CAN 2015 : La Côte d’Ivoire prend sa revanche (et son ticket)

La Côte d’Ivoire a réalisé une demi-surprise mercredi en s’imposant 1-0 devant un Cameroun qui lui avait fait tant de mal en éliminatoires. Les Eléphants sont, pour l’heure, la seule équipe qualifiée du groupe D de la CAN 2015. Cités parmi les favoris de la compétition, les Lions Indomptables rentrent déjà à la maison.


La vengeance est un plat qui se mange froid. Le Cameroun l’a appris à ses dépens contre la Côte d’Ivoire ce mercredi à Malabo (0-1) lors de la dernière journée du groupe D de la CAN 2015. Humiliés 4-1 par les Lions Indomptables à Yaoundé mi-septembre pendant les éliminatoires, à nouveau rabaissés par leur prestation terne au retour à Abdijan, conclue par une passe à dix forcée pour assurer la qualification (0-0) en novembre, les Eléphants ont pris leur revanche au meilleur moment.

Alors que les quatre équipes du groupe D se tenaient dans un mouchoir de poche, ils profitent de ce succès pour terminer en tête de la poule et éliminer les Camerounais pendant que le destin du Mali et de la Guinée, incapables de se départager sur le terrain (1-1) se réglera jeudi matin par tirage au sort. Au cours d’un match assez fermé, les Eléphants n’ont pas franchement été supérieurs aux Camerounais mais ils ont su se monter plus dangereux que leur adversaire, gêné par la densité du milieu ivoirien et le 5-3-2 reconduit par Hervé Renard.

Pour faire la différence, les Ivoiriens s’en sont remis à un exploit individuel. Titulaire après avoir sauvé la mise contre le Mali (1-1), Max-Alain Gradel a encore fait des dégâts. Sur un ballon récupéré dans les pieds de Jérôme Guihoata, il n’a laissé aucune chance à Fabrice Ondoa en décochant une frappe imparable aux 25 mètres (36e). Une issue logique puisque la Selefanto s’était créée les occasions les plus nettes mais Ondoa avait repoussé la reprise trop molle de Wilfried Bony (5e) avant de sortir une belle parade au sol sur une tête de Serge Aurier (20e).

Salli manque l'égalisation

Omniprésent aux avant-postes, le Parisien est également décisif à l’arrière en sauvant in extremis une tête de Franck Etoundi sur corner (13e). Les Camerounais vont avoir deux occasions de revenir au score avant la pause par Edgar Salli, une nouvelle fois préféré à Clinton N’jie par Volker Finke, suscitant la polémique au pays. Comme un symbole, le disponible mais maladroit milieu offensif, va manquer le dernier geste (38e, 45e +4).

Fermée, la seconde période a été pauvre en occasions jusqu’aux dix dernières minutes, d’une intensité dramatique très forte avec un Cameroun poussant pour égaliser. Malgré l’entrée en jeu tant demandée de Clinton N’jie (67e), la défense ivoirienne a tenu bon (80e, 87e) et a brisé la malédiction qui la poursuivait depuis le Mondial 2014 et la fin de match fatale contre la Grèce.

En quarts de finale, la Séléfanto aura fort à faire contre l’Algérie, un autre survivant du Mondial 2014. Le Cameroun tentera, lui, de laver son linge sale en famille après une préparation perturbée, des rumeurs de tensions dans le vestiaire et un Volker Finke qu’on dit sur la sellette.

 Les compositions de départ :

Côte d’Ivoire : Gbohouo – Aurier, Kanon, Bailly (Viera, 28e), K. Touré (Douckouré, 82e), Tiéné – Dié, Yaya Touré, Gradel – Doumbia (Tallo, 59e), Bony.

Cameroun : Ondoa – Guihoata, Chedjou, Nkoulou, Bedimo – Mandjeck, Mbia, Choupo-Moting – Moukandjo (N'jie, 67e), Etoundi (Kweuke, 55e), Salli (Aboubakar, 46e).


Les stats :

Jusqu’à présent invaincu contre la Côte d’Ivoire en phase finale de CAN (5 victoires, 2 nuls), le Cameroun a concédé sa première défaite contre les Eléphants dans la compétition.

C’est la première fois depuis 1996 que le Cameroun est présent à une CAN et ne parvient pas à sortir du premier tour (les Lions Indomptables ont manqué les CAN 2012 et 2013).

Depuis 2006, la Côte d’Ivoire a toujours atteint au moins les quarts de finale de la CAN.

CAN 2015 : La Côte d’Ivoire prend sa revanche (et son ticket)
Romain Lantheaume

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !