Algérie : après avoir triomphé aux Jeux méditerranéens, ces trois joueurs peuvent rêver de la sélection A

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Après un sacre aux Jeux méditerranéen attendu pendant 51 ans, trois jeunes Algériens peuvent désormais envisager une future promotion en sélection A.

Cinquante et un ans après le titre conquis à Alger en 1975, l’Algérie a retrouvé l’or méditerranéen en dominant la Tunisie en finale à Tarente (2-0). Ce sacre récompense un collectif dirigé par Brahim Hemdani, dans lequel Mohamed Faïz Belgourari, Lahlou Akhrib, Mohamed Bouderbala, le gardien Mohamed El Koubi ou encore Walid Kourdi ont tous brillé.

Trois joueurs ont néanmoins davantage marqué les esprits. Par leur rendement, leur potentiel et les besoins actuels des Verts, Ben Ahmed Kohili, Salah Eddine Bouziani et Issam Abdelhamid Naim peuvent désormais regarder vers la sélection A, même si cette promotion réclamera encore du temps.

Kohili et Bouziani, deux talents formés au Paradou

Ben Ahmed Kohili est évidemment le premier nom qui vient à l’esprit. Meilleur buteur du tournoi avec cinq réalisations et une passe décisive, l’attaquant de 20 ans a surtout répondu présent lorsque la pression est devenue maximale : buteur contre le Maroc en demi-finale, il a signé ensuite un doublé face à la Tunisie, dont une frappe lointaine après seulement quelques secondes.

Fraîchement transféré du Paradou au MC Alger, Kohili possède une vraie qualité de percussion, aime provoquer son défenseur et dispose d’une frappe remarquable. Certains voient déjà en lui un nouveau Youcef Belaïli. La comparaison reste prématurée et le jeune homme devra canaliser son goût pour la provocation, tout en progressant dans la puissance et la vitesse. La concurrence est forte devant chez les A, mais son audace et sa marge de progression en font un candidat à surveiller.

Sans exploser les statistiques, Salah Eddine Bouziani a pesé sur chaque match par sa régularité. Positionné dans l’entrejeu, le nouveau joueur de l’USM Alger a donné du rythme et de la cohérence au jeu algérien. Toujours disponible, calme sous pression et rarement attiré par la solution compliquée, il a su distribuer proprement le ballon tout en accompagnant les actions.

Véritable relais de Hemdani sur la pelouse, le milieu de 20 ans s’est rendu presque indispensable. Son arrivée à l’USMA, après sa formation et ses débuts au Paradou, doit désormais lui permettre de franchir un palier au contact d’une plus grande pression populaire et d’ambitions continentales. L’équipe A dispose de nombreuses options au milieu, mais les profils capables d’organiser sans ralentir le jeu restent précieux. Bouziani possède cette intelligence et peut se rapprocher des Verts s’il confirme en club.

Issam Naim, une brèche ouverte en défense

Issam Abdelhamid Naim est probablement celui auquel la conjoncture ouvre la perspective la plus directe. Capitaine à Tarente, le défenseur central a imposé son assurance et son leadership aux côtés de Daniel Mehdid. À 20 ans, l’ancien joueur du centre de formation du CR Belouizdad compte déjà une première saison consistante avec l’ES Sétif, forte de 19 apparitions professionnelles. Tout n’a pas été parfait en Ligue 1, où certaines erreurs de jeunesse lui ont coûté, mais sa réaction durant les Jeux a confirmé son caractère.

Son gabarit, sa qualité de relance et son aisance pour sortir balle au pied correspondent aux exigences modernes du poste. Surtout, la retraite internationale d’Aïssa Mandi et les difficultés récentes de plusieurs défenseurs axiaux obligent l’Algérie à renouveler ce secteur. Naim n’est pas encore prêt à s’imposer chez les A, mais il possède peut-être la fenêtre la plus favorable des trois.

Ces trois champions ne frapperont probablement pas dès demain à la porte de la sélection A. Ils devraient d’abord alimenter le projet U23 de Rafik Saïfi, tourné vers la CAN de la catégorie et les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Leur progression en club sera déterminante : Kohili devra s’imposer au MCA, Bouziani gagner en responsabilités à l’USMA et Naim confirmer à Sétif.

Leur parcours en terre italienne rappelle surtout que les académies et les clubs locaux continuent, eux aussi, à produire des joueurs capables d’élever leur niveau au contact des compétitions internationales. Dans un cycle appelé à être profondément renouvelé, quelques convocations ponctuelles ne seraient pas imméritées. Après Tarente, Kohili, Bouziani et Naim ont au moins gagné le droit de rêver plus grand.

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Naïm Beneddra