Trop défensive contre la Belgique (1-2), remuante offensivement mais fébrile derrière face à la Corée du Sud (4-2), l’Algérie doit trouver le juste milieu face à la Russie, jeudi. En jeu : une qualification historique pour les huitièmes de finale de Coupe du monde.


« Cette rencontre sera difficile et décisive. Tous les joueurs sont conscients de la tâche qui les attend. Nous sommes à 90 minutes d’un exploit historique, à nous d’aller chercher cette qualification qui nous tend les bras« . Essaïd Belkalem résume bien la situation. Une victoire face à la Russie, jeudi, (20H GMT) et l’Algérie disputerait le premier huitième de finale de son histoire. Un nul conjugué à une absence de succès de la Corée du Sud contre la Belgique pourrait même suffire.

Le tentation est donc grande de jouer la sécurité et le match nul. Surtout après les égarements défensifs dont les Fennecs se sont rendus coupables en seconde période face à la Corée du Sud (4-2). Cette fois, l’opposition devrait être plus relevée que les inoffensifs Guerriers Taeguk. « Nous allons nous battre jusqu’à la fin. Nous devons être plus agressifs en attaque« , a promis l’attaquant russe Dmitry Kombarov. Les Algériens sont prévenus.

Le spectre de la Belgique

Rapides, mobiles et spectaculaires offensivement, les Verts sont-ils capables de tenir la baraque derrière sans jouer à onze en défense comme face aux Diables Rouges ? C’est toute la question. « Notre équipe n’est pas faite pour jouer pour le match nul, je pense que nous l’avons vérifié à nos dépens face à la Belgique« , explique Mehdi Lacen, convaincu que l’Algérie est « capable de faire le jeu et d’aller gagner« .

« Un nul nous suffit, mais il ne faut pas comprendre que nous jouerons la prudence. On va jouer notre jeu et essayer de gagner ce match« , jure Vahid Halilhodzic, très critiqué après la défaite face aux Belges. Pourtant, le sélectionneur n’était pas le seul responsable, il avait bien exhorté ses hommes à jouer plus haut à la mi-temps. Mais ses consignes sont restées sans effets…

Dépasser la génération 1982

Cette fois, les Fennecs vont devoir être plus réceptifs aux directives du sélectionneur afin de gagner la bataille tactique face à la Russie de Fabio Capello, qu’Halilhodzic considère comme « l’un des trois meilleurs entraîneurs au monde« . « Nous connaissons désormais tout sur l’Algérie, notamment ses points faibles« , a assuré le stratège italien la veille du match.

Parmi ces faiblesses, se trouve incontestablement un mental parfois défaillant : les Fennecs ont semblé avoir peur de l’exploit contre la Belgique (1-2), jouant avec le frein à main. Face à la Corée (4-2), ils ont paniqué dès la réduction du score alors qu’ils comptaient encore deux buts d’avance. Jeudi, ils vont devoir faire abstraction de la pression. « Je dois bien préparer mon équipe, notamment sur le plan mental, qui va jouer un rôle important« , a expliqué Vahid.

« On parle toujours de la génération de 1982« , se plaint Sofiane Feghouli. « Nous on est là, on est la nouvelle génération et on veut faire mieux qu’eux« . Si les Verts veulent qu’on cesse de leur rabâcher sans cesse le passé, ils savent ce qu’ils ont à faire.