La Coupe du monde 2026 a mis en avant un constat douloureux pour la sélection du Maroc. D’un côté, une progression confirmée et une place dans le Top 8 mondial validée, d’un autre côté, un écart conséquent avec le Top 4 du classement FIFA. Les Lions de l’Atlas peuvent-ils combler ce fossé en quatre ans pour viser un sacre à domicile en 2030 ?
La Coupe du monde 2026, aidée par les combinaisons du tableau final, a suivi une logique implacable : les 4 nations les mieux placées au classement FIFA ont atteint les demi-finales. De son côté, après avoir tenu la dragée haute au Brésil en phase de groupes (1-1) puis renvoyé les Pays-Bas à la maison en 16es de finale (1-1, 3-2 tab), le Maroc, 6e nation mondiale, a été éjecté au terme d’un non-match face à la France en quarts de finale (0-2).
Cette élimination brutale n’a pas empêché les Lions de l’Atlas de multiplier les déclarations ambitieuses avec la Coupe du monde 2030 à domicile en ligne de mire. “Les grandes nations ne se définissent pas par une défaite mais par tout ce qu’elles construisent. Le Maroc continue d’écrire son histoire. Et le meilleur reste à venir“, a ainsi promis Achraf Hakimi mercredi sur ses réseaux sociaux.
Great nations are not defined by a defeat, but by everything they build.
— Achraf Hakimi (@AchrafHakimi) July 15, 2026
Morocco continues to write its history. And the best is yet to come 🇲🇦
الله، الوطن، الملك pic.twitter.com/vB4PYiRS3u
La France de 2014 comme modèle pour le Maroc en vue du Mondial 2030
Présent la veille en conférence de presse, son sélectionneur Mohamed Ouahbi avait résumé la problématique :
“Cette fin de parcours nous sert à nous poser les bonnes questions, parce qu’on est ambitieux. Je ne me demande pas comment on aurait pu faire pour battre la France, je ne sais pas quelle équipe aurait pu. Non, ma question, c’est de se demander comment on aurait pu faire pour les embêter plus, et comment on pourrait le faire dans quatre ans.”
Pour appuyer son propos et l’idée de progression nécessaire, Ouahbi a justement pris l’exemple de son bourreau : “En 2014, la France se fait éliminer par l’Allemagne parce que l’adversaire est trop fort et tout le monde accepte ça. Ils ont continué à travailler et on a vu le résultat.”
L’exemple choisi par le technicien a très vite mal vieilli puisque les Bleus ont été éliminés du Mondial quelques heures plus tard par l’Espagne en demi-finales (0-2), prouvant qu’ils n’étaient finalement pas tant au-dessus du lot que ce que tous les observateurs pensaient, mais le parallèle est là. Pour espérer atteindre les sommets en 2030, Ouahbi a mis 4 éléments en avant.
Laisser cette jeune équipe du Maroc mûrir
Le Maroc s’est présenté avec ambition dans cette Coupe du monde 2026 et a réussi à confirmer sa place dans le Top 8 mondial, mais l’objectif sous-jacent de ce Mondial était aussi de préparer une génération destinée à atteindre les sommets en 2030, comme Ouahbi l’a sous-entendu :
“On en parle peu mais on avait l’équipe la plus jeune à partir des 8es de finale. Il faut accepter que les joueurs sont très jeunes, certains n’étaient pas prêts à disputer ce genre de matchs, on espère qu’ils le seront dans 4 ans. Des joueurs que vous ne pensez pas encore prêts, ils seront prêts un jour mais seulement si on les fait jouer maintenant, sinon ils ne le seront jamais.“
Sans parler de la jeune pépite Ayyoub Bouaddi (18 ans), les Saibari (25 ans), Brahim Diaz (26 ans), El Aynaoui (25 ans) et Chadi Riad (23 ans) disputaient leur premier Mondial et devraient être à leur prime dans quatre ans. Les Chemsdine Talbi (21 ans) et la génération championne du monde U20 des Gessime Yassine et Othmane Maamma auront également gagné en expérience, tout comme El Khannouss (22 ans).
Des joueurs qui doivent grandir aussi en club
Autre axe intéressant mis en avant par Ouahbi : pour continuer à faire progresser la sélection, les joueurs doivent aussi changer de dimension en club. “On ne peut pas comparer les joueurs du Maroc avec ceux de la France. Nos joueurs sont capables de se transcender en sélection mais il faut aussi qu’ils le fassent en club, c’est ce qui nous fera grandir. On doit avoir des joueurs plus importants dans leur club“, a plaidé le sélectionneur marocain.
En d’autres termes, le Ballon d’Or Africain Achraf Hakimi ne doit plus être la seule superstar du Maroc : un Brahim Diaz, qui n’a qu’un statut de joueur de rotation au Real Madrid, doit s’imposer comme titulaire indiscutable chez les Merengue ou viser un transfert dans un club où il obtiendra ce statut, un Saibari va devoir faire son trou au Bayern Munich, tout comme Bouaddi, possiblement à Manchester City.
“On n’a pas un 2e Hakimi, un 2e Mazraoui… Il y a de la différence entre les joueurs mais c’est comme ça pour beaucoup d’équipes“, a aussi mis en avant Ouahbi, qui espère disposer de davantage de profondeur de banc en suivant cette logique de montée en gamme en club.
🚨 Ayoub Bouaddi a donné son accord pour rejoindre Manchester City.
— SOCCER212 (@SCCR_212) July 15, 2026
Le club anglais s’apprête à faire une offre au LOSC dans les jours à venir. pic.twitter.com/ZOMxusoN7O
Affronter plus régulièrement les cadors mondiaux
Pour progresser et mieux gérer les matchs à pression, le Maroc entend aussi continuer à affronter les meilleures nations au monde en match amical. “Pour septembre, j’ai demandé à disputer un match de prestige, je veux qu’on nous challenge“, a ainsi plaidé Ouahbi.
Les adversaires européens ont peu de créneaux disponibles en raison de la Ligue des nations, et il en va de même pour les Sud-Américains avec leurs longues qualifications pour la Coupe du monde, mais le Maroc devra exploiter la moindre fenêtre disponible, comme en septembre.
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Améliorer la condition physique et limiter les blessures
Malgré la perte de Nayef Aguerd et Ez Abde sur blessure avant le Mondial, puis de Chadi Riad et Ismael Saibari durant le tournoi, Ouahbi a refusé de se cacher derrière l’excuse des blessures, tout en admettant qu’une réflexion doit être lancée au sujet de la condition physique des joueurs pendant ces tournois.
“On doit se mettre à table, réfléchir à tête reposée pour être encore plus performant lors lors de notre 6e match de Coupe du monde, et c’était pareil en 2022, c’est aussi au 6e match qu’on a eu un coup de mou. Donc il faut y réfléchir, sans paniquer“, a préconisé le champion du monde U20. Cette problématique est aussi liée à celle de la profondeur de banc, l’objectif étant d’avoir moins d’écart de niveau entre les titulaires et leurs remplaçants.
Charge au Maroc de progresser sur ces différents chantiers pour espérer se retrouver en finale de la Coupe du monde 2030, un match qu’il rêve d’organiser dans le Stade Hassan II, la future plus grande enceinte du monde.
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