Habib Bamogo a signé le 27 mai dernier un contrat de cinq ans avec l’Olympique de Marseille. L’attaquant d’origine ivoiro-burkinabé met ainsi à profit son excellente saison avec le Montpellier HFC, relégué en Ligue 2, avec lequel il a inscrit 16 buts. Même si le « rêve » de l’International français espoir est de jouer avec les Bleus, il avoue à Afrik n’avoir pas fait une croix sur l’équipe nationale burkinabé.


Le futur d’Habib Bamogo passe par Marseille. L’attaquant d’origine ivoiro-burkinabé (sa mère est ivoirienne, son père burkinabé) connaissait depuis 2001 une progression régulière avec son club du Montpellier Héraut FC. Jusqu’à cette année 2003, où le coach héraultais lui a donné sa chance et où ses progrès ont été fulgurants. De 20 apparitions en 2001-2002 à 33 l’année suivante, avec 2 et 4 buts inscrits, il est passé en 2003 à 38 matchs joués, dont 36 comme titulaire. Il a surtout inscrit 16 buts et termine ainsi sixième meilleur buteur de Ligue 1 (première division française). Devant tant de talent, l’Olympique de Marseille n’a pas hésité à faire signer le Malbrissoy pour cinq ans, le 27 mai dernier. Le jeune footballeur, âgé de 22 ans, a également été remarqué par le sélectionneur de l’équipe nationale du Burkina, qui l’a sollicité pour rejoindre les Etalons. S’il se donne le temps de la réflexion, Habib Bamogo, sélectionné à 13 reprises en équipe de France espoir et auteur avec elle de 5 buts, avoue que son rêve est de jouer avec les Bleus. Il s’explique.

Afrik : Comment avez vous ressenti cette saison avec Montpellier, relégué en D2 ?

Habib Bamogo :
C’est toujours difficile de jouer dans un club qui descend à la fin de la saison. Cette année a été difficile car nous avons fait un bon début, puis la situation s’est dégradée. Nous avons fait des efforts qui n’ont pas payé.

Afrik : A l’inverse, cette saison a été une réussite personnelle…

Habib Bamogo :
C’est clair que c’était une grosse satisfaction pour moi. J’ai mis 16 buts et je termine 6ème meilleur buteur de la saison. A moi de faire mieux l’année prochaine.

Afrik : Aller à Marseille représente quelque chose de particulier pour vous ?

Habib Bamogo :
Bien sûr que c’est quelque chose de particulier. C’est un grand club, un club européen, qui va forcément me faire progresser et me permettre de faire autre chose.

Afrik : Vous pourriez être aligné en attaque avec Didier Drogba, avec qui vous semblez être complémentaire…

Habib Bamogo :
Je pense que ça ferait quelque chose de bien.

Afrik : Vous êtes aujourd’hui attaquant mais vous avez débuté comme milieu de terrain. Où vous sentez vous le mieux ?

Habib Bamogo :
Aujourd’hui je me considère comme un attaquant. Il est vrai qu’au début je voulais plutôt jouer au milieu. Jusqu’à ce que mon entraîneur avec Montpellier, en CFA, Thierry Laurey, me mette en attaque.

Afrik : L’Olympique lyonnais ainsi que des clubs anglais s’intéressaient également à vous, mais vous auriez privilégié l’aspect sportif au financier, en allant à Marseille…

Habib Bamogo :
Il ne faut jamais négliger l’aspect financier… Mais vu mon jeune âge, l’aspect sportif était plus important. Car j’ai besoin de jouer et de progresser.

Afrik : Vous êtes originaire de la région parisienne, vous avez fait l’Institut national de football de Clairefontaine, mais vous avez décidé, jeune, de fuir la capitale pour vous concentrer sur le football… Auriez-vous été intéressé par un retour à Paris ?

Habib Bamogo :
Plus jeune, il est vrai que je préférais aller loin… mais aujourd’hui, le Paris Saint-Germain ne s’est pas forcément manifesté. Au contraire, les dirigeants de l’Olympique de Marseille m’ont dit qu’ils me voulaient vraiment. Et le contrat de cinq ans qu’ils m’ont fait signé est un signe de confiance.

Afrik : Certains supporters de Montpellier vous trouvent capricieux et inconstant. Vous avouez vous mêmes avoir été « impulsif » mais vous être aujourd’hui « calmé »…

Habib Bamogo :
C’est normal, j’étais plus jeune… Mais plus on grandit, plus on apprend. Maintenant, pour ce qui est de l’inconstance, j’ai joué tous les matchs la saison dernière, j’ai marqué beaucoup de buts et j’ai tout donné sur le terrain. Il y a des mauvaises langues partout.

Afrik : Vous avez été sélectionné à 13 reprises avec l’équipe de France espoir, avec qui vous avez inscrit 5 buts. Serait-il tout de même possible de vous voir évoluer un jour avec le Burkina-Faso, qui vous a récemment sollicité ?

Habib Bamogo :
Bien sûr que je pourrais y jouer. Je suis allé au Burkina l’année dernière et j’ai donné de nombreuses interviews, dans la presse, à la télévision, où je disais que c’était une chose possible. Mais c’est une décision difficile à prendre et j’ai également dit que je prendrai mon temps avant de me décider définitivement.

Afrik : Sinon, la suite logique de l’équipe de France espoir, serait l’équipe de France…

Habib Bamogo :
L’équipe de France, pour moi, c’est un rêve. Mais il n’y a que le terrain qui parle. En allant à Marseille, je bénéficierai peut-être d’une plus grande visibilité, mais c’est à moi de faire mes preuves.