Après le 7-0 face à l’Argentine, Ibrahim Traoré promet une réforme du football burkinabè, même au risque de défier la FIFA.
Le lourd 7-0 concédé face à l’Argentine pourrait provoquer bien davantage qu’un simple électrochoc sportif au Burkina Faso. En recevant lundi les Étalons U15 filles, vice-championnes d’Afrique scolaire, Ibrahim Traoré a annoncé des mesures imminentes pour tenter de remettre de l’ordre dans le football national.
« Notre football est malade et nous allons trouver les remèdes. Parce que pour réinvestir, il faut aussi soigner le mal », a déclaré le président burkinabè, qui promet « de nouvelles choses » dès cette semaine.
« Qu’on soit suspendus ou pas »
Ibrahim Traoré est allé beaucoup plus loin qu’une simple promesse de réforme. « Nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de rentrer dedans, qu’on soit suspendus ou pas », a-t-il lancé.
Burkina Faso 🇧🇫 : « J’avais dit de ne pas me mêler du football pour éviter des sanctions, mais maintenant, je vais rentrer dedans, même s’il doit y avoir des sanctions. Mais on va réparer car notre football est malade », Capitaine Ibrahim TRAORÉ. https://t.co/XY4cSyesP2
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Une phrase lourde de conséquences potentielles. Les statuts de la FIFA imposent à chaque fédération membre de gérer ses affaires de manière indépendante et sans influence indue d’un gouvernement ou d’un tiers. Une intervention directe de l’État dans les nominations ou le fonctionnement de la Fédération burkinabè pourrait donc exposer le pays à des sanctions pouvant aller jusqu’à une suspension.
Encore faut-il savoir précisément quelles seront les « nouvelles choses » promises cette semaine.
Car la déroute face à l’Argentine ne peut pas être entièrement imputée aux dirigeants du football burkinabè. Le voyage vers Buenos Aires avait tourné au casse-tête, au point de contraindre le Burkina Faso à faire appel en urgence à plusieurs joueurs A’ et à arriver en Argentine seulement quelques heures avant le coup d’envoi.
Les Étalons avaient ensuite dû rejoindre le Monumental pour affronter les champions du monde dans des conditions très éloignées d’une préparation normale. Lionel Scaloni avait d’ailleurs tenu à saluer publiquement les efforts consentis par les Burkinabè malgré le 7-0.
Un mal plus ancien que le 7-0
Les difficultés du Burkina Faso ne commencent toutefois pas à Buenos Aires. Finalistes de la CAN 2013, troisièmes en 2017 puis quatrièmes en 2021, les Étalons avaient également poussé l’Algérie jusqu’à la dernière journée des éliminatoires du Mondial 2022. Après deux matchs nuls face aux Fennecs, ils avaient terminé à seulement deux points de la première place. La trajectoire s’est depuis inversée.
Le Burkina Faso avait notamment été éliminé dès les huitièmes de finale de la CAN 2025, une désillusion qui avait coûté son poste au sélectionneur Brama Traoré, avant de manquer la Coupe du monde 2026 malgré l’élargissement de la compétition.
Burkina Faso: Selon le camarade capitaine Ibrahim Traoré notre football est Malade. #FasoSports https://t.co/BAFmLRhQ1A
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Le recul sportif est donc réel. Ses causes peuvent cependant être multiples : qualité de la génération actuelle, vieillissement de certains cadres, formation, infrastructures, organisation fédérale ou encore choix sportifs.
Remettre de l’ordre, investir davantage et développer la formation apparaissent donc comme des objectifs compréhensibles. La méthode choisie sera en revanche déterminante. L’État peut accompagner une reconstruction sans nécessairement prendre le contrôle de la Fédération. Une suspension de la FIFA priverait en effet les sélections et les clubs burkinabè de compétitions internationales.
Ce serait alors le paradoxe de la réforme annoncée par Ibrahim Traoré : vouloir protéger et relancer le football national, mais prendre le risque de faire payer aux joueurs les conséquences d’un bras de fer institutionnel.
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