Quatre ans après la demi-finale du Mondial 2022, le Maroc retrouve la France en Coupe du monde. Cette fois, ce sera en quart de finale, mais l’affiche garde forcément un parfum de revanche. À l’époque, les Bleus avaient brisé le rêve des Lions de l’Atlas (2-0). Aujourd’hui, le Maroc revient avec un autre sélectionneur, un autre style, mais la même ambition : regarder les plus grands droit dans les yeux.
La question est simple : Mohamed Ouahbi doit-il adapter son Maroc à la France, ou rester fidèle à ses idées ?
La tentation d’un Maroc plus prudent
Sur le papier, difficile de trouver plus intimidant que l’attaque française. Entre Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Michael Olise, Bradley Barcola ou encore Désiré Doué, les Bleus possèdent une profondeur offensive qui fait peur à tout le monde. La France est probablement l’équipe la plus forte du tournoi sur le plan individuel.
Face à une telle armada, la tentation pourrait être grande de reculer, de densifier, de fermer les espaces et de laisser le ballon aux Français.
Mais ce serait presque contre-nature pour le Maroc version Ouahbi.
Mourir avec ses idées ?
Depuis le début du Mondial, les Lions de l’Atlas évoluent dans un 4-2-3-1 offensif, avec Ismaël Saibari utilisé en fausse pointe, beaucoup de permutations, une volonté de construire proprement et de multiplier les associations courtes.
Là où le Maroc de Walid Regragui était plus direct, plus vertical et parfois plus pragmatique, celui de Mohamed Ouahbi veut davantage imposer son jeu. Même contre les grandes nations, à l’image du premier match du Mondial, qui avait vu le Maroc imposer un pressing tout-terrain au Brésil pendant une demi-heure.
Il serait donc étonnant de voir le sélectionneur marocain tout bouleverser pour un seul match. Le Maroc répète depuis des mois qu’il respecte tout le monde, mais qu’il ne craint personne. Cette phrase n’est pas qu’un slogan : elle se voit dans son football.
Le précédent de 2022
Même en 2022, face à la France, le Maroc n’avait pas vraiment joué comme une petite équipe. Malgré la défaite, les Lions avaient terminé avec près de 60 % de possession et avaient tenté de faire reculer les Bleus.
Quatre ans plus tard, avec une équipe encore plus à l’aise dans la construction, il serait surprenant de voir le Maroc renier cette identité.
Bien sûr, les Lions devront probablement accepter davantage de transitions, défendre plus longtemps par moments et exploiter les espaces laissés par les latéraux français. Mais cela ne signifie pas garer le bus.
🔥 🇫🇷 🇲🇦 Younès Belhanda avant France-Maroc : "Si le Maroc perd autant de ballons face à la France, il peut le payer cash. La France va les mettre en danger, mais le Maroc aussi. Ça va se rentrer dedans." pic.twitter.com/sDzn02uFwV
— RMC Sport (@RMCsport) July 5, 2026
Le Maroc a de quoi troubler les Bleus
C’est là que se situe le vrai dilemme.
Jouer trop haut contre la France, c’est s’exposer à la vitesse de Mbappé et Dembélé. Jouer trop bas, c’est laisser les Bleus installer leur domination et perdre ce qui fait la force du Maroc depuis le début du tournoi.
La clé sera donc dans l’équilibre : presser intelligemment, ne pas s’ouvrir bêtement, mais continuer à jouer.
Car ce Maroc-là n’est plus une surprise. C’est une équipe qui assume son niveau, sa technique et son ambition. Et si les Lions parviennent à faire tomber la France, il deviendra très difficile de les arrêter sur la route de la finale… et du trophée.
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