UNAF U20 : suspecté d’avoir favorisé l’Algérie, l’arbitre Mohamed Refik Ouina au centre d’une énorme polémique

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Accusé d’avoir avantagé l’Algérie face à la Libye, Mohamed Rafik Aouina avait pourtant pris la bonne décision.

La scène avait tout pour provoquer l’incompréhension. Dans les dernières secondes de Tunisie-Libye (1-1), au tournoi UNAF U20 qualificatif à la CAN 2027, les Libyens ont récupéré le ballon alors que le gardien tunisien Slim Bouasker était monté disputer un corner. Un attaquant semblait pouvoir partir vers une cage totalement vide, avec encore un défenseur devant lui. L’assistant a pourtant levé son drapeau.

L’arbitre central algérien Mohamed Rafik Aouina a immédiatement entériné la décision. Plusieurs joueurs et membres du staff libyen, persuadés d’avoir été privés d’une occasion immense d’arracher la victoire, ont alors entouré l’assistant dans une fin de match particulièrement tendue.

Pourquoi le hors-jeu était bien valable

L’image est trompeuse parce que le gardien se trouvait exceptionnellement à l’autre bout du terrain. La loi 11 de l’IFAB ne prend pourtant pas le gardien comme référence, mais l’« avant-dernier adversaire ». Dans une situation classique, le portier fait partie des deux joueurs les plus proches de leur propre ligne de but, ce qui explique pourquoi la ligne de hors-jeu semble généralement être déterminée par le dernier défenseur de champ.

Ici, tout était inversé. Bouasker étant monté sur le corner, le défenseur tunisien resté près de sa cage était devenu le dernier adversaire, et non l’avant-dernier. Au moment de la passe, l’attaquant libyen se trouvait à la fois plus près de la ligne de but que le ballon et que l’avant-dernier adversaire tunisien. Il était donc bien hors-jeu.

La Libye n’a d’ailleurs pas vu un but lui être annulé : le coup de sifflet est intervenu avant la frappe et a simplement interrompu la contre-attaque.

L’Algérie n’y gagnait rien

La présence d’un arbitre central algérien, dans un tournoi qualificatif particulièrement serré, a inévitablement nourri les commentaires après la rencontre. Mais le soupçon résiste difficilement à l’analyse de l’action comme à celle du classement.

L’Algérie avait déjà vu sa situation se compliquer après sa défaite 3-1 contre le Maroc, tandis que les Lionceaux de l’Atlas ont depuis assuré leur qualification pour la CAN U20. Avec quatre points, les jeunes Fennecs restent derrière l’Égypte, qui en compte six. Leur équation avant le duel de mardi est donc simple : ils doivent battre les Pharaons pour décrocher le deuxième billet. Même une victoire libyenne contre la Tunisie n’aurait donc pas changé cette obligation.

Il reste donc regrettable de voir un corps arbitral pris à partie sur la base d’une décision valable et sans bénéfice particulier pour son pays. L’assistant à l’origine du signalement ne deviendra probablement pas aussi célèbre que Tofiq Bahramov, l’arbitre de touche soviétique originaire d’Azerbaïdjan associé au but controversé de l’Angleterre en finale du Mondial 1966. Mais, au regard de l’écho rencontré par cette action, il vient peut-être de vivre son petit moment « Bahramov », avec, cette fois, une décision que les images et le règlement semblent valider.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.