Algérie : les gagnants et les perdants du premier rassemblement d’Hemdani

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Deux victoires, un nul et une hiérarchie déjà bousculée : le premier rassemblement de Brahim Hemdani a livré plusieurs enseignements. A l’issue des trois matchs disputés par l’Algérie, voici les gagnants et les perdants.

Deux victoires contre la Zambie (3-1) et le Niger (2-1), entrecoupées d’un nul beaucoup plus laborieux au Burundi (2-2) : pour sa première séquence à la tête de l’équipe d’Algérie, Brahim Hemdani a obtenu des résultats tout en procédant à une large revue d’effectif. Certains joueurs ont profité de ces trois rencontres pour avancer leurs pions. D’autres ont simplement préservé leur place, quand quelques-uns repartent avec davantage de questions qu’à leur arrivée. Voici le conseil de classe des Verts après ce rassemblement de septembre-octobre.

Belloumi, Maza et Abada : les vrais gagnants

S’il fallait désigner le principal gagnant, Mohamed Bachir Belloumi aurait de solides arguments. Attendu pour ses premières apparitions avec les A, l’ailier a immédiatement montré qu’il pouvait transposer ses qualités au niveau international. Déjà intéressant face à la Zambie, il a inscrit son premier but contre le Burundi avant de changer complètement le scénario face au Niger. Entré à la place d’Ibrahim Maza juste avant la pause, il a égalisé d’un superbe coup franc direct puis multiplié les initiatives. Deux buts en trois matches et, surtout, l’impression qu’une vraie concurrence peut désormais s’installer avec Anis Hadj Moussa sur le côté droit.

Ibrahim Maza ressort lui aussi renforcé. Son match contre la Zambie a probablement constitué la prestation individuelle la plus accomplie de cette séquence : disponible, entreprenant, capable de conduire le jeu comme de casser des lignes, le milieu a marqué et participé directement au troisième but. Cette première réussie avait déjà installé Maza comme le véritable patron technique de l’équipe. Il a davantage souffert sur le synthétique de Bujumbura, avant que sa troisième rencontre ne s’arrête sur blessure après 40 minutes. Rien qui remette toutefois en cause l’essentiel : Maza s’est comporté comme un véritable meneur de jeu et son statut s’est épaissi.

Enfin, Achref Abada a obtenu ce dont il avait surtout besoin : du temps et de la continuité. Après une apparition symbolique dans les dernières secondes contre la Zambie, il a disputé l’intégralité du match au Burundi puis une demi-heure face au Niger. Tout n’a pas été parfait, notamment lorsqu’il a été éliminé trop facilement à Bujumbura, mais son agressivité, son activité et sa propreté générale ont laissé une impression favorable. Dans une défense encore en construction, il a incontestablement gagné du terrain.

Amoura, Bensebaini, Hadjam : leur statut résiste

Derrière ce trio, plusieurs joueurs n’ont pas bouleversé la hiérarchie mais n’ont pas davantage perdu leur crédit. On pense à Mohamed Amoura. Auteur de deux passes décisives contre la Zambie, il a retrouvé de l’efficacité malgré plusieurs occasions manquées. Sa rentrée au Burundi puis son match face au Niger ont été beaucoup moins convaincants, mais son volume, sa vitesse et son investissement continuent de lui donner de l’avance sur le côté gauche.

Adil Boulbina pousse cependant derrière lui. Encore parfois neutre et tenté par quelques gestes superflus, il a tout de même égalisé sur coup franc au Burundi avant de provoquer le penalty de la victoire contre le Niger. Il lui manque encore de l’assurance pour imposer son jeu sur la durée, mais son rassemblement reste intéressant. Même constat pour Anis Hadj Moussa, très peu utilisé mais immédiatement décisif contre la Zambie après son entrée. Dix-neuf minutes ne permettent pas d’en tirer beaucoup plus, mais son statut n’a certainement pas reculé.

Au milieu, Adem Zorgane a plutôt réussi son retour. Sans être étincelant contre la Zambie, il a surtout changé le visage de l’entrejeu après son entrée au Burundi, apportant davantage de justesse et d’équilibre. Farès Chaïbi, plutôt bon lors du premier match avant de connaître une rencontre très pénible à Bujumbura, conserve lui aussi son crédit. Son expérience et sa capacité à occuper plusieurs fonctions au milieu demeurent précieuses. Quant à Adil Aouchiche, sa titularisation contre le Niger a laissé une impression intéressante : peu spectaculaire, mais intelligent dans ses déplacements, assez juste techniquement et souvent disponible pour faire jouer les autres. Il mérite d’être revu.

En défense, les conclusions sont plus nuancées. Samir Chergui n’a joué que contre la Zambie, où son association avec Ramy Bensebaïni avait été globalement correcte malgré quelques difficultés. Ahmed Touba, aligné face au Niger, a livré une copie sérieuse. Promu capitaine face au Mena, Zineddine Belaïd a davantage souffert et se retrouve directement impliqué sur l’ouverture du score nigérienne, mais une seule apparition, dans une configuration nouvelle à droite de la charnière, paraît trop courte pour le condamner.

Ramy Bensebaïni reste pour sa part un titulaire difficile à déplacer, d’autant qu’il porte désormais le brassard. Son rassemblement n’a pourtant rien eu de parfait. Très fébrile au Burundi et directement impliqué dans le deuxième but encaissé, il doit gommer ses absences qui deviennent plus problématiques avec son nouveau rôle de patron. Son entrée contre le Niger, ponctuée par le penalty de la victoire, a été plus maîtrisée. Jaouen Hadjam, buteur contre la Zambie, demeure dangereux lorsqu’il attaque son couloir mais continue de laisser trop d’espaces derrière lui. La mise à l’écart de Rayan Aït-Nouri aurait pu lui permettre de s’installer définitivement ; il n’a pas totalement saisi l’occasion.

Enfin, Ilan Kebbal et Sohaib Naïr restent difficiles à faire descendre dans la hiérarchie. Kebbal attendait depuis longtemps une vraie fenêtre, mais ses 17 minutes au Burundi puis sa titularisation face au Niger ont produit une impression assez neutre. Les circonstances collectives ne l’ont pas aidé et il mérite encore d’être revu. Naïr, lui, a été lancé contre le Niger… au poste de latéral droit, loin de sa position naturelle de défenseur central. Dans ces conditions, son match moyen ne peut guère servir de référence.

Chiakha et Bakrar n’ont pas saisi leur chance

Le rassemblement est beaucoup plus préoccupant pour Amine Chiakha. La blessure précoce de Gouiri lui avait ouvert une fenêtre considérable : il a joué près de 70 minutes contre la Zambie, débuté au Burundi et encore participé à la dernière demi-heure face au Niger. L’intention existe, tout comme la générosité dans les déplacements, mais l’apport offensif reste extrêmement limité. Peu d’occasions, peu de différences et une difficulté persistante à peser même lorsque l’Algérie monopolise le ballon. Sa première titularisation au Burundi avait déjà laissé le même sentiment d’occasion insuffisamment exploitée. Le doute sur sa capacité à s’imposer à ce niveau s’est forcément renforcé.

Monsef Bakrar n’a guère fait mieux. Sa titularisation contre le Niger devait lui permettre de bousculer la hiérarchie ; il a traversé la rencontre presque anonymement avant d’être remplacé. Son profil diffère de celui de Chiakha, mais le constat se rejoint : trop peu de présence dans la surface et pas assez de solutions proposées à ses partenaires. Pour un attaquant qui devait profiter de cette séquence pour se rapprocher du onze, l’occasion est manquée.

À droite de la défense, Saâdi Radouani avait lui aussi une carte à jouer. Son match contre la Zambie n’a pas été catastrophique, mais son recul sur l’égalisation de Fashion Sakala lui a coûté cher. Quatre jours plus tard, le latéral droit de l’USM Alger a encore souffert face au Burundi, notamment dans les duels et lorsque son adversaire accélérait. Son engagement n’est pas en cause ; ses limites techniques et tactiques sont en revanche apparues plus nettement à ce niveau.

Le bilan est également décevant pour Himad Abdelli. Attendu pour apporter du poids et de l’agressivité dans l’entrejeu, le milieu de l’OM a encore eu du mal à se libérer avec les Verts. Il a peu influencé le jeu, souvent manqué de justesse dans ses choix et n’a pas suffisamment protégé sa défense. Sa blessure à la cheville au Burundi constitue une circonstance atténuante, mais son match face au Niger n’a pas dissipé les réserves. Le contraste avec l’entrée pleine d’énergie d’Adil Bourabaa n’est pas passé inaperçu.

La trêve a enfin fragilisé la hiérarchie des gardiens. Melvin Mastil, titulaire lors des deux rencontres officielles, n’est pas directement responsable de tous les buts encaissés, mais il n’a jamais réellement dégagé une impression de sécurité. Abderrahmane Ramdane, testé contre le Niger, n’a pas davantage profité de l’occasion : sa faute de main sur l’ouverture du score a immédiatement alourdi son dossier. À ce poste, Hemdani termine donc le rassemblement avec davantage d’interrogations que de certitudes.

Gouiri, Bourabaa et les cas impossibles à noter

Amine Gouiri n’a tout simplement pas eu le temps de défendre son statut. Touché après vingt minutes contre la Zambie, il a quitté le rassemblement sans rejouer. Impossible d’en tirer le moindre enseignement.

Adil Bourabaa n’a eu droit qu’aux 29 dernières minutes contre le Niger pour découvrir la sélection A. L’échantillon est trop réduit, mais son activité, son envie de récupérer les ballons et sa personnalité ont donné envie d’en voir davantage. Pour une première convocation obtenue après le forfait de Nabil Bentaleb, le milieu du Mans a au moins entrouvert une porte.

Killian Belazzoug, resté sans la moindre minute, ne peut évidemment pas être évalué. Quant à Rayan Aït-Nouri, son cas dépasse le terrain : non utilisé contre la Zambie, le latéral de Manchester City a ensuite été libéré du rassemblement par Brahim Hemdani après son coup de sang. Son conseil de classe sportif s’arrête donc avant même d’avoir commencé.

Algérie : les gagnants et les perdants du premier rassemblement d’Hemdani

Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.