Algérie : avec Boulbina et Belloumi, la lumière est venue d’un réservoir local sous-estimé

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Buteurs contre le Burundi (2-2) mardi dans les éliminatoires de la CAN 2027, Mohamed Bachir Belloumi et Adil Boulbina ont rappelé que la formation algérienne pouvait nourrir le nouveau cycle amorcé par Brahim Hemdani.

Loin de nous l’idée de réveiller l’éternel débat entre joueurs formés en Algérie et binationaux issus des centres européens. Tous défendent le même maillot, et aucun lieu de formation ne garantit une réussite en sélection.

Un constat s’impose néanmoins après le nul arraché au Burundi (2-2) : dans des conditions particulières, sur synthétique et en pleine après-midi, Mohamed Bachir Belloumi et Adil Boulbina ont été les deux hommes qui ont permis aux Verts de revenir de 0-2 à 2-2.

Belloumi et Boulbina ont répondu présent au Burundi

Formé au GC Mascara avant de passer par le MC Oran, puis de poursuivre sa progression au Portugal et en Angleterre, Belloumi a relancé l’Algérie en réduisant le score à la demi-heure de jeu.

Boulbina, produit de l’académie du Paradou AC désormais expatrié en Arabie Saoudite, a ensuite égalisé sur un magnifique coup franc direct. Les deux attaquants avaient été identifiés parmi les rares satisfactions du nul de Bujumbura.

Ni l’un ni l’autre n’a livré un match parfait. Boulbina avait notamment éprouvé des difficultés avant son but. Mais tous deux ont fait ce que l’on attend d’un international dans une rencontre compliquée : produire le geste décisif au moment où leur équipe en avait besoin.

Le contraste avec certains joueurs formés en Europe a forcément été remarqué. Himad Abdelli a eu du mal à peser avant sa sortie sur blessure, tandis que Farès Chaïbi a vécu une rencontre très difficile, marquée par son but contre son camp.

Il serait toutefois absurde d’en tirer une règle générale. Saâdi Radouani et Achraf Abada, des représentants du championnat algérien, ont connu des difficultés. Le mérite de Belloumi et Boulbina tient donc avant tout à leur match, pas à leur lieu de formation.

Hemdani connaît déjà très bien le réservoir local algérien

Pour Brahim Hemdani, leur réponse constitue néanmoins une excellente nouvelle. Le sélectionneur sait mieux que beaucoup ce que peut offrir le vivier local. Quelques semaines avant de prendre les A, il avait dirigé une sélection U21 composée uniquement de joueurs évoluant en Algérie aux Jeux méditerranéens. Cette génération avait finalement décroché la médaille d’or à Tarente, après un parcours presque parfait.

Belloumi peut désormais s’installer durablement dans la rotation à droite, tandis que Boulbina vient de rappeler qu’il possède une qualité de frappe et une capacité à faire basculer un match. La concurrence de Mohamed Amoura complique évidemment son accès au onze, mais son entrée dans la hiérarchie est désormais beaucoup plus crédible.

L’histoire invite malgré tout à la mesure. En 2017, Rabah Madjer avait tenté de redonner une place beaucoup plus importante aux joueurs issus du championnat algérien. Son projet avait rapidement montré ses limites et les Verts étaient ensuite revenus vers une ossature largement composée d’éléments formés ou évoluant en Europe.

Hemdani n’a donc aucun quota à instaurer. Son rôle reste de sélectionner les meilleurs profils, quelle que soit leur origine de formation. Mais entre le sacre des U21 à Tarente et les buts de Belloumi et Boulbina à Bujumbura, le vivier local vient de lui envoyer un message assez clair : il peut fournir davantage que de simples solutions de complément.

Algérie : avec Boulbina et Belloumi, la lumière est venue d’un réservoir local sous-estimé

Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.