Idole de tout un continent, titré à de nombreuses reprises avec Chelsea, Didier Drogba semble pourtant maudit en sélection. Alors que son équipe de Côte d’Ivoire a de nouveau échoué à une encablure du titre suprème, retour sur l’étrange malédiction qui semble coller à la peau d’un des plus grands joueurs africains.


C’est l’une des images marquantes de cette finale de la CAN 2012 : soixante-cinquième minute Drogba est à terre, comme K.O. après un choc aérien, comme une signe annonciateur du futur désastre pour les Éléphants.
Pourtant cette finale, c’était un peu sa finale à lui. L’ancien marseillais fait partie de cette génération talentueuse du football ivoirien avec les Touré, Zokora, Keita. Des joueurs à qui l’on promettait le plus brillant des avenirs. Pourtant le capitaine de Chelsea est allé de déception en déception avec les Éléphants.

Une mémoire d’Eléphant

Finaliste en 2006, Drogba croyait tenir son premier trophée international contre l’Égypte, mais les Éléphants échouent à la loterie des tirs aux buts (0-0 4-2 tab). Qualifié surprise à la Coupe du monde la même année, les Ivoiriens ne sortent pas de la poule dite « de la mort ». Deux ans plus tard, le puissant attaquant voit son rêve de trophée s’envoler contre l’Égypte en demi-finale (4-1). D’autres désillusions suivront contre l’Algérie en quart de finale de la CAN 2010 (3-2) puis pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud, dévancé par le Brésil et le Portugal.
Il était donc plus que temps pour le leader des Éléphants et ses coéquipiers de garnir leur palmarès. L’horizon 2014 avec le mondial brésilien s’avérant plus qu’incertain, cette CAN 2012 se présentait comme l’occasion idéal pour le trentenaire, qui abordait la compétition avec d’autant plus de hargne et d’envie. Il endossait alors son habituel costume de sauveur, contre le Soudan (1-0), où il débloquait une rencontre fermée. Puis contre le pays hôte, la Guinée équatoriale, dans un quart de finale laborieux (3-0).

Un roi sans couronne

Lorsque monsieur Badara Diatta siffla un penalty peu évident sur Gervinho, à la 71e on se dit que c’était l’aboutissement logique de toute une carrière. Qui d’autre que le capitaine de la sélection, icône dans toute l’Afrique pouvait se charger d’exécuter la sentence et envoyer la Côte d’Ivoire au firmament ? Mais il faut croire que la malédiction qui suivait le natif d’Abidjan l’a poursuivi jusqu’à Libreville, et il envoyait le ballon dans les tribunes. Certes, il ne tremblait pas, soixante minutes plus tard, à l’heure de transformer son tir aux buts, mais le mal était fait. Comme Platini en son temps, Didier Drogba ratait l’occasion de rentrer dans l’Histoire.
En proie à une immense déception, l’attaquant des Blues quittait rapidement la cérémonie de remise du trophée, abattu, sans répondre à la presse. Et alors que se dessine bientôt la CAN 2013, nul doute que Didier Drogba va sortir très marqué de l’évènement. A 33 ans, alors qu’il a abandonné ses ambitions sportives en club pour assurer son train de vie, avec un contrat en lucratif qui l’attend en Chine, le ballon d’or africain 2009 a peut être également fait une croix définitive sur ses ambitions en sélection ce dimanche soir de février 2012.