La course à l’organisation de la CAN 2028 entre dans une nouvelle phase. Une délégation de la CAF est arrivée ce jeudi chez l’un des candidats pour évaluer ses infrastructures et ses capacités d’accueil.
Une étape importante pour un pays qui rêve de renouer avec son prestigieux passé, mais dont le dossier contient plusieurs complications…
La CAF va inspecter les infrastructures éthiopiennes
La candidature de l’Éthiopie à l’organisation de la CAN 2028 prend une tournure concrète. Après le dépôt officiel de son dossier en août dernier, le pays a accueilli ce jeudi 15 octobre une mission d’évaluation de la CAF à Addis-Abeba. Les experts de l’instance continentale doivent examiner les installations proposées, les projets de construction et, plus largement, la capacité du pays à accueillir la plus grande compétition de football africain.
L’enjeu est considérable pour l’Éthiopie, qui accuse un important retard en matière d’infrastructures. Lors du dépôt de sa candidature, en août, le pays ne disposait que d’un seul stade bénéficiant d’une homologation de la CAF, le Bahir Dar Stadium, dans la ville éponyme, et encore à titre provisoire.
Le chantier de l’Adey Abeba International Stadium, une enceinte annoncée à environ 62 000 places, constitue l’un des principaux espoirs du dossier éthiopien. Mais à moins de deux ans du tournoi, le défi dépasse largement la seule construction de stades : une CAN à 24 équipes exige plusieurs sites opérationnels, des terrains d’entraînement, des hôtels et une logistique adaptée.
Sur le plan historique, la candidature ne manque pourtant pas d’arguments. Membre fondateur de la CAF et participant à la première CAN en 1957, l’Éthiopie a déjà organisé la compétition à trois reprises, en 1962, 1968 et 1976. Elle avait même été sacrée championne d’Afrique à domicile en 1962.
La menace d’une guerre avec l’Érythrée complique le dossier
Mais au-delà des infrastructures, c’est désormais la situation sécuritaire qui pourrait devenir l’obstacle le plus préoccupant.
Les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée ont connu une nouvelle escalade ces derniers jours, sur fond de reprise des affrontements dans la région du Tigré. Addis-Abeba accuse son voisin d’incursions militaires sur son territoire, des accusations rejetées par Asmara.
Mais des opérations militaires et des frappes de drones ont été signalées dans le nord du pays, tandis que les forces éthiopiennes ont repris le contrôle de plusieurs localités proches de la frontière. La situation fait craindre un nouveau conflit ouvert entre les deux États, au point de susciter des appels internationaux à la désescalade.
Un contexte très délicat pour un candidat à l’organisation d’une compétition réunissant 24 sélections et des milliers de supporters étrangers. La CAF devra nécessairement tenir compte de la sécurité des délégations, de la stabilité du pays et de la possibilité d’organiser des rencontres dans plusieurs régions.
L’Éthiopie doit également composer avec la concurrence de l’Afrique australe, où l’Afrique du Sud et le Zimbabwe poursuivent leur candidature commune, malgré le retrait du Botswana fin septembre. Le dossier sud-africain peut notamment s’appuyer sur l’expérience de l’organisation de la Coupe du monde 2010 et sur des infrastructures déjà existantes.
Reste à savoir ce que retiendront les inspecteurs de la CAF de leur visite. Car si l’Éthiopie dispose d’une incontestable légitimité historique et d’une réelle volonté politique, elle devra démontrer que ses ambitions sont réalisables dans un calendrier serré.
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