Algérie : grande sélection africaine cherche leader, Mahrez et Mandi attendent encore leur héritier

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Après les retraites de Riyad Mahrez et Aïssa Mandi, le match nul au Burundi (2-2) mardi dans les éliminatoires de la CAN 2027 a rappelé que l’Algérie cherche encore le patron de son nouveau cycle.

Un brassard se transmet facilement. Une autorité, beaucoup moins. En prenant leur retraite internationale, Riyad Mahrez et Aïssa Mandi n’ont pas seulement laissé deux places vacantes dans le onze algérien. Ils ont aussi emporté une grande partie de l’expérience et de la hiérarchie des Verts.

Ramy Bensebaini apparaissait naturellement comme leur successeur. Il faisait déjà figure de favori pour récupérer le brassard après le départ de Mahrez, et Brahim Hemdani a confirmé cette tendance. Sa première sortie à l’extérieur comme capitaine, au Burundi (2-2), a toutefois rappelé que le rôle demande davantage qu’un statut.

Bensebaini a manqué sa première sortie comme capitaine

Le défenseur du Borussia Dortmund a été impliqué dans l’enchaînement d’erreurs ayant conduit à l’ouverture du score, avant d’être directement pris en défaut sur le deuxième but burundais.

Deux actions qui ont plongé l’Algérie dans une situation catastrophique après seulement douze minutes et ont largement contribué à l’un des principaux enseignements du nul concédé à Bujumbura.

Ce naufrage individuel ne suffit évidemment pas à remettre son brassard en question. Un capitaine conserve le droit de manquer un match. Bensebaini possède le vécu, le caractère et la légitimité d’un champion d’Afrique 2019.

Le rôle lui impose cependant davantage de constance. Il doit commander une défense en reconstruction, rester disponible malgré ses problèmes physiques récurrents et mieux canaliser un tempérament parfois sanctionné par des avertissements évitables. Le brassard ne doit pas changer sa personnalité. Il doit l’aider à mieux la maîtriser.

Derrière Bensebaini, aucune évidence

Le principal problème de Hemdani réside surtout dans l’absence d’une alternative incontestable.

Nabil Bentaleb dispose du vécu nécessaire et avait d’ailleurs été présenté comme un concurrent possible de Bensebaini pour le brassard. Son manque de continuité physique et ses performances irrégulières en sélection limitent néanmoins cette option.

Ismaël Bennacer pourrait devenir un véritable patron technique s’il retrouve durablement son meilleur niveau, mais on en est loin. Derrière eux, Amine Gouiri, Anis Hadj Moussa ou Ibrahim Maza incarnent davantage l’avenir, mais aucun ne possède encore le poids nécessaire pour reprendre une équipe lorsque celle-ci commence à perdre pied.

L’histoire récente des Verts ne manque pourtant pas de joueurs capables d’imposer leur voix. Moussa Saïb, Yazid Mansouri, Anthar Yahia, Adlène Guedioura, puis Mahrez et Mandi n’avaient pas tous le même profil ni le même talent. Ils partageaient cependant une capacité à rassembler, calmer ou réveiller leurs partenaires. À Bujumbura, lorsque l’Algérie s’est retrouvée menée 2-0 après douze minutes, ce patron n’est pas clairement apparu.

Bensebaini conserve aujourd’hui la meilleure légitimité pour occuper cette fonction. Mais après avoir reçu le brassard, son prochain défi sera de donner à celui-ci une véritable autorité sur le terrain. Hemdani a trouvé son capitaine, mais il serait prématuré de dire qu’il a aussi trouvé son leader.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.