Drôle de période pour le Sénégal. Vainqueur de la CAN sur le terrain, puis engagé dans un bras de fer avec la CAF devant le TAS, la Fédération sénégalaise doit désormais gérer une crise… interne. En cause : la gestion des primes de la CAN, qui divise profondément ses dirigeants. De sacrées montagnes russes à moins de deux mois du Mondial.
L’image d’unité affichée ces derniers mois est en train de battre de l’aile. La FSF traverse aujourd’hui une zone de fortes turbulences, marquée par une fronde ouverte de seize membres du Comité exécutif contre leur président, Abdoulaye Fall. La principale raison ? La distribution des primes liées à la CAN 2025, jugée opaque et inéquitable par les contestataires.
Selon diverses sources, des bonus avoisinant les 13 millions de francs CFA (environ 20 000 euros) auraient été versés à certains dirigeants sans validation collective préalable. Une décision d’autant plus critiquée que certains bénéficiaires ne figureraient pas dans la délégation officielle lors de la compétition. À l’inverse, des figures reconnues du football sénégalais auraient été écartées, nourrissant un sentiment d’injustice.
Un conflit d’interprétation des règles
La direction, elle, s’appuie sur un manuel de procédures interne qui encadre strictement la répartition des primes. Ce document distingue clairement la délégation officielle (joueurs, staff et représentants institutionnels) des membres du Comité exécutif, qui bénéficient d’indemnités journalières ainsi que d’une prise en charge complète pendant la compétition.
Le Comité exécutif (Comex) de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) est secoué par une crise liée à la répartition de la prime de performance de la CAN 2025, où cinq dirigeants auraient perçu au moins 60 millions FCFA chacun. Selon le quotidien L’Observateur, dans son… pic.twitter.com/weOM6pX3qs
— DiodioGlow.com (@OneGoalOneAim) April 21, 2026
Dans cette logique, aucune validation spécifique du comité n’est nécessaire pour l’attribution des primes sportives. Mais cette lecture est contestée par les frondeurs, qui estiment que la gestion actuelle manque de transparence et d’équité.
Les 50 millions qui enflamment la situation
Au-delà des primes liées à la CAN, le véritable point de rupture concerne les gratifications exceptionnelles accordées par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Estimées à 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros), ces primes ajoutent aux tensions.
Les seize membres contestataires réclament leur part, estimant être injustement exclus. Face au refus d’Abdoulaye Fall, qui les a renvoyés vers le secrétariat général, ils ont décidé de médiatiser l’affaire.
Ce qui n’était au départ qu’un différend administratif s’est donc transformé en crise ouverte.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F02%2FIdrissa-Gana-Gueye-Senegal.jpg)