Algérie : 30 ans de prison cumulés requis contre les 3 ex-présidents de la FAF !

Publié le par

Le procès des anciens dirigeants de la Fédération algérienne de football (FAF) prend une tournure particulièrement lourde. Jeudi, au terme d’une nouvelle journée d’audience devant le tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, le parquet a requis de sévères peines de prison contre plusieurs ex-responsables de l’instance. Parmi eux, trois anciens présidents de la FAF, qui risquent chacun dix années d’emprisonnement dans une affaire portant sur la gestion financière de la Fédération.

Le football algérien se retrouve une nouvelle fois au cœur de l’actualité judiciaire. Jeudi 15 octobre, le procès de 19 personnes poursuivies dans une affaire de présumées irrégularités financières au sein de la FAF s’est poursuivi devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’Hamed. Après trois journées de débats consacrées notamment à l’examen de contrats commerciaux, de dépenses et de décisions administratives, le ministère public a présenté ses réquisitions.

Dix ans de prison requis contre Zetchi, Amara et Zefizef

Selon Algérie 360°, le procureur de la République a requis dix ans de prison ferme contre trois anciens présidents de la FAF : Kheïreddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef. Une peine identique a été demandée contre trois autres anciens responsables administratifs de la Fédération, dont deux ex-secrétaires généraux.

Au total, les réquisitions visant les trois anciens patrons du football algérien représentent donc 30 années d’emprisonnement cumulées.

Le parquet a également demandé des peines de sept ans de prison contre plusieurs autres prévenus, notamment un ancien manager de l’équipe nationale. Quant aux anciens membres du bureau fédéral concernés par la procédure, ils encourent, selon les réquisitions, entre cinq et sept ans de détention.

Des amendes ont également été sollicitées, tandis que l’agent judiciaire du Trésor public, constitué partie civile, réclame 900 millions de dinars algériens (près de 6 millions d’euros), au titre du préjudice allégué.

Ces réquisitions interviennent dans le cadre d’une procédure judiciaire portant sur la gestion de la FAF sous plusieurs présidences successives. Elles ne constituent toutefois pas un jugement : les personnes poursuivies demeurent présumées innocentes.

Contrats Adidas, voyages et dépenses : Zetchi se défend

Au cours de cette troisième journée d’audience, Kheïreddine Zetchi a notamment été interrogé sur plusieurs contrats conclus pendant son mandat, dont ceux avec l’équipementier Adidas et l’agence tunisienne Concorde Voyages.

L’ancien président a défendu les procédures administratives en vigueur à la Fédération, affirmant que les décisions financières ne reposaient pas sur sa seule signature.

« Nous avions 120 employés à la Fédération. Avant ma signature, il y a toute une procédure », a-t-il expliqué devant le tribunal.

Interrogé sur le choix de Concorde Voyages sans appel d’offres, Zetchi a également justifié cette décision par l’absence, selon lui, d’une offre équivalente en Algérie. « Faire un appel d’offres à qui ? Cette prestation n’existe pas en Algérie », a-t-il répondu.

Concernant Adidas, il a précisé que le partenariat reposait sur la fourniture d’équipements aux sélections nationales, et non sur un versement financier direct.

Les débats ont également porté sur certaines dépenses engagées durant la pandémie de Covid-19, la location d’un appartement ainsi que la rémunération d’Amine Labdi, ancien manager de l’équipe nationale.

Algérie : 30 ans de prison cumulés requis contre les 3 ex-présidents de la FAF !

Louis Mukoma Fargues