L’élimination en quarts de finale de la Coupe du monde 2026 contre la France (0-2) a laissé un goût amer. Plus que le résultat, c’est surtout la manière qui a surpris : un Maroc inhabituellement prudent, très peu dangereux offensivement et loin de l’identité de jeu affichée depuis le début du tournoi.
Faut-il pour autant remettre en cause Mohamed Ouahbi ? Probablement pas. Arrivé après Walid Regragui, le technicien sous contrat avec la FRMF jusqu’en 2030, héritait d’une mission délicate : succéder à l’homme qui avait offert au Maroc la plus grande épopée de l’histoire du football africain en 2022. Quelques mois plus tard, les Lions de l’Atlas ont de nouveau atteint les quarts de finale d’une Coupe du monde. La preuve que la dynamique n’a pas été cassée. Voici 3 bonnes raisons pour la FRMF de le maintenir en poste.
Ouahbi a changé le visage du Maroc… sans faire baisser les résultats
Succéder à Walid Regragui n’est pas une mission aisée.
L’ancien sélectionneur avait conduit le Maroc jusqu’en demi-finales du Mondial 2022 et posé les bases d’une équipe parmi les meilleures au monde. Beaucoup craignaient qu’un changement d’entraîneur casse cette dynamique. C’est finalement l’inverse qui s’est produit.
Mohamed Ouahbi a conservé le niveau de performance tout en apportant sa propre identité. Là où Regragui privilégiait un football plus direct et vertical, Ouahbi a installé un jeu davantage basé sur la possession, les permutations et les circuits de passes. Les Lions de l’Atlas sont restés compétitifs tout en proposant un football ambitieux.
Oui, le quart de finale contre la France constitue un bémol. Le Maroc a sans doute trop respecté son adversaire et s’est éloigné de ses principes habituels. Mais un match ne doit pas effacer tout le travail réalisé depuis sa prise de fonction. Et surtout, n’oublions pas la supériorité manifeste des Bleus, portés par une génération d’élite.
Ses choix forts ont fait grandir cette sélection
Mohamed Ouahbi n’a jamais hésité à prendre des décisions courageuses.
La plus marquante reste sans doute le changement de système avec Ismaël Saïbari utilisé en faux numéro 9, quitte à reléguer Ayoub El Kaabi sur le banc alors que ce dernier sortait d’une CAN prolifique et compte 23 buts au compteur en sélection. Un pari audacieux, cruel pour le buteur de 33 ans mais qui a largement contribué à rendre le jeu marocain plus imprévisible.
Le sélectionneur a également réussi à instaurer Issa Diop comme véritable patron défensif. Initialement perçu comme un pur opportuniste suite à ses déclarations passées, le défenseur de Fulham a apporté une solidité qui manquait parfois à la sélection.
Enfin, impossible de ne pas évoquer le cas Ayyoub Bouaddi. Convaincu par le projet de Ouahbi, le prodige de Lille a rapidement été installé comme titulaire et s’est imposé comme l’une des grandes révélations du Mondial à seulement 18 ans.
Autant de décisions qui montrent qu’Ouahbi construit une équipe sur le long terme plutôt qu’un simple assemblage de talents.
Ouahbi a appris une leçon qui peut lui servir pour la suite
Paradoxalement, le quart de finale perdu contre la France pourrait aussi constituer un tournant positif.
Avant la rencontre, Mohamed Ouahbi avait multiplié les déclarations ambitieuses, allant jusqu’à expliquer que le Canada l’inquiétait davantage que les Bleus. Son équipe avait également affirmé ne craindre personne.
Sur le terrain, le sélectionneur a pourtant semblé renier ses convictions. Craignant la vitesse de Mbappé, Dembélé, Doué et Olise, il a demandé à son équipe d’évoluer beaucoup plus bas que d’habitude. Résultat : un seul tir cadré, très peu de situations offensives et un Maroc qui n’a jamais réellement imposé son jeu.
Cette élimination ressemble davantage à une erreur d’approche qu’à une limite de son projet.
À seulement quelques mois de son arrivée, Ouahbi a sans doute reçu une piqûre de rappel sur l’écart qui existe encore entre le Maroc et les toutes meilleures nations du monde. Une expérience précieuse qui pourrait faire de lui un meilleur sélectionneur lors des prochaines échéances.
Le plus difficile n’est pas toujours d’atteindre les sommets. C’est d’y rester. En conduisant une deuxième fois consécutive le Maroc jusqu’en quarts de finale d’une Coupe du monde, Mohamed Ouahbi a démontré qu’il avait les épaules pour prolonger l’héritage de Walid Regragui. Le revers contre la France doit nourrir sa réflexion, pas remettre en cause un projet qui, jusqu’ici, a largement porté ses fruits.
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