Le football est en deuil. Victime d’une violente collision avec Jesús Owono, gardien international équato-guinéen du FC Andorra, l’attaquant de Tenerife Jesús de Miguel est décédé mardi à seulement 30 ans. Un drame qui bouleverse le monde du ballon rond, mais aussi le portier de 25 ans, particulièrement affecté par les conséquences de son intervention.
Selon la Cadena COPE, Owono, “très affecté“, envisageait de présenter ses excuses en privé à la famille du joueur avant toute déclaration publique. Depuis, il fait également l’objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, dont certaines à caractère raciste. Si les circonstances de ce choc survenu en plein match sont bien différentes de celles d’un accident de la route, d’autres footballeurs africains ont déjà été confrontés à des drames mortels, parfois avec de lourdes conséquences judiciaires. Retour sur trois affaires marquantes.
Amine Harit (Maroc), un accident mortel après le Mondial 2018
À l’été 2018, Amine Harit sort d’une saison exceptionnelle avec Schalke 04, où il vient d’être élu meilleur jeune joueur de Bundesliga. L’international marocain rentre également de Russie, où il a disputé sa première Coupe du monde.
Mais ses vacances au Maroc tournent au drame dans la nuit du 29 au 30 juin. Alors qu’il circule en voiture à Marrakech, accompagné de son jeune frère, Harit renverse mortellement un piéton de 28 ans.
Poursuivi pour homicide involontaire, le milieu offensif est condamné quelques semaines plus tard à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 8 600 dirhams, soit environ 780 euros. Selon les éléments rapportés à l’époque, le joueur roulait à une vitesse inadaptée, tandis que la victime traversait en dehors d’un passage piéton.
Harit a ensuite pu reprendre sa carrière professionnelle, notamment à Schalke puis à l’Olympique de Marseille. Mais cet accident constitue certainement l’un des épisodes les plus traumatisants de sa vie. “C’était le début d’une période très compliquée. J’ai beaucoup pensé à cette personne. (…) Je me suis senti un petit peu mieux une fois que j’ai parlé à la maman, à la famille, c’est ça qui me pesait le plus. Ils m’ont dit qu’ils ne m’en voulaient pas, je leur suis vraiment reconnaissant“, raconta-t-il plus tard.
Kader Keita (Côte d’Ivoire), un délit de fuite aux conséquences tragiques
Plus récemment, en mars 2026, le milieu de terrain ivoirien Kader Keita s’est retrouvé au cœur d’une affaire particulièrement grave en Roumanie. Alors au Rapid Bucarest, le joueur a percuté une femme de 67 ans qui traversait sur un passage piéton, dans la capitale roumaine.
Le footballeur a ensuite quitté les lieux sans attendre l’arrivée des secours, avant de se présenter à l’entraînement. Identifié grâce aux caméras de surveillance, il a été interpellé par les autorités.
Hospitalisée dans un état critique, la victime est malheureusement décédée le 7 avril, après plus d’un mois de soins. Cette issue tragique a entraîné une aggravation des poursuites : l’affaire a été requalifiée en homicide involontaire, en plus des accusations liées au départ du lieu de l’accident. Entretemps transféré à Al-Riyadh, Keita reste présumé innocent tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi sa culpabilité.
🚨 𝗕𝗥𝗘𝗔𝗞𝗜𝗡𝗚 ! 𝗦𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝘁𝗿𝗲̀𝘀 𝗴𝗿𝗮𝘃𝗲 𝗲𝗻 𝗥𝗼𝘂𝗺𝗮𝗻𝗶𝗲 : 𝗹𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿 𝗶𝘃𝗼𝗶𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗞𝗮𝗱𝗲𝗿 𝗞𝗲𝗶𝘁𝗮 🇨🇮 𝗮 𝗲́𝘁𝗲́ 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲́ 𝗲𝗻 𝗱𝗲́𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝘂𝗻 𝗱𝗲́𝗹𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗳𝘂𝗶𝘁𝗲. ⛓️👮🏻♂️ Selon les premiers éléments, il aurait renversé une femme de 68 ans ce mardi matin à 5h30 avant de quitter les lieux sans porter assistance à sa victime. Le joueur, qui sortait de la mosquée, serait rentré chez lui avant d’aller à son entraînement dans la matinée comme si de rien n’était. Identifié grâce à des images de vidéosurveillance, il a été interpellé 24 heures après les faits et directement placé en garde à vue. La victime a été hospitalisée en soins intensifs et serait entre la vie et la mort. Son club a communiqué et indiqué qu’il ne prendrait pas partie tant que la justice ne rendrait pas son verdict.
— Instant Foot ⚽️ (@lnstantFoot) March 4, 2026
Shaune Mogaila (Afrique du Sud), condamné après la mort d’une fillette de 9 ans
Le troisième cas concerne Shaune Mogaila, ancien joueur de Sekhukhune United, en première division sud-africaine. Le 30 octobre 2024, le footballeur provoque une violente collision routière à Tembisa, dans la province du Gauteng.
Son véhicule se déporte sur la voie opposée et percute une voiture transportant une mère et deux enfants. Gomolemo Mavimbela, une fillette de neuf ans, perd la vie, tandis que deux autres occupants sont grièvement blessés. Mogaila quitte les lieux avant de se rendre aux autorités le même jour. Après près de deux années de procédure, le joueur a finalement plaidé coupable en octobre 2026 d’homicide involontaire et de manquements à ses obligations d’assistance.
La justice sud-africaine l’a reconnu coupable. Le prononcé de sa peine est attendu le 17 novembre prochain. Trois affaires qui rappellent à quel point un drame mortel peut bouleverser des vies, bien au-delà de la carrière d’un footballeur.
Le cas de Jesús Owono demeure toutefois fondamentalement différent. Sa sortie, aussi brutale soit-elle, s’est produite dans le cadre d’une action de football, un type d’intervention que les gardiens sont régulièrement amenés à effectuer. Une enquête a été ouverte en Espagne pour déterminer les circonstances exactes du décès, sans qu’une responsabilité pénale du portier ait été établie.
Dans l’immédiat, la priorité reste le respect dû à la mémoire de Jesús de Miguel, à ses proches et à l’ensemble des personnes touchées par cette tragédie.
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