La CAN féminine 2026 est en train de rebattre les cartes du football féminin en Afrique. Les quarts de finale ont fait tomber les deux grands favoris, le Nigeria et l’Afrique du Sud, et la compétition est désormais certaine de couronner un vainqueur inédit. Cette édition témoigne d’un véritable changement de cycle.
La CAN féminine 2026 donne lieu à une véritable révolution. Samedi, l’Afrique du Sud a été éliminée dès les quarts de finale suite à sa défaite dans le choc face au Maroc (2-1), qui a pris sa revanche sur la finale de 2022. Le lendemain, porté par les 9 arrêts de sa nouvelle chouchou Michaely Bihina, c’est le Cameroun qui s’est vengé de décennies de frustration en sortant le Nigeria (1-0) pour provoquer le plus grand séisme de cette édition !
The quarter-finals are done. Here’s how it ended. 👇 #TotalEnergiesWAFCON2026 pic.twitter.com/v1pdfPyCt3
— CAF Women Football (@CAFwomen) August 10, 2026
Le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Ghana à terre à la CAN féminine
Il faudra attendre la finale du 16 août pour connaître le nom du nouveau champion, mais une chose est déjà certaine : il sera inédit. En effet, le Nigeria, épouvantail historique de la compétition – qui concentrait à lui seul 10 des 13 sacres à la CAN féminine et se présentait en tenant du titre – ne sera pas là.
Même constat pour l’Afrique du Sud, championne en 2022, tandis que la Guinée équatoriale, double vainqueure de la compétition en 2008 et 2012, n’a de son côté pas participé à cette édition. Autrement dit, aucune des trois sélections déjà titrées dans l’histoire du tournoi ne sera sacrée à Rabat.
Autre signe de l’ampleur du renouvellement en cours : le Maroc, vice-champion en titre, est le seul demi-finaliste de la dernière édition à avoir atteint à nouveau le dernier carré puisque, outre le Nigeria et l’Afrique du Sud, le Ghana, troisième en 2025, a lui aussi été surpris en quarts par le Malawi (1-2). Une stat d’autant plus significative que la dernière édition s’est tenue il y a un an seulement.
L’Algérie féminine et le Malawi bousculent la hiérarchie
La composition du dernier carré permet de mesurer l’ampleur du renouvellement. L’Algérie atteint les demi-finales pour la première fois de son histoire. Tout comme le Malawi, qui réalise une performance encore plus remarquable : pour sa première participation à une phase finale de CAN féminine, il s’est hissé directement en demi-finales.
Le Cameroun, lui, n’est pas un nouveau venu à ce niveau. Les Lionnes Indomptables disputeront leur 10e demi-finale dans l’histoire de la compétition. Mais leur présence n’en est pas moins symbolique : absentes de la précédente édition, elles ont obtenu leur billet pour cette CAN seulement après avoir été repêchées.
Le changement de génération se répercutera également à l’échelle mondiale puisque les quatre demi-finalistes de cette CAN ont décroché leur qualification pour la Coupe du monde féminine 2027. L’Algérie et le Malawi vont ainsi découvrir le Mondial, tandis que le Cameroun effectuera son retour sept ans après sa dernière participation. Les habitués nigérians et sud-africains s’avancent quant à eux vers d’incertains play-offs africains avant d’éventuels barrages intercontinentaux.
Le passage à 16 équipes ne suffit pas à expliquer le phénomène
Faut-il voir dans l’élargissement de la CAN féminine, passée de 12 à 16 équipes cette année, la principale raison de ce bouleversement ? Pas vraiment. Le format n’a pas ajouté de tour supplémentaire : les favorites ont même, en théorie, bénéficié d’une phase de groupes leur permettant de se mesurer à des adversaires moins relevés. On comptait ainsi dans le plateau 4 repêchés, et deux petits nouveaux : le Malawi et le Cap-Vert.
L’explication semble plutôt à chercher dans une fin de cycle chez plusieurs cadors. Les difficultés étaient d’ailleurs visibles avant même les quarts de finale. Le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Ghana avaient tous déjà concédé une défaite retentissante en phase de groupes. Ces accrocs n’étaient donc pas de simples accidents : ils ont trouvé leur prolongement dès l’entrée dans la phase à élimination directe.
Surtout, les écarts semblent se réduire, tandis que le niveau du football féminin en Afrique s’homogénéise. Cette CAN féminine 2026 s’annonce comme plus ouverte que jamais. Reste à savoir qui parviendra à en profiter. La logique veut que le statut de favori revienne au Maroc, mais les Lionnes de l’Atlas vont se méfier de cette étiquette qu’il ne fait décidément pas bon porter sur cet été !
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