La Zambie et La Côte d’Ivoire vont s’affronter dans une finale historique, ce dimanche à 20 heures 30 au stade de Libreville. La belle surprise de la CAN face au favori, on ne pouvait, quoi qu’en disent les esprits chagrins, rêver plus belle affiche. Si les Chipolopolos peuvent espérer devenir la plus grande équipe de la Zambie en remportant le trophée, la détermination de la génération dorée du football ivoirien sera au moins aussi forte dans sa quête de titre.


Si il avait fallu mettre une piécette sur une équipe dès le départ, nul doute que la plupart aurait choisi la Côte d’Ivoire. Dépeints à juste titre comme les ultra-favori de la compétition les hommes de François Zahoui sont présents au rendez-vous, et c’est tout à leur honneur, eux qui privilégièrent d’assumer leur ambition sans se cacher. Cette ambition , n’était pas uniquement dictée par la connaissance de leur qualité, mais surtout par la nécessité pour la génération « dorée » d’avoir enfin un trophée. Car cette finale, c’est avant tout la finale des Drogba, Zokora, Eboué, Keita, une génération pas encore dorée qui a fait rêver la Côte d’Ivoire mais toujours frustrée de trophée. Après avoir échoué près du but en 2006 contre l’Égypte, les Éléphants ont l’obligation de ramener le trophée à Abidjan, pour eux, mais aussi pour tout un pays qui attend une deuxième CAN depuis 1992.

Une finale pour l’Histoire

Si les Zambiens n’y ont fait qu’une courte halte, le symbole est néanmoins fort. Les Chipolopolos se sont rendus sur les lieux commémorant le tragique accident qui avait coûté la vie à l’équipe nationale en 1993, une étape qu’ils s’étaient promis d’honorer et qui passait par une qualification pour la phase finale. Jamais battus en 5 matches, les hommes d’Hervé Renard sont sur un petit nuage et, même lorsqu’ils n’arrivent pas à développer leur football séduisant, il y toujours un héros pour sortir du rang, qu’il s’appelle Mayuka, Katongo ou Kalaba. La Zambie a toujours produit son meilleur football quand on ne l’y attendait pas. Après seulement deux participations au tour préliminaire, elle se hisse en finale en 1974. Alors que son équipe est décimée par la tragédie du crash, elle renouvelle l’exploit en 1994. Une nouvelle fois les Boulets de Cuivre ne seront pas favoris face à l’armada ivoirienne, mais le rôle leur convient.

La tactique… et les joueurs

En difficulté contre les individualités ghanéennes en demi-finale (1-0), les Zambiens devront privilégier une projection rapide vers l’avant et un nombre de passe réduit pour déstabiliser leur adversaire. Si Kalaba et Chansa auront un rôle prédominant au milieu pour organiser les contre attaques, il faudra un grand Mayuka devant, bien épaulé par Katongo pour profiter d’un nombre d’occasions sans doute réduit.

Car en face le cuirassé monté par François Zahoui est bien huilé. Drogba en point d’ancrage et torpilleur, épaulé par les deux turbos Gervinho-Kalou forment une redoutable ligne de feu. Au milieu, Yaya Touré et Tioté font respecter la discipline, et la Ligne Maginot, jusqu’à présent intact, de la défense s’appuie sur les miradors Kolo Touré-Bamba. Les Éléphants, sûrs de leur jeu devraient logiquement dérouler sans se poser de questions, dans un schéma dont on peut tout dire, mais qui a incontestablement fait ses preuves sur le terrain.

Comme souvent depuis le début de cette compétition, la Côte d’Ivoire va partir favori, et la Zambie en outsider. Alors que ces positions respectives ce sont toujours soldé par une victoire, les dieux du football vont devoir choisir leur camp dans ce qui promet d’être une finale digne de ce nom, on l’espère, agréable et animée.