pour le prochain rassemblement en novembre », assurait-il.

Mais deux semaines plus tard, Jakobs annonce pourtant sa retraite. Un petit camouflet pour Vieira, qui envisageait publiquement son retour et n’aura finalement dirigé aucun match du latéral gauche.

Ce décalage rappelle, dans une certaine mesure, le récent feuilleton marocain entre Mohamed Ouahbi et Sofyan Amrabat : un sélectionneur se voulant rassurant avant qu’un joueur ne rende publique une décision allant dans le sens contraire.

Un départ à la Joel Matip pour Jakobs ?

En quatre ans, Jakobs aura disputé 33 rencontres internationales, deux Coupes du monde et deux CAN. Un parcours international relativement court, mais particulièrement dense pour l’ancien Monégasque, régulièrement titulaire dans le couloir gauche.

Son statut s’était toutefois progressivement fragilisé. Entre des prestations parfois irrégulières et l’émergence d’El Hadji Malick Diouf, le joueur de Galatasaray faisait face à une concurrence grandissante. De quoi rendre son avenir sportif moins évident qu’auparavant.

Surtout, sa décision intervient également quelques mois après une Coupe du monde 2026 particulièrement difficile en coulisses pour le Sénégal, marquée par des problèmes d’organisation, des tensions internes et le départ de Pape Thiaw sur fond de tensions avec la Fédération.

Suite à ces couacs répétés, le natif de Cologne aurait-il donc fait une “Joel Matip ?” 

Le cas de Jakobs peut rappeler, à plusieurs égards, celui du défenseur camerounais, qui avait lui aussi tourné le dos prématurément aux Lions Indomptables en 2015, à 24 ans, après un Mondial 2014 marqué par de nombreux dysfonctionnements internes. Comme Matip, Jakobs est né et a grandi en Allemagne, pays réputé pour sa rigueur dans l’organisation, avant de choisir de défendre les couleurs du pays de ses origines.

Habitué aux standards du football allemand, aurait-il été particulièrement affecté par les couacs successifs rencontrés avec la sélection sénégalaise durant le Mondial ? La question mérite d’être posée, sans préjuger de ses motivations réelles.

À 27 ans, Jakobs aurait théoriquement pu disputer encore plusieurs grandes compétitions avec le Sénégal. Son choix de privilégier “son club et sa famille” lui appartient pleinement. Reste à savoir si cette explication raconte toute l’histoire d’une séparation que personne, du moins officiellement, ne semblait voir venir….

Sénégal : les coulisses derrière la retraite internationale prématurée d’Ismail Jakobs

Louis Mukoma Fargues