Auteur d’une saison pleine en Belgique, malgré son passage de Zulte Waregem à La Gantoise, Habib Habibou fait partie des meilleurs buteurs de Jupiler League. Avec ses 18 buts en 31 matches, l’attaquant veut finir l’année en beauté, même s’il estime avoir été l’un des grands oubliés pour le Soulier d’Ebène. Première partie de son entretien avec Afrik-Foot.


Tu as débuté la saison avec Zulte Waregem, avant un transfert cet hiver à La Gantoise, alors que tout se passait pourtant bien. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je suis parti de Waregem parce que mon transfert a rapporté de l’argent au club. Ils en avaient besoin. C’était pour le bien du club et puis pour moi ça a été l’occasion de prendre un nouveau départ. Après, c’est vrai que j’avais de bonnes statistiques. J’en étais déjà à 10 buts en 13 matches…

D’autant plus qu’à ton arrivée à La Gantoise tu as eu une période délicate pendant laquelle tu as perdu ton efficacité…

C’était un peu difficile au début. On était cinq ou six nouveaux joueurs à être arrivés en même temps. Ce n’était pas simple, il fallait d’abord un temps d’adaptation pour qu’on puisse trouver nos marques et jouer ensemble. Petit à petit j’ai pris mes marques et les deux derniers mois ont été magnifiques pour moi ! J’ai enchaîné les bonnes performances et je suis à six buts sur les trois derniers matches. Donc j’ai dépassé mon premier objectif qui était de marquer au moins 14 buts en championnat cette saison. La fin du championnat est proche, je peux espérer finir meilleur buteur.

Meilleur buteur, c’est ton nouvel objectif ou c’est plus un bonus pour couronner la saison ?

Disons que ça l’est devenu. Mon objectif était d’abord d’être nominé parmi les joueurs retenus pour le Soulier d’Ebène qui récompense le meilleur joueur africain (ou d’origine africaine, ndlr) du championnat. Mais avec mon transfert à La Gantoise qui était distancé au classement ce n’était pas évident. Je pense que si j’étais resté à Waregem j’aurais pu le gagner. Mais là, comme La Gantoise est 6e et qu’on n’est pas qualifié pour les play-offs, ça a joué en ma défaveur vu que les joueurs nominés sont dans des équipes qualifiées pour les play-offs.

Play-offs que tu aurais pu jouer en restant à Waregem…

Oui, mais j’ai rejoint La Gantoise car le club a beaucoup d’ambitions et l’a montré avec son recrutement cet hiver. Ce devrait aussi être le cas cet été et on on risque d’être aussi fort que Waregem la saison prochaine.

Comment as-tu pris le fait de ne pas être nominé pour le Soulier d’Ebène ?

Ça m’a quand même mis un coup au moral car c’est un trophée qui récompense les performances individuelles. Et là, c’est plutôt le collectif (les performances des équipes, ndlr) qui a été mis en avant cette année. Ça faisait partie de mes objectifs… Du coup je me suis rabattu sur le titre de meilleur buteur. Pour l’instant je suis bien placé et c’est une course contre les autres car il y a de la concurrence.

Des attaquants comme Dieumerci Mbokani ou Romelu Lukalu, auxquels certains te comparent, ont remporté cette distinction. Sont-ils des modèles pour toi ? Penses-tu pouvoir atteindre leur niveau ?

Pas nécessairement atteindre leur niveau. Chacun atteint son niveau par rapport à son travail mais aussi au rendement de son équipe. Je pense avoir atteint un niveau satisfaisant en Belgique. J’ai quand même fait mes preuves et cette saison encore plus. Mais pour les atteindre je dois encore travailler pour franchir un palier. Ce sont de grands attaquants. Après, c’est vrai que si j’avais pu finir Soulier d’Ebène comme eux ça aurait été une fierté, rien que pour les origines africaines…

 Son dernier triplé contre Waasland-Beveren


Le triplé de Habib Habibou (La Gantoise) à… par afrikfoot

Si tu t’es affirmé en Belgique, tu as d’abord été formé en France à Clairefontaine, puis au Paris Saint-Germain. Pourquoi avoir fait le choix de quitter la France ?

C’était pour devenir professionnel le plus vite possible. A l’époque au PSG, où j’ai été formé, ce n’était pas évident. Ils avaient l’habitude d’acheter des joueurs, des grands noms, et pas forcément de s’appuyer sur le centre de formation. A ce moment-là je n’étais pas loin de mes 18 ans et j’avais envie de franchir un palier. Après l’INF Clairefontaine et le PSG ensuite, j’avais vraiment envie de franchir un cap et pour ça il fallait que je parte du PSG. Maintenant ça m’a servi car je me suis vite adapté en Belgique.

Tu trouves qu’en France les jeunes joueurs ne sont pas lancés dans le grain bain assez tôt ?

Disons que les choses commencent à changer quand même, mais avant, oui. C’était le sentiment qu’on avait. Jusqu’à 2007-2008 encore c’était difficile pour un jeune d’avoir sa chance. Mais maintenant ça a changé. On voit des jeunes passer pro plus tôt et c’est aussi une bonne chose.

Quand tu vois la dimension prise par le PSG, ton club formateur, qu’est-ce que cela te fait ?

Ça fait plaisir à voir car c’est le club au sein duquel j’ai été formé donc il y a un attachement particulier. On est supporter. Quand tu vois les joueurs de classe mondiale qui y sont maintenant c’est agréable de pouvoir se dire que ce club fait partie désormais des grands clubs européens. On est tous séduit par ce Paris Saint-Germain là !

Maintenant que tu es parti de France, si tu avais une opportunité pour revenir en Ligue 1 est-ce que tu sauterais dessus ?

Non, je ne pense pas. Je préférerais rester un peu en Belgique pour ensuite pourquoi pas partir en Allemagne ou en Angleterre. Pour le moment je fais une grosse saison. On verra bien si j’ai des opportunités en fin de saison. Si j’ai des propositions je vais y réfléchir. Mais revenir en France, je ne suis pas trop intéressé par cette idée.