Menée 2-0, l’Algérie a sauvé un point au Burundi (2-2). Une réaction salutaire, mais des erreurs et un déséquilibre qui interrogent.
L’Algérie a évité une défaite qui aurait sérieusement refroidi l’enthousiasme né de la victoire contre la Zambie. Ce mardi, les Verts ont concédé le nul au Burundi (2-2) après avoir encaissé deux buts dans les douze premières minutes.
Mohamed Bachir Belloumi a relancé son équipe avant la pause, puis Adil Boulbina a égalisé sur un superbe coup franc. Les hommes de Brahim Hemdani ont ensuite poussé pour arracher la victoire, sans faire oublier les occasions abandonnées aux Burundais. Avec quatre points après deux journées des qualifications pour la CAN 2027, le bilan comptable reste correct. La prestation, beaucoup moins.
1. Les erreurs individuelles ont plombé l’Algérie
Les Verts ont d’abord largement contribué à leur propre naufrage. Dès la cinquième minute, après une première relance manquée de Ramy Bensebaini, Farès Chaïbi a adressé une passe en retrait qui a terminé directement dans le but alors que Mastil avait quitté sa ligne.
Sept minutes plus tard, Bensebaini a de nouveau été pris en défaut sur le deuxième but burundais. Sa couverture et son intervention n’ont pas suffi à enrayer l’action. Les approximations ne se sont pas arrêtées après cette entame catastrophique. Jaouen Hadjam a été débordé trop facilement sur son côté et Achraf Abada a dû effectuer un sauvetage près de sa ligne dans les dernières minutes. Contre un adversaire plus efficace, l’Algérie aurait probablement payé encore plus cher ces cadeaux.
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2. Abdelli-Chaïbi, un duo trop fragile pour protéger la défense
Le problème n’a pas seulement été individuel. L’Algérie a régulièrement donné l’impression d’être coupée en deux. Alignés devant la défense, Himad Abdelli et Farès Chaïbi n’ont pas apporté la couverture attendue. Leurs qualités naturelles se situent davantage dans la création et la projection que dans la récupération, et cela s’est vu dès que le Burundi a réussi à franchir le premier rideau.
Touché après un contact, Abdelli a dû céder sa place à Adem Zorgane à la 43e minute. Son entrée a apporté un peu plus de maîtrise, sans faire totalement disparaître les problèmes.
Ce match pourrait inciter Hemdani à réfléchir à un milieu à trois. Dans son 4-2-3-1, les espaces entre les lignes ont été beaucoup trop importants dès que les Verts perdaient le ballon.
3. Chiakha n’a pas saisi sa première titularisation
Amin Chiakha avait cette fois l’occasion de montrer qu’il pouvait devenir une véritable solution au poste de numéro 9. Après une entrée de 70 minutes contre la Zambie, l’attaquant de Rosenborg débutait pour la première fois. Sa prestation est restée très discrète.
Il a certes reçu peu de ballons exploitables, conséquence des difficultés de construction de son équipe, mais ses rares possibilités ont aussi été gâchées par des contrôles imprécis ou des gestes mal exécutés.
Le synthétique et la chaleur n’ont évidemment pas facilité les choses. À 20 ans, Chiakha mérite aussi du temps avant d’être jugé définitivement. Mais ce match ne lui a pas permis de prendre de l’avance dans une hiérarchie encore totalement ouverte. L’entrée de Monsef Bakrar n’a d’ailleurs pas davantage apporté de poids à l’attaque.
4. Gouiri, Hadj Moussa, Aït-Nouri : les absences ont pesé
Hemdani avait aussi moins d’armes que contre la Zambie. Anis Hadj Moussa, légèrement touché, aurait offert une capacité d’élimination supplémentaire sur un côté. Amine Gouiri aurait également apporté ses déplacements et sa qualité dans les échanges autour de la surface. Blessé face à la Zambie, l’attaquant avait dû quitter prématurément le rassemblement.
Ibrahim Maza a tenté de provoquer, mais ses initiatives ont souvent buté sur une dernière passe ou un geste mal ajusté.
À gauche, le match compliqué de Hadjam a forcément rappelé l’importance de la concurrence avec Rayan Aït-Nouri. Le défenseur de Manchester City avait été renvoyé du rassemblement après son coup de sang lors du précédent match. Son comportement reste un sujet distinct, mais son absence a aussi eu une conséquence sportive évidente.
BOULBINA QUI ARRAAAAACHE LA LUCARNE SUR COUP FRANC !!!!!! 🚀🚀🚀
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L’ALGÉRIE ÉGALISE !!!! pic.twitter.com/dVOtdsOwY7
5. Belloumi et Boulbina ont évité un bilan beaucoup plus sombre
Tout n’est pas à jeter. Malgré un départ catastrophique, l’Algérie a réussi à revenir dans le match. Autour de la demi-heure de jeu, Mohamed Bachir Belloumi a inscrit son premier but en sélection en profitant d’une succession de rebonds dans la surface. Bien placé, il a conclu du gauche à ras de terre.
À la 63e minute, Adil Boulbina a ensuite envoyé un magnifique coup franc dans la lucarne pour remettre les deux équipes à égalité. Son but a sauvé une prestation jusque-là compliquée et permis aux Verts de croire jusqu’au bout à une victoire finalement inaccessible.
Le banc a eu moins d’impact que contre la Zambie : hormis Zorgane, les entrants ont peu modifié le cours de la rencontre. Ce point doit donc surtout à la réaction mentale de l’équipe et à deux gestes décisifs de Belloumi et Boulbina.
L’Algérie reste invaincue et conserve quatre points après deux journées. Mais après le signal positif envoyé contre la Zambie, Bujumbura a rappelé à Hemdani l’ampleur du chantier : son équipe possède du talent pour réagir, pas encore assez de maîtrise pour éviter de se mettre elle-même en danger.
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