“J’avais le poster dans la chambre”, Gianni Infantino fan de l’Algérie 1982

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En déplacement officiel en Algérie, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a tenu des propos marquants sur son attachement à la sélection algérienne.

Présent à Tlemcen, dans le nord-ouest de l’Algérie, pour inaugurer un centre technique régional, le patron de la FIFA a d’abord salué les efforts du pays en matière de formation et de structuration du football. « Ce centre technique régional est un pas, pas seulement important, mais un pas crucial dans cette direction que l’Algérie a décidé d’entreprendre. La direction de croire en ces jeunes est de projeter le football, pas seulement au sommet régional ou africain, mais dans les plus hautes sphères du sommet mondial. »

En effet, l’Algérie mène ces deux dernières années une grande politique de développement de ses infrastructures sportives, qui ont, entre autres, vu sortir le Stade Hocine Aït Ahmed de Tizi-Ouzou (2024), le Stade Ali la pointe d’Alger (2024) certifiés par la CAF tandis que sept autres sont actuellement en construction à travers le pays.

Un souvenir marquant de 1982

Mais c’est surtout en évoquant la Coupe du monde 1982 que le patron de la FIFA s’est livré de manière plus personnelle. À l’époque âgé de 12 ans, il explique avoir été profondément marqué par le parcours des Verts.

« Moi je suis devenu un fan du football algérien en 1982 à la Coupe du monde. J’avais 12 ans à cette époque-là, j’adorais déjà le football, mais c’est cette Coupe du monde qui a vraiment eu un impact spécial. L’Italie, mon pays, a gagné cette Coupe du monde, mais avant cela, dans la phase de groupes, l’équipe qui a surpris le monde et qui est rentrée dans nos cœurs, c’était l’équipe d’Algérie. Moi j’avais dans ma chambre, à la maison, le poster de l’Algérie et le poster de l’Italie collés contre le mur », révèle-t-il.

Infantino est également revenu sur la victoire historique face à l’Allemagne de l’Ouest, remporté à la stupeur générale par les Algériens (2-1) malgré le mépris ostensiblement affiché par les Allemands avant la rencontre à l’égard des Fennecs.

« C’est l’Algérie qu’on ne connaissait pas, qui venait de nulle part avec les Belloumi, les Madjer, tous ces grands joueurs qui ont fait ce match incroyable contre l’Allemagne. (…) Les Allemands ne savaient plus où se tourner. L’Algérie avait joué un football incroyable dans ce match. »

Le souvenir du “match de la honte”

Le président de la FIFA n’a pas éludé la fin controversée du parcours algérien lors de ce Mondial :

« Après, peut-être un peu de manque d’expérience dans le deuxième match, et puis on sait tous ce qui s’est passé dans le troisième match. Mais l’Algérie (…) s’est ouverte une place dans le cœur de tous ceux qui aiment le football dans le monde. »

Une référence claire au tristement célèbre “Match de la honte” de Gijón, entre la RFA et l’Autriche, qui s’étaient arrangées pour « lever le pied » et réaliser un match nul qui scellait l’élimination des Fennecs. L’Autriche que l’Algérie retrouvera d’ailleurs le 28 juin prochain au Mondial, 42 ans après.

Ce scandale avait poussé la FIFA à modifier son règlement, en imposant depuis la simultanéité des derniers matchs de groupes.

Hommage sincère… ou discours populiste ?

Si ces déclarations peuvent flatter en Algérie, elles s’inscrivent aussi dans un contexte diplomatique et institutionnel. Comme souvent avec la FIFA, ce type de prise de parole n’est jamais totalement neutre. Entre hommage à une génération mythique et discours populiste propre à chaque déplacement officiel d’Infantino, la frontière reste mince…

“J’avais le poster dans la chambre”, Gianni Infantino fan de l’Algérie 1982

Louis Mukoma Fargues