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Le rêve de plusieurs jeunes footballeurs en Afrique est d’intégrer un club professionnel européen. Si plusieurs d’entre eux n’ont pas la chance de rencontrer des dirigeants ou recruteurs, l’Internet reste pour eux la dernière voie. Ils sont nombreux aujourd’hui à venir dans les cybercafés prospecter par email. A la recherche d’un futur eldorado.


De notre correspondant Mamadou Mbengue

Jouer en Europe dans un bon club de football. Un rêve que de nombreux jeunes partagent en Afrique. A Abidjan, ils viennent à la plage tous les matins pour s’entraîner. Les courses de fond, la musculature des jambes et des cuisses, rien n’est laissé au hasard pour parfaire sa condition physique. L’après midi, ils vont se faire photographier avec leur équipement au grand complet : short, maillot, chaussettes et crampons. Le soir, ils se rendent au cyber le plus proche pour scanner les photos afin de les expédier par email à un club européen. Une cyber parade pour tout ceux qui n’ont pas la chance de croiser la route des recruteurs internationaux pour briguer une carrière à l’étranger.

« Au départ, j’ai sollicité les services d’un cameraman pour venir me filmer sur le terrain. Par la suite, j’ai expédié la cassette à un ami émigré à Londres pour qu’il me cherche un club. La cassette pourrait les aider à apprécier ma façon de jouer au football », explique Oumar, un jeune footballeur du quartier Biafra à Abidjan. Selon le jeune Dioula, si cette expérience se concrétise, il pourra vite gravir les échelons et porter un jour le maillot de l’équipe nationale. Le rêve de tout footballeur. « Mais comme ça fait déjà un an que je n’ai pas eu de nouvelles, je vais, cette fois, tenter ma chance sur Internet », nous dit-il.

Pratique et économique

Pour Oumar, l’Internet reste le moyen le plus rapide de toucher les clubs depuis l’Afrique. « Le Net a aussi l’avantage d’être moins cher. On peut écrire à autant de clubs que l’on veut – en France, en Belgique, en Angleterre – et avoir des réponses dans les mêmes délais que lorsqu’on envoie des cassettes vidéo par la poste. J’ai envoyé des mails au PSG (Paris Saint-Germain, ndlr) et au Racing club de Lens. Même si les résultats n’ont pas été concluants, je continuerai toujours à écrire jusqu’à ce que je trouve un club », confie-t-il.

«Aujourd’hui, avec les milliards qui viennent du football, nul ne peut empêcher son fils de jouer au football », nous explique sa tante dans la conversation. Pour elle, la musique et le sport sont deux disciplines qui peuvent aider une famille à régler ses nombreux problèmes quotidiens. Alors tout le monde prie pour voir son enfant évoluer dans un de ces deux créneaux.

Une formule qui marche

Il est 21 heures, au cybercafé de la rue 12. Au fond de la salle est assis Yaro Yaya, un jeune de 17 ans, surnommé Zidane pour la qualité de ses dribles. « Je passe chaque jour dans les cybers pour envoyer des mails aux différents clubs de football. Mon ami Ange, ou petit Ange du foot, vient de trouver un club en Allemagne par le biais d’Internet. Il a écrit à un centre de formation et les dirigeants lui ont suggéré d’envoyer des photos pour apprécier sa stature. Ils lui avaient aussi demandé d’expédier une cassette vidéo contenant ses matchs de foot. Trois mois plus tard, il a reçu une confirmation par mail lui demandant également de faire ses papiers pour le visa. Depuis qu’il est parti, nous espérons tous suivre ses pas. Le dernier club à qui j’ai écrit est le centre de formation de Nancy en France. On m’a envoyé une réponse négative deux jours plus tard par courrier électronique. Ils m’ont expliqué que le quota de joueurs étrangers était atteint. Mais ils m’ont dit que je pouvais toujours retenter la saison prochaine », poursuit-il.

Pour Diakite, l’Internet reste le moyen le plus rapide de toucher les centres de formation. « On peut toujours scanner des photos et louer ses talents de footballeur, mais il sera toujours difficile de convaincre les recruteurs sans preuves visibles de ses qualités. J’ai contacté un club tunisien. Les responsables me demandent une cassette vidéo que j’espère leur faire parvenir dans les plus brefs délais. » Selon lui, le problème est clair et net. Avec un cliché et un courrier, on ne peut pas distinguer un bon et mauvais joueur. Le Web est donc loin d’être la panacée mais il offre un premier contact facile qui peut s’avérer capital pour la poursuite du rêve ou de l’aventure.

 Pour tout contact avec les joueurs cités dans l’article (en photo ci-dessous)
(00 225) 21-24-36-34, (00 225) 07-02-04-87