Dans sa chronique au Monde, l’ancien président de l’OM, Pape Diouf, a épinglé la CAF pour sa récente décision de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun et les problèmes engendrés.


En décidant de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun le 30 novembre, la Confédération africaine de football (CAF) a ouvert une boîte de Pandore. En difficulté pour trouver un nouveau pays-hôte, l’instance s’est en plus compliquée la tache en décidant de réattribuer l’édition 2021 au Cameroun, ce qui va différer de deux ans les CAN à domicile de la Côte d’Ivoire, initialement prévue pour 2021, et de la Guinée (2023). Alors que les Eléphants ont annoncé avoir saisi le TAS jeudi, l’ancien président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf, ne s’est pas fait prier pour épingler la gestion de crise de la CAF et ses « répercussions fâcheuses« .

« La Confédération africaine de football ne sort pas grandie de sa gestion de la CAN 2019« , lâche le Franco-Sénégalais dans sa chronique pour Le Monde. « Le Cameroun s’était vu confier il y a trois ans l’organisation de la CAN. Même si nous étions à six mois de l’échéance, l’inquiétude pouvait être de mise. Mais outre que l’on touche du doigt les insuffisances et retards accusés habituellement par les pays organisateurs à chaque édition, la CAF, en cours de route, a augmenté de 16 à 24 le nombre de nations qualifiées, sans tenir compte des difficultés de développement inhérentes au continent. Le défi est immense, voire impossible. »

Omari descendu en flèche

L’ancien agent de joueur a ensuite fustigé la communication du vice-président de la CAF, Constant Omari : « La conséquence la plus cocasse est la position très embarrassante du Cameroun, dont l’équipe n’est plus qualifiée d’office pour la CAN 2019. ‘C’est un grand pays de football, affirme, sourire aux lèvres, Constant Omari, le numéro deux de la CAF. Il se qualifiera en battant les Comores dans le dernier match.’ M. Omari, en faisant cette déclaration, feint d’ignorer que les résultats en football ne se décrètent pas et que le jeu n’est jamais exempt de surprises. C’est ce qu’on peut appeler avoir la fierté de son incohérence. Quoi qu’il en soit, il a d’ores et déjà mis une ‘pression d’enfer’ sur les arbitres du match Cameroun-Comores, qui n’ignorent plus le camp choisi par leur employeur. Pour la CAF, dont le nouveau cheval de bataille est la lutte contre la corruption, ce n’est pas très malin ni judicieux d’afficher ainsi ses préférences. Tout cela pour ne pas priver le Cameroun de CAN et ne pas avoir à gérer une situation que sa décision a engendrée. »

« Le football, en Afrique, ne saurait se développer isolément. On attendait cependant que la CAF éclaire les impasses et donne des couleurs aux voies sombres. Au lieu de quoi elle oublie que, comme le disait François Mitterrand, ‘la clarté est la forme la plus difficile du courage’. Il y a des façons de faire qui ne grandissent pas« , a conclu un Pape Diouf qui juge la CAF « décidément impayable« . Après avoir qualifié le président de l’instance, Ahmad, de « pantin«  à la solde des Marocains, on en attendait pas moins de l’ancien dirigeant !