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Au début du mois de janvier, Boris Kiesse-Mankangu va entamer une nouvelle aventure de l’autre côté de l’Atlantique. A 23 ans, ce jeune joueur de football est parvenu à décrocher une bourse de sport-étude et va intégrer une université dans l’Illinois. Le premier pas pour lui vers la poursuite de son rêve : devenir un jour professionnel. Portrait.


Du club de Maisons-Alfort à Saint-Louis. A la base de ce périple outre-Atlantique, un y a un projet, un rêve : celui de caresser une carrière professionnelle de footballeur. Pour le reste, tout aura été question de détermination et d’abnégation pour Boris, jeune Parisien de 23 ans qui s’apprête à tenter une expérience aux Etats-Unis après qu’un entraîneur ait été séduit par une de ses vidéos.

Après avoir envoyé mails et courriers depuis mars 2013, il a fini par obtenir -enfin- LA réponse favorable tant attendue. Celle qui va lui permettre de rejoindre la McKendree University de Lebanon (dans le sud de l’Illinois, à côté de Saint-Louis), pour disputer le championnat universitaire américain et de suivre des cours en même temps. L’aventure aurait pu commencer depuis août, mais c’est finalement en janvier 2014 qu’elle va débuter.

« On a du traduire mes diplômes et toutes mes notes« 

La faute à un véritable parcours du combattant administratif auquel il faut faire face avec toutes les formalités pour organiser son départ pour les Etats-Unis (visa, assurance, etc). Mais aussi et surtout devoir faire traduire tous ses diplômes et ses notes par la World Education Services (WES), afin de valider son inscription à l’université. « Ça m’a pris énormément de temps pour faire tous ces dossiers« , confie Boris, « Il a fallu tout traduire, passer d’un organisme à un autre. C’est pour cela que lorsque le coach m’a dit qu’il me voulait pour la rentrée d’août, je lui ai expliqué qu’il me fallait du temps et que c’était mieux que je m’organise pour être prêt pour la 2e rentrée, celle de janvier. »

Un entraîneur qui a été compréhensif et n’a pas hésité à faire jouer les rouages du système universitaire américain pour soulager son futur joueur dans ses démarches. « Par rapport à l’acceptation de mon dossier, j’ai reçu une bourse. Ce qui m’a beaucoup soulagé« , explique l’ailier de poche, avant de poursuivre : « Maintenant tout est réglé et je me prépare pour mon départ. » L’excitation se fait sentir.

Emprunter un chemin atypique comme d’illustres prédécesseurs

Et dès son arrivée, c’est un tout autre rythme de vie qui l’attend, avec des cours le matin (8h-11h30) et l’entraînement l’après-midi du lundi au jeudi (12h-14h), le tout avec deux matches par semaine. Une bonne mise en bouche pour découvrir le championnat universitaire américain. Le reste, c’est du temps libre comme en sport-étude, avec l’étudiant qui doit occuper ses moments creux en faisant toute autre activité, mais surtout ses devoirs. Car il ne faut pas non plus perdre de vue que la poursuite de l’aventure passe également par une réussite scolaire.

« Ils sont très regardants sur les notes. On ne peut pas juste se focaliser sur le terrain et faire abstraction des cours, sinon on va échouer et la bourse nous sera retirée« , détaille Boris, visiblement mis au parfum de la marche à suivre pour réussir. Et désormais, il a devant lui deux ans pour se forger une réputation de cauchemar des défenses de par son profil d’ailier de poche et sa vivacité… Avant, pourquoi pas, d’être drafté par une équipe de MLS, le championnat nord-américain de football, et poursuivre sa carrière. Un parcours atypique à l’instar de Franck Ribéry ou Adil Rami, pour un joueur qui n’est pas passé par un centre de formation et s’est contenté de passer de clubs en clubs dans la banlieue parisienne.

« Si j’en ai l’occasion, revêtir le maillot de l’Angola« 

img_0602.jpgPour ce jeune originaire de l’Angola, le scénario idéale est déjà tout trouvé : « Il faudrait que je m’acclimate vite à l’équipe et à l’ambiance, que je fasse une bonne saison si possible, avec des notes qui suivent niveau scolaire. Ensuite, pourquoi pas intégrer la MLS ou un club en Europe. Ce doit être un tremplin vers le monde professionnel. » Mais si jamais les portes du monde professionnel refusaient de s »ouvrir à lui, Boris n’en perd pas de vue l’essentiel. « Si ça ne marche pas, j’aurais au moins un diplôme qui sera reconnu. Si je reviens en France avec un diplôme américain, ça va m’offrir plus d’opportunités« , détaille t-il, lucide.

Des portes qui pourraient mener un jour à une sélection nationale sait-on jamais. Et même pour ce cas de figure, son choix a été mûrement réfléchi : ce serait l’Angola. « Si jamais un jour, on ne sait jamais, j’ai l’occasion de revêtir le maillot d’une sélection nationale, j’aimerais que ce soit celui de l’Angola. C’est le pays de mes ancêtres et j’y suis allé pour la première fois cet été. J’ai découvert un pays, mes racines… Vraiment c’était quelque chose et si j’ai l’occasion de jouer pour les Palancas ce serait une fierté, l’occasion de renouer avec mes racines par le foot.«