Moussa Maazou est la grande fierté du peuple nigérien. L’attaquant de Monaco se prépare à une finale de Coupe de France face au PSG où il défendra les couleurs de l’ASM mais aussi celles de tout un pays. Ce buteur est aussi discret dans la vie qu’il est vif sur le terrain. Néanmoins, à quelques heures de la finale de samedi, le natif de Niamey a bien voulu s’ouvrir à Afrik-Foot.com, dans une de ses rares sorties médiatiques.



Afrik-Foot.com : Moussa, grâce à vous, le drapeau du Niger va peut-être flotter sur le Stade de France.

Moussa Maazou : Oui et j’en suis content. Très content. Mais, pour ça, il nous faut gagner. J’ai pris un drapeau du Niger dans ma valise. Si on gagne, je le sortirai. C’est une grande fierté pour moi. Je suis fier d’être Nigérien, tellement fier. Je sais que tout mon pays se passionne pour cette finale. Ma boîte e-mail est saturée, je n’arrête pas de recevoir des messages de soutien. C’est génial.

Cette finale de Coupe de France, entre Monaco et le PSG, sera d’ailleurs retransmise sur la télé nationale. Le saviez-vous ?

C’est une grande fierté. Cela me fait un peu bizarre, d’ailleurs : je n’ai que 21 ans. Mais il me faut continuer comme ça. J’ai eu un peu peur avec toute cette pression mais, comme on m’a appris à ne pas avoir peur, je vais donner le meilleur de moi-même pour que mon peuple soit fier de moi. Et que, enfin, les gens connaissent la différence entre Niger et Nigeria !

La Coupe de France est une compétition qui vous réussit bien.

C’est vrai. J’ai marqué contre Bordeaux (2-0), contre Sochaux (4-3) puis contre Lens (1-0). Mais je fais mon chemin car je suis jeune, j’ai encore beaucoup de choses à travailler : mon déplacement, mon jeu de tête, mon pied gauche… Je prends ma chance dès que je peux.

Justement, ce statut de joker vous plaît-il ?

Franchement, non. Mais ça ne plaît à aucun joueur de ne pas débuter une rencontre. Si le coach me fait rentrer, même peu de temps, je ferai tout pour marquer. Surtout que je suis bien soutenu par tout le groupe. D’ailleurs, si je marque, je le dois à l’équipe. Mes coéquipiers me font confiance et, dès que je rentre, ils me soutiennent.

Comment abordez-vous cette rencontre face à Paris ?

Comme d’habitude, c’est un match important pour nous mais c’est Paris qui est le favori. Ils sont chez eux, ils ont la pression, pas nous. Paris, malgré ses mauvais résultats actuels, reste une grande équipe. Il y a un bon effectif, une belle équipe qui, sur le papier, aurait de quoi lutter pour la Ligue des Champions.

Cette finale est-elle l’occasion de sauver la saison de Monaco ?

Oui, bien sûr. C’est important pour le club comme pour les joueurs. Cette finale de Coupe de France, c’est le moyen le plus sûr de jouer l’Europe la saison prochaine.

Et la saison prochaine, justement, vous serez Monégasque ?

Ça, je ne sais pas. Je m’y plais bien mais il faut voir. J’ai une option d’achat dans mon contrat de prêt, c’est à Monaco de voir si le club veut la lever. Et à mes agents de discuter. Moi, je me concentre sur ce match de samedi, un match très important pour nous.

Pourquoi avez-vous choisi Monaco ?

Cela fait deux ans que le club me suivait. Donc, quand j’ai eu cette proposition, je me suis dit « Pourquoi pas ? » Surtout que je suis un fan d’Adebayor. C’est un club qui a toujours eu de grands attaquants.

Vous avez déjà remporté la Coupe de Russie avec le CSKA Moscou, vous allez vous servir de cette expérience ?

Bien sûr. La Coupe de Russie est une compétition très importante. D’ailleurs, c’est grâce à notre victoire que le CSKA jouera l’Europe la saison prochaine. Vous savez, le Niger est une ancienne colonie française donc c’est important pour moi de m’imposer en Coupe de France. La gagner serait magnifique.

Un mot sur Guy Lacombe, votre entraîneur, qui a la réputation d’être un peu dur…

Je ne dirais pas « un peu ». Il est dur. Mais c’est bien, c’est même mieux. Ça se passe bien entre nous et, d’ailleurs, je préfère un entraîneur comme Guy Lacombe, qui joue les gendarmes, que quelqu’un de laxiste, qui s’en fiche un peu et ne donne pas de conseils. Avec quelqu’un comme lui, on est poussé à travailler plus, à progresser.